Changement climatique

Saint-Pierre des Corps : construire en s’adaptant au risque d’une crue de 3 mètres

Continuer à vivre dans une zone inondable

Manuel Marchal / 28 juin 2017

Marie-France Beaufils, sénatrice-maire de Saint-Pierre des Corps, a montré hier lors des Assises régionales sur les risques naturels comment il est possible de s’adapter sans avoir besoin de déplacer la population. Cette préoccupation a débouché sur une réalisation concrète, avec la présentation de deux quartiers où les biens des habitants sont protégés d’une crue de la Loire d’une hauteur de trois mètres.

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Ouverture des Assises régionales des risques naturels avec au premier rang Marie-France Beaufils, sénatrice du groupe CRC et présidente du Centre européen de prévention des risques d’inondation.

Comment les populations peuvent-elles vivre en intégrant les risques naturels dans leur ie quotidienne ? À ce sujet, Marie-France Beaufils, sénatrice du groupe CRC et maire de Saint-Pierre des Corps est intervenue en tant que présidente du CEPRI (Centre européen de risque des inondations). Sa commune est en effet menacée les crues de la Loire.

Marie-France Beaufils a tout d’abord rappelé l’importance d’étudier les effets du changement climatique. Elle a remercié Paul Vergès d’avoir souvent agi dans ce sens, et rappelé que « son dernier discours en tant que doyen du Sénat a porté sur cette question ».

La digue ne suffit pas

Au cours du 19e siècle, trois crues importantes ont fait d’importants dégâts. Elles se sont déroulées dans un délai de trente ans. Si elles se reproduisaient aujourd’hui, la ville serait sous trois mètres d’eau. Les conséquences de cette submersion concerneraient 300.000 personnes. Pour éviter une telle catastrophe, une digue a été construite. Mais cela ne suffit pas. Les trois grandes crues du 19e siècle ont en effet charrié un volume d’eau capable de rompre la digue. Il a donc été nécessaire de rechercher une autre protection.

Le nombre important d’habitants exclut un déplacement de la population. La commune a alors insisté sur l’appropriation du risque par la population. « Pour que le territoire devienne résiliant, il faut que les biens soient beaucoup mieux protégés afin de revenir au plus vite à la vie normale », a-t-elle souligné. Cela signifie adapter l’habitat au risque d’une montée des eaux pouvant atteindre trois mètres, pour que des zones inondables constructibles puissent être des lieux de vie.

Pas d’obstacle à l’écoulement de l’eau

Marie-France Beaufils a présenté deux quartiers récents de sa commune qui répondent à cette problématique.

Les bâtiments font plusieurs étages. Les espaces de vie sur situent au premier niveau et au-dessus, avec des ascenseurs pour garantir l’accès des personnes à mobilité réduite. Le rez-de-chaussée n’est pas habité. C’est un espace laissé ouvert qui peut servir de parking. L’expérience rappelle qu’en cas d’évacuation de la population, les automobilistes utilisent leur véhicule pour partir. Leurs biens sont donc à l’abri de la crue.

L’absence de mur au rez-de-chaussée facilite l’écoulement de l’eau de la crue. Un espace important n’est pas construit entre les bandes d’immeubles. Il est occupé par des jardins. Le but est d’accélérer l’absorption de l’eau pour faciliter la décrue.

Marie-Pierre Beaufils conclut son intervention en rappelant que l’adaptation aux risques naturels pose le problème de la responsabilité de l’élu. C’est en effet lui qui délivre les permis de construire.

M.M.


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