Déplacements - Transports

Carrières de Menciol-Les Hauts et de Dioré, un pavé dans la mare, du roc à l’argile…

Lettre ouverte

Témoignages.re / 28 septembre 2016

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Je vous livre ces informations sur ces carrières en me basant sur les documents disponibles sur internet à tout citoyen lambda à accès. Je vous invite à vous en imprégner.

Selon le rapport du projet de Carrière de Menciol-Les Hauts ’ Impacts, mesures, remise en état du milieu naturel (VNEI) ’ de ECO-MED de février 201, elle entraînera :

’ - la destruction locale d’habitats et/ou d’individus au niveau de la zone exploitée,

- la fragmentation de l’écocomplexe ; la carrière occasionnera une césure paysagère dont il est difficile d’évaluer les effets indirects sur la flore,

- la dégradation par rudéralisation des milieux (dépôts de gravas, etc.) aux abords de la zone d’exploitation,

- la perturbation/dérangement des espèces pendant la phase de décapage préalable ainsi qu’en phase d’exploitation de la carrière,

- les introductions d’espèces invasives occasionnées par le passage des engins de chantier ainsi que par l’apport de déblais lors du réaménagement de chaque phase. »

De plus, le projet consiste en :

- une exploitation de carrière et une installation de traitement et de transit de matériaux minéraux dont la durée d’autorisation est de 5 ans d’extraction + 1 an de plus pour finaliser le remblaiement et la remise en état agricole et forestière d’une superficie exploitable maximale de 210 850 m².

- les horaires de fonctionnement des engins et installations se feront entre 7h00 – 18h00 en fonctionnement courant avec possibilité d’élargir les horaires de 6h00 à 20h00 selon les besoins du chantier NRL.

- La quantité maximale annuelle d’eau consommée sera de 20 000 m3

Outre les habitats détruits sur l’emprise du projet, les habitats proches pourraient être altérés par diverses incidences, notamment :

- l’envol de poussières ;

- le ruissellement d’eau chargée en polluants (matières en suspension, pollution accidentelle…) ;

- l’écrasement accidentel, en particulier lors des travaux préparatoires (aménagement de la piste, décapage…) ;

- les mouvements de terres végétales impliquant la mobilisation des stocks de graines (transferts d’espèces invasives).

- l’érosion accélérée ou provoquée par le déroctage et la modification de la topographie du site, chutes de blocs.

Premièrement, la population :

L’extraction des matériaux provoquerait des nuisances directes telles que le bruit, la poussière, ou la défiguration du paysage. Ensuite, il faut encore acheminer les roches jusqu’au chantier sans compter les nombreuses rotations de poids lourds. L’ouverture de ces carrières est synonyme de destruction de zones naturelles, d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Sans compter les dégâts sanitaires que provoquerait l’exploitation de ces sites, situés près des habitations et des écoles ». Cinq ans durant des camions emprunteraient cette route, 15 heures par jour.

L’extraction des matériaux puis leur transport disperserait des poussières qui entraîneraient des pathologies liées à l’allergie : asthme, atteintes ORL et ophtalmologiques, dermatites atopiques, eczéma de contact. Ainsi que les « pathologies respiratoires chroniques » dues aux gaz d’échappement de ces véhicules.

Deuxièmement, des répercussions et dégâts notoires sur la flore et habitats et la faune :

La Flore et les habitats :

Pour Menciol-Les-Hauts, ces surfaces représentent un enjeu écologique modéré. La partie haute du site est assignée à un enjeu modéré à fort. Ce niveau d’enjeu traduit un fort recouvrement d’indigènes et de richesse en station d’espèces rares dont 4 espèces ont un enjeu fort dont une espèce est protégée au titre de l’Arrêté ministériel du 6 février 1987 fixant les mesures de protection des espèces végétales dans le département de La réunion. Actuellement, 3 espèces en cours de protection ont été recensées à l’intérieur et/ou aux abords du périmètre.

