Changement climatique

Réduction des émissions de gaz à effet de serre : l’Occident doit être aussi exemplaire que la Chine

Les revendications des représentants de l’Afrique à Durban

Témoignages.re / 8 décembre 2011

Alors que la Conférence sur le changement climatique est entrée dans sa deuxième et dernière semaine à Durban, en Afrique du Sud, le Groupe des négociateurs africains a souligné les principaux points qu’ils comptent faire avancer durant ces jours décisifs. En demandant aux Occidentaux de réduire leurs émissions de 40% d’ici 2017, les négociateurs africains estiment que les pays industrialisés doivent être aussi exemplaires que la Chine. Ce pays propose en effet une diminution comprise entre 40 et 45% par unité de PIB. Puisque la croissance de l’Occident est quasi nulle, une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre est un alignement sur la proposition de la Chine. Les pollueurs historiques sauront-ils être aussi exemplaires qu’un pays en voie de développement ?

Au cours d’un point de presse, le président du Groupe des négociateurs africains, Tosi Mpanu Mpanu, a insisté sur la nécessité de parvenir à un accord à Durban pour une seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto.
Le Groupe africain réclame que les pays développés ayant adhéré au Protocole de Kyoto acceptent une seconde période d’engagement, vu que la première période d’engagement du Protocole de Kyoto prend fin en 2012.
« Pour nous, il est très difficile de comprendre que malgré le fait que le Protocole de Kyoto comprend des dispositions pour des gens qui n’en veulent pas, ils veulent les règles du Protocole de Kyoto, mais ils ne l’aiment pas », a déclaré M. Mpanu Mpanu en faisant allusion aux pays ayant annoncé qu’ils ne participeraient pas à la seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto.
Le Canada a indiqué son intention de ne pas être partie à la seconde période d’engagement.

Baisse de 95% des émissions d’ici 40 ans

Le Groupe africain souhaite que les pays industrialisés réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 pour cent durant la seconde période d’engagement de 2013 à 2017 et d’au moins 95 pour cent d’ici 2050, comparé au niveau des années 90, comme une contribution équitable et appropriée.
Les négociateurs africains veulent également la conclusion de la mise en service des institutions s’occupant de l’adaptation, la technologie et les financements.
« Nous ne voulons pas de coquille vide. S’il y a un Fonds vert pour le climat, ce ne doit pas être un fonds vide, mais une chose à laquelle nous (les pays en développement) pourrons accéder », a soutenu M. Mpanu Mpanu en faisant référence au financement « accéléré » de l’adaptation au changement climatique pour les pays les plus pauvres à hauteur de 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012.
Dimanche, les ministres de plus de 50 pays africains se sont réunis pour renforcer leur position, exigeant une seconde période d’engagement ambitieuse dans le cadre du Protocole de Kyoto.
Les ministres ont également discuté des dernières découvertes scientifiques montrant que la sécurité alimentaire était fortement menacée en Afrique, de l’évolution des négociations et d’une stratégie pour s’assurer que les conclusions de la Conférence sur le climat de Durban soient assez élargies pour protéger les Africains des pires effets du changement climatique.

Où est la solidarité internationale ?

Les ministres s’inquiètent du manque de transparence et de la lenteur du déblocage des ressources financières promises par les pays développés au titre du financement « accéléré » pour la période 2010-2012 et des indications selon lesquelles une petite proportion de ces ressources sont « nouvelles et supplémentaires ».
Tout en notant la promesse des pays développés de mobiliser conjointement 100 milliards de dollars américains par an d’ici 2020, ils ont réaffirmé la position africaine selon laquelle les pays développés devraient d’ici 2020 intensifier leur appui financier sur la base de contributions constituant au moins 1,5 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) des pays développés, afin de lutter contre le changement climatique et de permettre aux pays en développement de limiter ses effets négatifs.
Les principaux points à examiner au cours de la dernière semaine de la conférence sont l’avenir du Protocole de Kyoto, la mise en place du Fonds pour le climat ainsi que d’autres éléments des Accords de Cancún.
Rappelons que quelque 130 ministres et environ 12 chefs d’État et de gouvernement participent à cette réunion de haut niveau.


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