Changement climatique

Route en mer dite NRL : deux problèmes sans solution

Les lois de la physique s’appliquent aussi à La Réunion

Manuel Marchal / 6 septembre 2014

La route en mer se heurte aux lois de la physique. Tout d’abord, le problème connu de la recherche des matériaux de construction vient de connaître un nouveau développement avec une brutale inflation. Le besoin est passé à 18 millions de tonnes. Ensuite, tous les pays sont concernés par les effets de la hausse du niveau de la mer. II faudra relocaliser des activités et des habitations à l’intérieur des terres. La Réunion n’échappera pas à cette réalité.

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La Région Réunion ne peut pas empêcher le niveau de la mer de monter, alors pourquoi jeter des milliards dans une route en mer ?

Force est de constater que les partisans de la route en mer se déchainent en ce moment. Ils dépensent massivement dans la communication pour essayer de convaincre. Il est clair que le combat prend une nouvelle dimension, car plus le temps passe et plus le projet de route en mer doit faire face à la réalité.
Comme tous les pays de la Terre, La Réunion est soumise aux lois de la physique. Ces lois sont permanentes, et elles s’appliquent à tous.

Une montagne à déplacer

Ainsi, pour construire une route en mer, il faut des matériaux car l’ouvrage doit se situer au-dessus de l’eau. Sur ce point, les masques commencent à tomber. Car le volume nécessaire vient de connaître une brutale inflation : 18 millions de tonnes de roches.

Cela voudrait dire le transport dans la mer de l’équivalent d’un pan de montagne ayant les dimensions suivantes : 50 mètres de haut, 600 mètres de long et 300 mètres de large.

Certains voudraient contourner cette réalité en ramassant les galets dans les champs. Mais ces derniers contribuent à lutter contre l’érosion.
Faute de carrière exploitable, les matériaux ne sont pas disponibles à La Réunion. Qui peut donc alors imaginer transporter par la mer de Madagascar, d’Afrique du Sud ou pourquoi pas d’Australie une montagne de 600 mètres de long, 300 de large et 50 mètres de haut.
La route en mer de Didier Robert dite NRL se heurte donc à cette loi de la physique : impossible de construire une route sans matériaux suffisants.

Hausse du niveau de la mer

La montée du niveau de la mer est une autre conséquence de la physique. Les activités humaines augmente la température du globe et font fondre des glaciers qui finissent par couler dans la mer. Le volume d’eau dans l’océan augmente. Cet océan n’a pas de frontière, et il entoure La Réunion.

En France, les derniers épisodes climatiques ont amené à revoir complètement l’aménagement de la côte atlantique. Ainsi en Aquitaine, un immeuble résidentiel construit en 1967 à 200 mètres du bord de la mer est aujourd’hui quasiment les pieds dans l’eau.

Dans le monde, la volonté est de se protéger de la mer en relocalisant les activités essentielles à l’abri des vagues. Ce phénomène concerne aussi les routes, car on ne construit pas une voie de communication pour qu’elle soit engloutie quelques années plus tard.

A La Réunion, les racines découvertes des filaos en bord de plage rappellent que la mer a emporté des masses considérables de sable. Cela montre bien que cette réalité physique s’applique aussi ici comme partout.

Comme la Région Réunion ne peut pas empêcher le niveau de la mer de monter, il faut se rendre à l’évidence et ne pas construire de route en mer.


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