Changement climatique

Quinze jours après le passage d’Haiyan, les Philippines peinent à se relever

Changement climatique en Afrique

Céline Tabou / 22 novembre 2013

D’après les responsables de la gestion des catastrophes, le bilan s’élève à 4.011 morts, 1.062 disparus et plus de 18.000 blessés. De son côté, l’organisation d’aide d’urgence de l’ONU estime que près de 2,5 millions de personnes ont besoin d’assistance alimentaire. Plus de 1 million de logements ont aussi été endommagés ou détruits, d’après l’ONU.

Selon les prévisions de la FAO, les pertes de récoltes s’élèvent à 80 millions d’euros. Près de 154.000 hectares de riz, de maïs, mais aussi de mangues, noix de coco et autres cultures à valeur ajoutée ont été affectés par le typhon Haiyan. La FAO a indiqué que les importations de riz devraient augmenter de 20% l’an prochain pour atteindre 1,2 million de tonnes. Les autorités philippines ont déjà annoncé qu’elles importeraient 500.000 tonnes de riz des pays voisins d’ici la fin de l’année, afin de reconstituer leurs stocks.

Reconstruction et solidarité

Le 8 novembre, Haiyan a dévasté des îles du centre des Philippines avec des vents soufflant à plus de 300 km/h et des vagues de 5 à 7 mètres qui ont pénétré loin à l’intérieur des terres.

A Baybay, le typhon a détruit 1.500 habitations, mais aussi les bateaux et les filets.

L’urgence passée et les premières aides apportées, les habitants du Nord de l’île de Cebu, qui a été littéralement dévasté, veulent s’abriter du soleil et de la pluie. Les bâches arrivées parcimonieusement ne suffisent pas. De plus, les habitants des zones reculées, dans les localités plus éloignées des deux routes principales de l’île, n’ont sans doute pas vu l’aide arriver.

Pour répondre aux besoins de ces zones éloignées, les autorités philippines ont annoncé qu’elles allaient assigner à des zones spécifiques les aides internationales reçues, en fonction de leur pays d’origine. « Nous comptons demander à la Royal Navy britannique de se concentrer sur la région des Visayas occidentales pour y distribuer de la nourriture, de l’eau et des denrées aux plus petites îles », a expliqué aux médias le général Roy Deverturda, commandant militaire des Visayas. « Les Américains se trouvent déjà à Samar et Leyte, tandis que des médecins et des équipes de secours israéliennes sont vers la pointe nord de Cebu », a-t-il précisé. En attendant une arrivée plus importante d’aides, « tout est organisé, chacun à sa tâche assignée » , a expliqué Stéphane Drouillard, responsable de l’ONG Eau et Vie à Cebu.

Tacloban, durement touché, revit

Tacloban est la ville des Philippines qui a été le plus durement touchée par le passage du typhon Haiyan. Mais quinze jours plus tard, les rues autour du plus grand marché de Tacloban sont pleines de monde. Des corps sont encore extraits des décombres, mais les habitants tentent de reconstruire après que la ville ait été réduite en un amas de gravats et de décombres.

Capitale de la province de Leyte, Tacloban a été privée d’eau et de nourriture pendant plusieurs jours, entrainant des pillages, avant que les routes n’aient été dégagées et que l’aide et les approvisionnements n’aient pu commencer à atteindre les personnes en nécessité. Malgré un optimisme affiché et des difficultés surmontées, la plupart des produits sont vendus au double de leur prix normal, et après avoir été vendus le triple il y a quelques jours.

En dépit de l’ampleur des dégâts, certains analystes ont indiqué que l’impact du typhon sur l’économie du pays, qui reste l’une des plus dynamiques d’Asie, sera limité. En effet, les grandes zones d’activités industrielles ont été épargnées, a expliqué le Secours catholique. « L’aire affectée représente une proportion relativement modeste du PIB, ce qui fait que l’impact général sur le PIB devrait être mineur et gérable », a avancé le Crédit Suisse dans un rapport contestant certaines prévisions amputant le PIB de 1 point pour 2013. Mais Danilo Israel, chercheur au Philippine Institute for Developmental Studies , pointe la sous-estimation des « pertes intangibles » induites par ce genre de catastrophe, car « la perte de vies humaines, la perte de biodiversité, la destruction de sites patrimoniaux, la perte de relations sont des pertes sur lesquelles il est difficile de mettre un prix ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com