Déplacements - Transports

Concentration des emplois à Saint-Denis et arrêt du chantier du train coûtent très chers

Étude sur les déplacements domicile-travail

Témoignages.re / 17 décembre 2014

L’INSEE a publié hier une étude sur les déplacements domicile-travail à La Réunion en 2011. 30 % des emplois sont à Saint-Denis et Sainte-Marie. Mainte fois dénoncé depuis les années 1960 par le PCR, ce choix de concentrer les équipements dans une petite partie de l’île a des conséquences très graves, à cause du refus de reconstruire le chemin de fer détruit dans les années 1960. Ainsi sur 23 000 automobilistes entrant chaque jour à Saint-Denis, plus de 17 000 le font pour y stationner toute la journée car ils y travaillent. Cette erreur d’aménagement du territoire se paie cher en termes de pollution et de temps perdus dans les embouteillages. Voici des extraits de cette étude :

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La concentration des emplois et l’arrêt du chantier du tram-train condamnent tous les jours des dizaines de milliers de Réunionnais aux embouteillages. (photo Toniox)

« Depuis 20 ans, le nombre de Réunionnais en emploi augmente chaque année en moyenne de 4 500 personnes. En 2011, les trois quarts des travailleurs utilisent leur voiture pour se rendre à leur travail, contribuant à l’engorgement des réseaux routiers aux heures de pointe. Le recours au transport en commun reste faible et stagne à 5 % depuis 1999. Quatre personnes en emploi sur dix travaillent en dehors de leur commune de résidence.

Part des transports collectifs : 5 %

Depuis 1999, elles sont de plus en plus nombreuses et s’installent de plus en plus loin de leur lieu de travail. L’allongement des trajets et l’augmentation du nombre d’actifs occupés représentent un défi majeur pour le développement durable des transports à La Réunion.
En 2011, un Réunionnais utilisant un véhicule motorisé pour se rendre au travail parcourt en moyenne 25 km par jour, soit plus qu’en France métropolitaine. La moitié des travailleurs font plus de 15 km et 7 600 dépassent les 100 km par jour. Ces déplacements génèrent l’émission d’une tonne de CO par personne en emploi et par an. Les tronçons les plus fréquentés sont ceux situés 2 entre Le Port et Sainte-Suzanne : 23 000 automobilistes entrent quotidiennement dans Saint-Denis. Le taux d’équipement des ménages en automobiles à La Réunion reste inférieur à celui de la France métropolitaine mais le parc vieillit et devient de plus en plus puissant, facteurs défavorables pour l’environnement.
La part des transports en commun dans les déplacements domicile-travail est faible (5 %) et reste stable depuis 1999. Néanmoins le nombre de personnes utilisant les transports en commun pour aller au travail progresse chaque année (+ 300 personnes) mais beaucoup moins que le nombre d’automobilistes (+ 5 600). La part de l’auto – mobile augmente ainsi entre 1999 et 2011, passantde72 % à 78 %. La part de la marche à pied diminue mais reste le moyen de déplacement d’un travailleur sur dix.

Déplacements plus longs

Parmi les Réunionnais qui travaillent hors de leur commune de résidence, la grande majorité optent pour la voiture (91 %), alors que seulement 4 % utilisent les transports en commun. Malgré le développement des réseaux, les transports en commun ne semblent pas répondre aux exigences de fréquence, de régularité ou de correspondances, notamment pour les personnes qui travaillent loin de leur domicile.
Parmi les 240 000 travailleurs de La Réunion en 2011, 70 % travaillent dans quatre bassins d’emploi : 30 % à Saint-Denis/Sainte-Marie, 18 % à Saint-Pierre/Saint-Louis, 11 % à Saint-Paul et 11 % au Port/La Possession. Un tiers résident à l’extérieur de ces bassins d’emploi. Par exemple, la moitié des personnes qui travaillent au Port ou à La Possession rési – dent en dehors de ces communes
La part des travailleurs qui résident à l’extérieur de leur bassin d’emploi a fortement augmenté au cours des vingt dernières années, gagnant de 7 à 9 points dans chacun des territoires.

Les bassins d’emploi

Les déplacements évoluent aussi avec les infrastructures qui se sont développées, mais ils restent contraints par le relief. Au Nord, le territoire de Saint-Denis/Sainte-Marie accueille des personnes en emploi qui résident dans des communes de plus en plus éloignées. L’ouverture en 1999 de la déviation de Bras-Panon et de la 2x2 voies de Saint-Benoît, ainsi que les prix du foncier plus abordables dans ces communes de l’est de l’île, ont favorisé l’augmentation de ces déplacements.
Ainsi, 9 600 personnes arrivent chaque jour de l’est (Sainte-Suzanne à Saint-Benoît) soit un flux désormais supérieur à celui des travailleurs en provenance de l’ouest (7 800 personnes). De même, le nombre de personnes arrivant chaque jour du Tampon a doublé entre 1999 et 2011 (700 personnes en 2011), ce trajet étant devenu plus accessible depuis l’ouverture de la route des Tamarins en 2009.
Vers le bassin Port-Possession, les travailleurs arrivent principalement de Saint-Paul (6 100 déplacements quotidiens en 2011). Ils sont deux fois plus nombreux qu’en 1999. L’axe mixte ouvert entre Saint-Paul et Le Port en 2002 contribue à délester le trafic sur la RN1 limité par l’ancien pont de la Rivière des Galets. Ils sont également plus nombreux à venir de Saint-Leu, leur nombre passant de 300 à 700 sur la période.
Au Sud, plus du tiers des Réunionnais qui travaillent à Saint-Pierre ou Saint-Louis habitent en dehors du bassin d’emploi, principalement dans d’autres communes du Sud. Ils viennent majoritairement du Tampon (6 400 personnes), mais ce flux reste assez stable entre 1999 et 2011 (+ 1,6 % par an). En revanche, depuis Saint-Leu et Les Avirons, les flux ont augmenté rapidement (+4 % par an). En 2011, plus de 1000 personnes quittent chaque jour chacune de ces deux communes pour aller travailler à Saint-Pierre ou Saint-Louis. Les flux en provenance de Saint-Joseph ont également beaucoup augmenté passant de 1 000 en 1999 à 1 800 en 2011.


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