Changement climatique

Réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays riches : entre 30 et 45% d’ici 2020 au plus tard

Propositions d’amendements au Protocole de Kyoto

Manuel Marchal / 12 décembre 2009

Les propositions d’amendements au Protocole de Kyoto présentés vendredi par le Groupe de suivi des engagements traité sur le Climat en cours jusqu’en 2012. Ce dernier verrait donc son principe prolongé jusqu’en 2020 mais les réductions proposées aux pays riches démontrent que ce que présente l’Europe est le minimum. L’Europe propose 30% d’ici 2020, le groupe de suivi considère que cette valeur est un minimum. Le Groupe de suivi va jusqu’à 45% de réduction dans le monde jusqu’en 2018. Cette fourchette haute est quasiment ce qu’a proposé Tuvalu.

La mobilisation des pays du Sud semble donner de premiers résultats. Le Groupe de suivi des engagements du Protocole de Kyoto a proposé vendredi des amendements au Traité élaboré dans la ville du Japon.

Le document provisoire réaffirme les objectifs à remplir pour les pays riches en 2012. Et il avance des propositions pour l’après 2012, fixant des perspectives pour 2020.

Le Groupe de suivi réaffirme également en substance le rôle de chef de file des pays riches dans la lutte contre le changement climatique. En effet, il souligne bien que les pays inscrits à l’annexe 1 du Protocole de Kyoto, à savoir tous les pays riches sauf les États-Unis qui a refusé de ratifier le Traité, doivent avoir à l’esprit que les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser de manière significative :

- proposition basse : - 30% en 2020 par rapport au niveau de 1990.
- proposition haute : - 45% en 2018 par rapport au niveau de 1990.

Le document prévoit également des mesures concernant la lutte contre la déforestation, sur le marché des émissions et le projet de mécanismes de développement propre.

Il est à noter que la diminution de 45% d’ici 2018 correspond à la proposition d’amendement présentée par les Tuvalu mardi en séance plénière.

L’Europe soutient une hypothèse basse

Ces propositions démontrent en tout cas que ce que les pays riches sont prêts à mettre sur la table est en deçà de la moyenne. La proposition initiale de l’Europe (-20%) est largement dépassée, tandis que sa deuxième offre (-30%) se situe tout juste au point le plus bas de la proposition du Groupe de suivi des engagements du Protocole de Kyoto.

L’autre aspect important est la participation des États-Unis. Ces derniers ne figurent pas dans le projet d’accord pour la simple raison que le gouvernement de ce pays a toujours refusé de ratifier l’accord qu’il a signé. L’entrée des États-Unis dans ce mouvement mondial à travers la mise en application du Protocole de Kyoto sera en tout cas un des enjeux de la deuxième semaine des négociations qui commence lundi.

 Manuel Marchal


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