Changement climatique

Réchauffement climatique : Tout se décidera à Copenhague

Pas d’avancées politiques significatives à Bangkok

Témoignages.re / 12 octobre 2009

La dernière séance de négociations sur le changement climatique sous l’égide de l’ONU tenue à Bangkok a pris fin vendredi sans clarifier le financement et les objectifs de réductions d’émissions de gaz à effet de serre à moyen terme, les deux éléments cruciaux pour le nouvel accord qui doit être conclu lors de la conférence prévue de Copenhague.

Bien qu’une volonté ait émergé à Bangkok pour édifier l’architecture destinée à appliquer rapidement les mesures sur le changement climatique, "des différences significatives demeurent", a déclaré le secrétaire exécutif de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques) Yvo de Boer, qui a présidé les négociations ayant débuté le 28 septembre.
Cette séance de négociations n’a pas permis d’avancées politiques significatives, a déclaré Yvo Boer, ajoutant que les deux questions clés qui subsistent sont l’engagement pris par les pays développés sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à moyen terme et le financement que les pays développés devraient fournir aux pays en voie de développement pour s’adapter et atténuer le changement climatique.
« Il est temps maintenant de prendre du recul par rapport à l’intérêt personnel et de laisser prévaloir l’intérêt commun », a souligné M. Boer, lors d’une conférence de presse au dernier jour des négociations.
Pourtant, il a précisé que les parties prenantes avaient enregistré des avancées sur les questions de l’adaptation, du transfert de technologie et du renforcement de capacité. Et elles ont également conclu un accord sur les questions techniques telles que l’utilisation de forêts et de terres, la manière d’évaluer le potentiel de réchauffement global de nouveaux gaz à effet de serre et le nombre d’options pour renforcer le Mécanisme de développement propre du Protocole de Kyoto.
Les négociations, qui ont attiré plus de 4 000 délégués en provenance de 177 pays, sont parvenues à tailler de moitié le projet de texte de négociations de 200 pages pour la conférence de Copenhague, a ajouté Yvo de Boer.


Dans la dynamique du Prix Nobel ?

Pendant deux semaines, les délégués de quelque 180 pays réunis à Bangkok sous l’égide de la Convention-cadre de l’Onu sur le changement climatique ont tenté de clarifier la formulation et les options du projet de texte qui servira de base à un nouvel accord international.
Des progrès ont été enregistrés sur les moyens d’aider les nations les plus pauvres à s’adapter aux conséquences du changement climatique, sur les transferts de technologie des "énergies vertes" et sur les mécanismes de collecte et de transfert des fonds de lutte contre le réchauffement.
Copenhague, estiment des experts du dossier, ne débouchera sur un succès que si les dirigeants de la planète acceptent de prendre des décisions difficiles.
« Il est plus évident que jamais qu’un véritable progrès dans ces négociations requerra des avancées fondamentales au niveau politique », note Elliot Diringer, chercheur au Pew Centre on Global Climate Change basé à Washington.
L’attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama, vendredi, pourrait y contribuer : dans leur communiqué, les membres du comité Nobel évoquent en effet parmi les raisons de leur décision l’engagement du président américain sur le front climatique.
La cérémonie de remise du Nobel de la paix étant fixée au 10 décembre à Oslo, et Copenhague étant programmé du 7 au 18 décembre, le président américain pourrait s’arrêter dans la capitale danoise où la venue d’autres dirigeants, dont le Français Nicolas Sarkozy et le Britannique Gordon Brown, est annoncée.


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