Déplacements - Transports

Grande chaîne humaine contre le projet de carrière à Bois-Blanc

Succès de la plus grande manifestation pour la protection de l’environnement jamais organisée à La Réunion

Manuel Marchal / 3 octobre 2016

Plusieurs milliers de personnes ont participé dimanche matin à une chaîne humaine entre la ravine des Avirons et la ravine du Trou. À trois jours de la fin de l’enquête publique sur l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc, la mobilisation s’intensifie contre un projet indispensable à la poursuite du chantier de la route en mer.

JPEG - 93.3 ko

Hier à Bois-Blanc, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel du collectif Touch pa nout roche. Elles ont organisé une chaîne humaine de la ravine des Avirons à la ravine du Trou, soit une distance de plus de deux kilomètres.

Actuellement se déroule en effet une seconde enquête publique pour l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc. Les partisans de la route en mer voulue par Didier Robert jouent en effet leur va-tout. Ils ont lancé le chantier d’une route à 6 voies au large des côtes de La Réunion sans avoir les matériaux nécessaires pour la construire. Ils comptent sur le soutien de l’État pour arriver à leurs fins et exigent que le site de Bois-Blanc soit transformé en une zone d’extraction de plusieurs dizaines d’hectares, d’une profondeur de plus de 50 mètres. Pour extraire la roche, les carriers veulent procéder à deux tirs d’explosif par jour pendant des années. Il est d’ailleurs prévu que le site de la carrière abrite une quantité d’explosifs plus importante que dans l’usine AZF. Chacun a encore en mémoire les dégâts considérables infligés en 2001 lors de l’explosion de ce site industriel de la banlieue toulousaine.

Non à une catastrophe pour La Réunion

Outre les nuisances qui attendent les riverains, l’exploitation de la carrière créerait un trafic de 900 poids-lourds par jour entre cette région du littoral et le chantier de la route en mer. Voilà de quoi aggraver les problèmes de circulation subis par les Réunionnais à cause de l’arrêt du projet de train par la majorité régionale actuelle. De plus, la fréquence et le nombre des tirs de mine fragilisera le socle de la route des Tamarins. Ce chantier du siècle réalisé sous la mandature de Paul Vergès est la route qui permet de désenclaver l’Ouest et le Sud de La Réunion, soit une population de plus de 400.000 habitants. La fragilisation du socle pourrait remettre en cause son utilisation et obliger alors les Réunionnais à revenir 10 ans en arrière, condamnés à être prisonniers des interminables embouteillages de la route littorale.

Ces quelques faits expliquent donc la forte mobilisation contre le projet de carrière à Bois-Blanc.

JPEG - 96.9 ko
Une partie de la délégation du PCR.

Le PCR solidaire de la lutte

Le rendez-vous était fixé à 9 heures 30, mais dès 8 heures, la route des plages entre Saint-Leu et les Avirons avait déjà accueilli les premiers manifestants. La précédente chaîne humaine sur ce site avait rassemblé 4.500 personnes en août 2015. Hier, les prévisions les plus optimistes étaient dépassées. La chaussée entre les deux ravines distantes de plus de deux kilomètres était remplie. Les organisateurs avaient du mal à canaliser l’enthousiasme de milliers de personnes venues de toute l’île pour participer à ce qui est devenu sans doute la plus grande manifestation pour la protection de l’environnement jamais organisée à La Réunion.

Ce n’est qu’à partir de 10 heures 30 que la chaîne humaine a pu se mettre en place.

Parmi les participants, le Parti communiste réunionnais était représenté par une délégation de son Conseil politique. Yvan Dejean, co-secrétaire général du PCR, a rappelé la solidarité du Parti communiste réunionnais avec toutes les personnes menacées par les projets de carrière que les partisans de la route en mer voudraient faire ouvrir aux quatre coins de La Réunion. En effet, la zone de Bois-Blanc n’est pas la seule concernée. Les promoteurs du chantier de Didier Robert convoitent également la ravine des Lataniers à La Possession, ainsi que Menciol et Dioré à Saint-André.

La seule décision raisonnable : arrêter le chantier de la route en mer

Hier entre Saint-Leu et les Avirons, les défenseurs de l’environnement ont montré qu’ils sont nombreux et déterminés pour faire échec à la tentative d’imposer l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc. Les partisans de la route en mer affirment que cette carrière est indispensable à la poursuite du chantier de la route en mer. Autrement dit, sans Bois-Blanc, le projet que la Région a baptisé nouvelle route du littoral, ou NRL, ne pourra pas se faire. L’enquête publique va se terminer dans les trois jours. Et les organisateurs de la manifestation ont appelé à intensifier la pression pour faire entendre la voie de la population dans cette procédure. Gageons qu’à la suite du succès considérable de la mobilisation d’hier, la raison reprenne ses droits et que la décision d’arrêter le chantier de la route en mer soit enfin prise.

M.M.



Un message, un commentaire ?



