Changement climatique

Vers une action politique de la France

Présentation du rapport du GIEC

Céline Tabou / 1er octobre 2013

A l’occasion du Forum "Changement climatique : des données scientifiques à l’action politique" qui s’est tenu à Paris le 30 septembre 2013, les auteurs du 5ème rapport du GIEC ont présenté leurs conclusions au gouvernement.

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Saint-Paul.
Une des nombreuses conséquences du réchauffement climatique est le nombre de jours des précipitations extrêmes, et donc des inondations.

En vue de préparer la prochaine Conférence des Parties en 2015 à Paris, le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été présenté en présence du Dr Rajendra Pachauri, Président du GIEC, et de Paul Vergès, Président de l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique).

Le GIEC a confirmé la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique et prédit une élévation de température à la surface du globe comprise entre 0,3 et 4,8°C en 2100. Le niveau des mers pourrait monter de 26 à 82 cm.

Face à cette situation, la France s’est dite « mobilisée » pour parvenir à un accord international sur la question, car « l’augmentation de la température moyenne à la surface du globe, l’élévation du niveau des océans et l’accélération de la fonte des glaciers sont confirmées comme des faits scientifiques incontestables » , ont indiqué conjointement les ministres Laurent Fabius pour les Affaires étrangères, Philippe Martin pour l’Écologie et Pascal Canfin pour le Développement.

Les effets du changement climatique

Le dossier de presse du Forum donne un aperçu de la synthèse des travaux du GIEC qui fait « un état des connaissances » et « un consensus de la part des scientifiques » . En effet, une « nouvelle méthodologie de modélisation climatique » a été réalisée afin de permettre « une amélioration des projections ». Cette méthode donne une vision précise des effets observés des changements climatiques ; des éléments moteurs du changement climatique ; et des changements climatiques mondiaux à venir.

Les récentes études laissent penser que « la concentration en gaz carbonique s’élevant, la température moyenne à la surface de la Terre continuera de se réchauffer sur un rythme élevé, avec des conséquences fortes » telles que la montée du niveau de la mer, la fonte des glaciers de montagne et de la banquise, des perturbations dans le cycle de l’eau dans l’atmosphère (sécheresses, inondations, etc.), l’acidification des océans, mais aussi les augmentions du nombre de jours de vagues de chaleur et du nombre de jours de précipitations extrêmes.

« Nous nous rapprochons dangereusement du point de non-retour sur les changements climatiques », a indiqué Anne Valette, chargée de campagne climat-énergie pour Greenpeace France. Cette dernière a expliqué que « l’Arctique est au centre de la catastrophe planétaire qui se déroule lentement devant nos yeux. Il en est un symptôme en fondant, un accélérateur en étant la cible de la voracité des groupes pétroliers ou gaziers. Pourtant, partout, des militants comme nos activistes se lèvent. L’âge des énergies fossiles touche à sa fin. La seule question, c’est : combien de temps nous reste-t-il ? ».

« On peut encore agir pour éviter le chaos climatique absolu »

Pour Greenpeace, « ce rapport est un signal d’alarme sur la gravité grandissante des impacts des changements climatiques. Il montre aussi que l’on peut encore agir pour éviter le chaos climatique absolu ». En effet, selon les hypothèses du rapport du GIEC, pour que l’augmentation moyenne des températures reste sous la barre des 2°C, cela implique que les émissions de gaz à effet de serre cessent d’augmenter à partir de 2020 et atteint un niveau zéro à l’horizon 2070.

« La seule réponse à un tel avertissement passe par des mesures et une action immédiates. Malheureusement, ceux qui tentent d’agir sont en prison en Russie, alors que les responsables de la catastrophe en cours sont protégés par les gouvernements dans le monde entier », a expliqué Anne Valette.

Au cours des dix dernières années, la calotte glacière du Groenland a fondu six fois plus vite en moyenne que la décennie précédente tandis que l’Antarctique fond cinq fois plus vite, a indiqué le communiqué de presse de Greenpeace. « Une des conclusions qu’on peut tirer de ce rapport, c’est en tous cas que nous avons encore une chance, que nous avons encore le choix ! Ou bien nous poursuivons la fuite en avant en allant chercher et en brûlant les dernières ressources d’hydrocarbure comme en Arctique, ou nous prenons un virage différent en misant enfin complètement sur les énergies renouvelables et un avenir meilleur que celui qui s’annonce si rien n’est fait », a conclu Anne Valette.

Céline Tabou

La position de la France

Selon le site du Quai d’Orsay, la France est mobilisée dans la lutte contre le changement climatique, à travers une transition écologique destinée à « transformer en profondeur son système économique vers une économie bas carbone ». Une stratégie remise en question en 2010 à La Réunion, bien que les politiques d’aménagement et d’adaptation du territoire dans le cadre de la protection de l’environnement et de l’autonomie énergétique aient été supprimées pour des raisons politiciennes.

Sur le plan européen, note le site de la diplomatie française, « un engagement collectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du Protocole de Kyoto » a été pris, car l’Union européenne s’est engagée à réduire de 20% ses émissions en 2020 par rapport au niveau de 1990.

Sur le plan international, la 21ème Conférence des Parties (COP 21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) aura lieu à Paris en 2015, avec pour objectif l’adoption d’un nouvel accord juridique universel, qui entrera en vigueur en 2020. « Les éléments scientifiques fournis par le GIEC devront être pris en compte dans le cadre de l’élaboration de l’accord sur le climat de 2015, afin qu’il soit suffisamment ambitieux pour répondre au défi du changement climatique, et permettre de maintenir le réchauffement en dessous de 2°C par rapport aux températures du début du XXème siècle » , précise le gouvernement.


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