Changement climatique

Sandy : 50 milliards de dollars de dégâts

L’équivalent des mesures d’économie du Budget 2013 en France

Céline Tabou / 3 novembre 2012

Alors que la France lance un plan d’austérité de 30 milliards d’euros supplémentaires pour le pays en 2013, Outre-mer compris, les États de la côte Nord-Est des États-Unis devront, eux, débourser près de 50 milliards de dollars, soit 28,5 milliards d’euros, pour réparer les dégâts premiers causés par l’ouragan Sandy.

Face à un tel montant, la question de l’adaptation aux changements climatiques revient dans les débats, notamment en pleine campagne présidentielle entre Barack Obama (démocrate) et Mitt Romney (républicain). D’autant qu’une étude révèle que le continent nord-américain a vu le nombre d’événements climatiques être quintuplé alors qu’ils n’ont été multipliés que par deux en Europe.

Des pertes économiques considérables

Selon les estimations de l’agence Moody’s Analytics, le coût total de l’ouragan, qui a dévasté près d’un millier de kilomètres de côtes sur la façade Nord-Est du pays, devrait atteindre 50 milliards de dollars : 30 milliards de dollars de dommages et 20 milliards de dollars de pertes de production. Parmi les régions de Washington D.C, Bridgeport, dans le Connecticut, a été une des plus touchées économiquement. Bridgeport produit plus de 2.000 milliards de dollars de richesse par an et représente 13,2% du PIB américain, a indiqué “Les Echos”. «  Chaque jour d’activité perdue représente une perte d’environ 8 milliards de dollars  » , a expliqué Mark Zandi, le chef économiste de Moody’s Analytics, lors d’une conférence téléphonique le 1er novembre.

D’après l’agence Moody’s Analytics, la perte de revenu générée atteindrait 19,9 milliards de dollars, particulièrement dans les secteurs des services financiers (7 milliards de dollars de pertes), des activités professionnelles et commerciales (4,6 milliards de dollars) et des secteurs de l’éducation et de la santé (1,7 milliard de dollars). L’impact se fait surtout ressentir à New York qui a perdu 57,2% d’ output et devrait supporter 34% du montant total des pertes, soit près de 12 milliards de dollars.

50 milliards pour l’adaptation aux changements climatiques

François Mancebo, professeur spécialiste de la durabilité à l’Université de Reims, s’est demandé sur le “NouvelObs” : «  Nos mégapoles sont-elles prêtes à faire face aux phénomènes climatiques extrêmes qui risquent de se multiplier dans les années à venir ? » . En effet, le passage de Sandy a mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures dans une ville comme New York, connue pour ses grands buildings et son célèbre métro. Les inondations auront causé des dégâts majeurs, ceux-ci devront être réparés rapidement, mais les conséquences sur le long terme (réseau d’eau, transports, urbanisme et aménagement) peuvent perdurer et coûter plus cher.

Malgré une année record en matière de température, de sécheresse et de catastrophes naturelles aux États-Unis, les dirigeants politiques américains n’ont pas pris conscience de l’importance d’une politique de prévention, d’adaptation et d’aménagement du territoire. Le rapport de Munich Re, l’une des plus grandes firmes de réassurance, publié le 17 octobre, a expliqué que plusieurs facteurs ont contribué à ces phénomènes et leurs conséquences, tout particulièrement « l’augmentation du nombre de personnes qui habitent des zones inondables ».

Les 50 milliards de dollars de dépenses pour réparer les dégâts causés par l’ouragan auraient pu être investis dès les alertes lancées par les scientifiques sur l’intensification des changements climatiques et de leurs impacts. D’autant plus que selon cette étude portée en 1980 et 2011, « le continent nord-américain est celui qui a connu le plus grand accroissement dans ce que l’institut appelle les pertes financières dues à des événements liés au temps » . Au cours de ces 31 ans, le coût total dû aux catastrophes naturelles s’est élevé à « 1.060 milliards de dollars (820 milliards d’euros) » , a cité “Le Monde”.

Céline Tabou


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