Messages






  • La seule décision raisonnable aurait été de ne jamais commencer les travaux de cette route du littoral ,non pas parce que l’on ne savait pas ou trouver les gros rocher qui étaient nécessaires à sa construction , mais parce que c’est un projet fou qui met en danger la population de la Réunion qui pourrait se retrouver piégée par la destruction totale ou partielle de l’ouvrage par les éléments déchainés , que ce soit à la suite d’un cyclone qui générerait des houles de plus de 30 m de hauteur , ou que ce soit à la suite d’un méga tremblement de terre qui briserait son assise ou qui provoquerait un éboulement géant qui l’ensevelirait sous un pan de montagne .

    Malgré notre technologie , nous ne pouvons pas connaitre ce que la nature nous réserve , et il vaut mieux ne jamais la défier . On aurait pu construire cette route ailleurs que sur la mer . Des solutions en tunnel ou passant par les hauts , ont été proposées , pourquoi elle n’ont pas été prises au sérieux et évaluées correctement . Pourquoi avoir choisi de de passer par la mer à tout prix sachant les risques que l’on faisait prendre à la population de la Réunion .?

    Mais ce qui est encore plus grave , c’est pourquoi avoir décidé de démarrer les travaux de cette route sans sans savoir où on allait se procurer les rochers nécessaires . Et maintenant que la route est en construction , pourquoi aller chercher des roches à Madagascar , ou à plus de 50 Km du chantier, du côté de Saint Leu ou de Saint Benoit ? N’y avait -il pas la possibilité de prendre ces rochers plus près , par exemple dans le lit des ravines situées à proximité , ce ne sont pas les grosses roches qui manquent dans le lit des ravines tel que celles de la Grande Chaloupe ou de la ravine à Jaques , ou encore des lataniers et installer une carrière dans ces endroits n’aurait gêné personne ..

    A quelle logique obéissent ceux qui décident d’aller chercher des grosses roches à Madagascar ou dans des carrières situées à 50km en se fichant complètement des problèmes posés par ces choix non seulement au niveau de la dégradation du paysage , mais aussi de l’utilisation des voies existantes par un trafic qui les encombreraient et gênerait considérablement la circulation automobile , mais mettrait en danger leur solidité . A t- on déterminé quel serait l’impact de ces choix de la carrière de Bois Blanc à Saint Leu ou des Orangers à saint Anne sur l’état des routes et sur la gêne causée aux riverains et aux automobilistes réunionnais avant de prendre les décisions ? Je n’en suis pas certain .S’est -on demandé quel serait l’impact de ces choix sur le coût des travaux de la route en mer avant de prendre ces décisions , probablement pas, car la logique à laquelle on obéi les responsables de ce projet ce n’est apparemment pas de construire le moins cher possible , mais au contraire de préférer la solution la plus chère possible .

    La construction des ouvrages publics est régie par le code des marchés publics qui permettent de choisir les constructeurs les plus sérieux et les prix les mieux disant , compte tenu du contexte économique et peut être d’autres raisons commandées par l’intérêt général des populations concernées . Mais lorsque la conception des projet et le choix de la nature des ouvrages débouchent sur des coûts de travaux les plus élevés , on est en droit de se demander si ceux qui ont été à l’origine des projets se sont vraiment laissés guider par l’intérêt général . Et s’il s’avère que ce sont les intérêts particuliers qui ont primé sur l’intérêt général , il n’est jamais trop tard pour faire machine arrière, même si cela a un coût pour la collectivité . Mais pour cela il ne fait pas attendre que les travaux qui ont été commencés soient avancés à plus de 50% ; car dans ce cas ce serait ajouter à la folie d’avoir ouvert un chantier de plus de 1,6 milliard sans se soucier de l’intérêt général , la folie de le fermer sans ce soucier de que couterait une telle décision sur le budget de la collectivité .

    On ne peut pas faire d’omelette sans casser des oeufs , mais lorsque les oeufs sont déjà cassés il est difficile de les jeter sans savoir si on aura encore suffisamment d’oeufs pour faire une autre omelette . Il y a des cas où il faut savoir comprendre que c’est un peu tard pour changer les choses et faute d’avoir réagi à temps pour les changer il faut savoir les accepter . Si les carrières de Saint leu ou de Saint Benoit ne sont pas le bon choix il faut choisir d’autres carrières, mais pas forcément arrêter le chantier de la nouvelle route si celui ci est déjà trop avancé . Ce ne sont pas le roches qui manquent à proximité du chantier de la nouvelle route en mer .

    Mais si ce chantier n’est pas trop avancé pour être arrêté il faut le stopper sans plus attendre . Il y a mieux à faire avec l’argent des contribuables plutôt que le jeter à la mer ou plutôt dans les poches des grandes entreprises internationales et e certaines personnes qui se fichent complètement de l’intérêt général de l’île de la réunion et qui ne seront plus là lorsque leur projet démentiel sera détruit par la nature qui rappellera toujours aux hommes que c’est elle qui nous commande et que nous devons la respecter et non la défier .

    Article
    Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com