Copenhague COP-15 en images

Conférence de Copenhague : la voix des îles entendues ?

Une nuit supplémentaire de négociations en perspective

Manuel Marchal / 19 décembre 2009

À l’heure où nous mettons sous presse, aucun accord n’est signé à Copenhague. La conférence joue les prolongations et une nuit supplémentaire de négociation s’annonce sauf coup de théâtre de dernière minute. Débutée le 7 décembre, la Conférence de Copenhague risque de ne pas déboucher sur un accord mais sur une déclaration politique renvoyant la discussion sur les mesures à appliquer pour sauver le monde à une date ultérieure. À l’heure où ces lignes sont écrites, les pays riches n’ont pas bougé de leur ligne. Un accord sur cette base entérinerait dans un texte juridique les inégalités issues de 500 ans de colonisation.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un groupe d’une vingtaine de pays s’est réuni après le dîner offert par la reine du Danemark. Les représentants de ces pays ont débouché sur un document prévoyant quelques mesures. Tout d’abord la possibilité de conclure la conférence sur une déclaration politique, renvoyant les traductions juridiques à une prochaine rencontre prévue dans un délai de six mois. Ensuite, en s’entendant sur un objectif d’augmenter les températures de deux degrés. Aussi bien sur le fonds que sur la forme, le document est loin de faire l’unanimité des représentants de plus de 190 pays. L’ALBA a en effet dénoncé un texte qui condamne les îles et les pays côtiers au pire à disparaître, au mieux à vivre la pire crise de leur Histoire.
Lorsque le président des Etats-Unis est arrivé, un petit groupe de pays s’est réuni au terme de laquelle le président de la Conférence, Lars Løkke Rasmussen, a décidé de convoquer une séance plénière extraordinaire avec à l’ordre du jour une réunion informelle.
Un nombre réduit de chef d’États et de gouvernement s’est exprimé. Ils représentaient les différents groupes de pays au sein desquels les États du monde sont intégrés.

Pas de propositions nouvelles des États-Unis

Intervenant à la tribune d’une Conférence mondiale sur le Climat, le président des Etats-Unis, Barack Obama, n’a pas été plus loin que les dernières propositions de son pays, c’est-à-dire une baisse de 3% des émissions par rapport à 1990. Cette annonce a suscité une très grande déception car c’est dans la volonté des Etats-Unis de contribuer à la lutte contre le changement climatique que se situe les clés de la conférence. En effet, les Etats-Unis sont parmi les grands pays celui qui émet le plus de gaz à effet de serre par habitant, et de loin.
Cette rencontre a notamment été l’occasion pour l’Afrique du Sud de préciser ces objectifs. En tant que pays en développement, elle est malgré tout prête à baisser ces émissions de gaz à effet de serre de 34% en 2020, et de 40% à 2025, soit plus que l’Union européenne. Nous devons agir vite « dans le but de conclure un accord légal contraignant pour préserver les intérêts des générations futures », a dit le président Zuma en soulignant que 80% des émissions des gaz à effet de serre viennent des pays riches, que ceux-ci ont une responsabilité historique et qu’ils doivent donc financer un fonds d’adaptation pour les pays vulnérables.
Pour sa part, le Premier ministre de la Grenade, s’exprimant au nom de l’Alliance des États insulaires en développement (AOSIS), a indiqué que « nous ne sommes pas arrivés à un accord mais nous avons fait des progrès ». « Pour sa part, l’AOSIS est pour un accord solide, contraignant et ambitieux car nous croyons qu’un accord mondial pourra assurer la survie des plus vulnérables de nos îles », a-t-il dit. Quoi qu’il arrive, la période Post-Copenhague est celle d’une pleine implémentation de la volonté politique de sauver le monde.

Beaucoup d’obstacles à lever

Il souligne également que l’objectif prioritaire reste le combat contre la pauvreté, et qu’il impose donc le transfert de technologies propres. Et de conclure en soulignant que l’intégrité de la Convention sur le Changement climatique doit être préservée.
Il reste donc beaucoup d’obstacle à lever pour arriver à un accord.
Rappelons que l’Europe propose 20% de réduction sans condition, et 30% en cas d’engagements significatifs d’autres pays, les USA 3%, la Chine 45% par unité de PIB. Les pays les plus vulnérables demandent au moins 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces engagements sont à échéance 2020.
L’autre divergence concerne le fonds d’adaptation. Pour les pays riches, l’unité de compte est le milliard de dollars, alors que pour les pays du Sud, le Nord doit payer plusieurs centaines de milliards de dollars par an car il a une responsabilité historique dans la situation.

Manuel Marchal


Le président de l’Iran propose un plan de désarmement mondial

Depuis que la République a été fondée en Iran, elle a été toujours combattue par les États-Unis. Avant, le régime était une dictature soumise aux États-Unis, sur plus de 6 milliards de barils de pétrole produits, plus de 5 milliards étaient exportés à bas prix vers les États-Unis et l’Europe, cela n’est plus le cas. L’Iran est un obstacle à la mainmise de l’Occident sur les ressources naturelles. La question du programme nucléaire civil est un prétexte, a dit en substance Mohamed Ahmadinejad, président de l’Iran.
Il a aussi détaillé des mesures prises par son pays pour lutter contre le réchauffement climatique : elles tournent autour de la réduction de la consommation et des mesures incitatives pour consommer moins d’énergie.
Il a également constaté que les efforts pour la guerre sont bien plus importants que ce qui est proposé pour lutter contre le réchauffement climatique. Et de souligner que 10% des budgets militaires pourraient être affectés au fonds d’adaptation.
Il a défendu l’idée d’un programme nucléaire civil de 20.000 mégawatts ayant des applications dans la médecine notamment. Et a souligné qu’assimiler le nucléaire civil à des armes de destruction massive est dénier le droit de peuples de bénéficier de l’énergie nucléaire.
Concernant les États-Unis, il note que ce pays possède 5.000 têtes nucléaires, et protège Israël, un pays doté de l’arme nucléaire qui tue des Palestiniens. Le président de l’Iran propose un plan de désarmement mondial placé sous la resposnabilité d’une autorité indépendante. Il a aussi estimé que la politique du nouveau gouvernement américain ne correspond pas aux attentes.
Pour conclure, Mohammed Ahmadinejad a indiqué que la plupart des pays du monde soutiennent le projet iranien de production d’énergie à partir du nucléaire. Quelques pays peuvent-ils dire "nous, la communauté internationale" ?, a-t-il précisé.


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