Changement climatique

Tuvalu refuse de signer et lance la révolte contre "l’Accord de Copenhague"

Coup de théâtre : échec du passage en force pour l’accord sur le Climat

Manuel Marchal / 19 décembre 2009

« M. le Président, notre futur n’est pas à vendre. J’ai le regret de vous informer que Tuvalu refuse d’accepter ce document », tels ont été les propos tenus peu après 3 heures du matin ce 19 décembre par le négociateur de Tuvalu. Il suffit qu’un seul pays refuse de signer pour que l’Accord de Copenhague tombe. C’est d’un des plus petits pays du monde qu’est lancée la révolte.

Coup de théâtre à Copenhague. Tuvalu refuse de signer. Ce pays a été aussitôt soutenu par le Venezuela, la Bolivie, Cuba. Il suffit qu’un seul pays ne mette pas sa signature sur l’Accord de Copenhague pour que ce dernier soit rendu nul et non avenu.

Le président de la Conférence pensait faire une brève présentation du texte, suspendre la séance pendant une heure le temps que tout le monde en prenne connaissance puis passer au vote. Il a été rappelé à l’ordre par les représentants de nombreux pays qui ont demandé la parole. Car le texte n’est pas le résultat d’un consensus, c’est la conclusion de discussions d’un groupe de pays dont la représentativité est loin d’être unanimement reconnue.

Résultat : la tactique du passage en force a échoué.

Tuvalu a appris l’existence d’un accord à la télévision, et qui plus est, cet accord signifie la fin des îles Tuvalu. Deux degrés d’augmentation de la température vont faire suffisamment monter le niveau de la mer pour engloutir Tuvalu et d’autres pays insulaires.

« Nous travaillons sous les auspices des Nations Unies, le secrétaire général de l’ONU est à vos côtés à la tribune », a dit le représentant de Tuvalu au président de la conférence, le Premier ministre du Danemark. À l’ONU, « nous travaillons de manière collective. Mais nous avons appris à la télévision qu’il y a un accord. Les négociations par médias sont peut être la norme dans certains pays, mais nous, nous respectons la démocratie ».

Pour la survie de Tuvalu, la température ne doit pas augmenter de plus de 1,5 degré, alors que "l’Accord de Copenhague" prévoit deux degrés. L’Accord de Copenhague, c’est la condamnation à mort de ce pays. « Nous n’avons pas de garantie que le Protocole de Kyoto continue au-delà de 2012 », a-t-il dit en substance.

Pour mémoire, Tuvalu a proposé depuis plus de six mois un amendement au Protocole de Kyoto qui prévoit une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2018.

Tuvalu indique que l’accord prévoit un fonds d’adaptation. Mais son représentant ajoute aussitôt : « M. le Président, notre futur n’est pas à vendre. J’ai le regret de vous informer que Tuvalu refuse d’accepter ce document ».

La décision de Tuvalu signifie la mort de "l’Accord de Copenhague".

Aussitôt, le Venezuela, la Bolivie, Cuba, le Costa-Rica soutiennent Tuvalu. Le Venezuela dit au Premier ministre du Danemark qu’il aura à assumer ce "Coup d’État" contre les Nations-Unies. En ce moment, le président de la conférence a donné la parole aux USA. Mais c’est le Nicaragua qui intervient pour dire qu’il refuse de parler après USA. Le Soudan affirme sa solidarité avec le Nicaragua.

Suspension de séance à 4 heures du matin.


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