La Faune :

Les espèces patrimoniales identifiées ont été compilées dans un tableau afin de caractériser l’enjeu qu’elles représentent sur le site. Toutes ces espèces sont des espèces endémiques protégées de modéré à fort et très fort dont pour ne citer que : Le Busard de Maillard, Le Bulbul de La Réunion (fort) et le Gecko vert de Bourbon (très fort) relatives à cette classification :

Modéré : impact prévisible à la portée locale

Fort : Impact prévisible à la portée régionale

Très fort : impact prévisible à la portée de la zone océan indien ou internationale

Sachant que le Gecko (Lézard vert) est un des derniers reptiles endémiques de La Réunion, protégé par Arrêté Ministériel du 17 février 1989 qui stipule qu’il est interdit de blesser, détruire, capturer ou naturaliser cette espèce gravement menacée qui fait l’objet d’une mesure de conservation à travers un Plan National d’action (PNA) et classé par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et placée dans la catégorie « en danger critique d’extinction (CR) dans la liste rouge des espèces menacées en France.

L’espèce à été désigné par le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du Développement durable et de la Mer comme devant faire l’objet d’un PNA qui vise à rétablir les espèces et leurs habitats dans un état de conservation satisfaisant.

Cette volonté de protection du patrimoine naturel a été renouvelée récemment, lors du Grenelle de l’Environnement. Le Grenelle ayant notamment souligné « l’enjeu de la conservation de la conservation de la biodiversité dans les départements d’outre-mer et notamment à La Réunion ».

Selon le Code de l’Environnement, toute personne portant atteinte à une espèce protégée est « passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (Art L415-3) ».

Troisièmement,

En ce qui concerne les carrières, l’étude du BRGM de mai 1998 avait déjà mis en évidence des ressources en matériaux présentes dans les « espaces carrières » de l’Ile de La Réunion, dont 8 dans le bassin de production de l’Est, 3 dans l’Ouest et 6 dans le Sud ou il était convenu :

- d’interdire tout nouveau aménagement

- de prévoir des accès spécifiques aux sites de carrières

- de définir des règles pour prévenir le mitage de ces zones, par une coordination des différentes activités extractives et par une harmonisation des actions de réaménagements des sites après exploitation.

Le Groupement BTP de La Réunion a fait savoir dans la presse du 27/09/16 que : « les carrières de Dioré et de Menciol-les-Hauts ne sont pas adaptées et sont plutôt onéreux en matière de remblai après exploitation et elles ne démarreraient qu’en 2018 ». De plus, selon ce groupement : « sur le site de Menciol-les-Hauts, il subsiste des volumes stériles de roches et des difficultés au projet et les coûts de production de ces deux carrières semblent prohibitifs ».

Selon les documents officiels en charge d’étayer et permettre un avis, ces carrières sont dédiées exclusivement à Nouvelle route du littoral (NRL) :

- pour Dioré : « Pour subvenir aux besoins en blocs d’enrochement et granulats du futur chantier de la Nouvelle route du littoral (NRL) et de chantiers connexes (Centrale BCE et d’enrobage) » : Arrêté n ° 203/SBP daté du 12 août 2013 de Monsieur le Préfet de La Réunion.

- pour Menciol-les-Hauts : « Les matériaux issus de cette exploitation sont destinés à alimenter le chantier de la Nouvelle route du littoral (NRL) qui est en cours de réalisation sous la matière d’œuvre du Conseil Régional » : référence à page 2 de la demande d’autorisation d’exploiter du 25 mai 2016.

Dans ce cas, si de pareilles ouvertures de carrières sont autorisées, il s’agirait d’un serment d’hypocrite de certains de nos élus relatifs à leur soutien au parc national, à notre patrimoine mondial et d’un je-m’en-foutisme envers de la population réunionnaise.

« Nous sommes que des éphémères pour dame nature. Utilisons à bon escient, ce qu’elle donne gratuitement pour nous-même et pour autrui sans la blesser, ni la saigner. Une nature détruite, ce sont des vies qui languissent et se meurent ». JOO

Jean Odel Oumana
Citoyen & contribuable


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