Déplacements - Transports

Informons la population sur la réalité du projet de route en mer

Ce soir, premier débat organisé par l’association Alternatives Transport Réunion - FNAUT

Témoignages.re / 15 juillet 2013

Ce soir à 16 heures 30 à la salle du Cœur Saignant au Port, l’association Alternatives Transport Réunion – FNAUT organise sa première conférence-débat. Quelques jours après l’avis défavorable de la Commission nationale pour la Protection de la Nature, les Réunionnais ont la possibilité d’être informés et de débattre sur la réalité du projet de route en mer entre La Possession et Saint-Denis.

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Une route sur la mer, une illusion entretenue depuis trois ans... La série de débats organisés par l’association ATR-FNAUT à partir d’aujourd’hui informera la population de la vérité.

Mercredi dernier, à quatre de mes amis, j’adressais quelques mots pour leur dire que je suis pleinement avec eux, « au moment où la communauté musulmane se retrouve dans le partage et l’humilité… dans la recherche du plus grand… dans un temps de réflexion et de prière qui nous grandissent tous… ».

Je voudrais, par le biais de ce rapide courrier de lecteur, offrir à mes compatriotes réunionnais l’essentiel de leurs réponses que je reçus dans la foulée. J’ai trouvé beaucoup d’émotion dans le simple « Merci beaucoup à vous… » (de S.B) et dans le sincère « Très touché par votre pensée, je vous souhaite un agréable après-midi… » (de F.A). Et puis, trente six heures plus tard : « De tout cœur, merci pour ces mots qui m’ont touché. Je te prie de m’excuser pour mon retard à te répondre, mais il me fallait au moins ces deux jours d’immersion pour changer les habitudes. C’est un grand mois béni et nous devons prier pour une paix totale pour ce monde qui bouleverse les hommes. Bien à toi et merci… » (de A.R).

Peu importe qui je suis et peu importe qui sont S.B, F.A ou A.R. Peu importe aussi ma religion. L’important, je crois, c’est que dans notre île du bout du monde, il existe le désir que les hommes se rapprochent dans la même recherche de ce qui unit et fait avancer. Ainsi en est-il du dialogue interreligieux qui est chez nous une réalité vécue au quotidien. Ainsi en est-il de cette zone cultuelle imaginée il y a une trentaine d’années par une municipalité réunionnaise pour témoigner que les hommes doivent s’enrichir dans leurs différences pour ainsi lever et élever leur regard vers l’horizon le plus lointain.

Un réunionnais

La campagne d’explications de l’association ATR-FNAUT franchit à partir de ce soir une nouvelle étape. D’ici à vendredi, cinq conférences-débats doivent être organisées dans l’Ouest, le Nord, le Sud et l’Est de La Réunion. La première a lieu ce soir à la salle du Cœur Saignant au Port, à partir de 16 heures 30.

Depuis le changement de majorité voici trois ans, la Région Réunion n’a plus lancé aucun chantier d’envergure. Le lycée de Sainte-Anne et le pont de la Rivière Saint-Etienne avaient commencé sous l’ancienne mandature, tout comme la déviation de Saint-Joseph.

Deux grands projets étaient sur les rails : le tram-train et la nouvelle route du littoral. Tous deux furent stoppés pour l’un, et fortement remis en cause pour l’autre.

En matière de grands travaux, la communication de la Région Réunion a tout misé sur un projet de nouvelle route du littoral. Mais au lieu de poursuivre ce qui avait été initié par le partenariat entre l’État et l’ancienne mandature, la nouvelle Direction de la Région a décidé de tout chambouler. A la place d’une route à quatre voies, une route à six voies qui pourrait un jour accueillir un transport en site propre. Il a donc fallu recommencer plusieurs procédures, ce qui a retardé l’enquête publique d’un an.

Mais en passant de 4 à 6 voies, les contraintes sont bien plus importantes, aussi bien environnementales que sur celui des matériaux disponibles. Quant au coût prévisionnel de 1,6 milliard d’euros, il est manifestement sous-évalué.

Dangereuse illusion

Parce que Didier Robert a décidé de supprimer le tram-train, la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, et étant donnée l’incapacité de l’équipe actuelle à maintenir le rythme de construction des lycées, le chantier de la nouvelle route du littoral nourrit toutes les illusions chez les victimes des démolisseurs. Ces illusions sont sciemment entretenues par les campagnes de publicités de la Région, qui tentent de faire croire à la possible réalisation de ce projet. Un local loué plusieurs milliers d’euros par mois au centre-ville de Saint-Denis est mis au service de cet objectif.

Il en résulte une attente de la part de nombreuses entreprises pour qui cette nouvelle route doit arriver pour relancer l’activité.

Mais l’illusion entretenue depuis 3 ans est confrontée à la réalité.

Le premier coup vient des finances. Même pour un budget de 1,6 milliard d’euros, la Région Réunion n’a pas le moyen de financer. C’est la conclusion d’un rapport d’expertise financière du cabinet Klopler, qui indique que pour financer 1,6 milliard d’euros, la Région ne doit pas faire augmenter ses dépenses de fonctionnement de plus de 1,8% par an. L’an dernier, cette hausse était de 26%. Quant à 2013, le vote au mois de juin d’une décision modificative du budget montre que la limite sera dépassée.

Pour que toute la clarté soit faite sur cette question, l’Alliance a demandé en mars dernier que soit décidé l’envoi d’une Mission d’expertise économique et financière du Ministère des Finances.

L’illusion face à la réalité

Puis, la semaine dernière, c’est la Commission nationale pour la Protection de la Nature qui a adressé un avis défavorable à la nouvelle route du littoral. Rappelons que c’est à la suite d’un avis de cette autorité que le tracé du tram-train a dû être profondément remanié, abandonnant le passage au-dessus du massif de La Montagne.

Selon les dires de la Région, la haute autorité environnementale remettrait en cause la digue de 5 kilomètres entre La Possession et la Grande Chaloupe. C’est justement sur cette portion de route que les petits patrons comptaient pour travailler, car la section en viaduc est beaucoup plus complexe, avec des fondations à poser sous la mer.

C’est dans ce contexte qu’intervient la série de débats organisés par l’ATR-FNAUT.

Programme des conférences

Voici l’annonce de la série de débats organisés par l’association ATR-FNAUT.

Le projet de route en mer de la Région Réunion ne tient pas ses promesses et risque un dérapage financier qui sera supporté par tous les contribuables. En l’état, il vient de recevoir un avis défavorable de la Commission nationale pour la Protection de la Nature, qui a suivi en cela les recommandations de la Commission régionale.

L’association "Alternatives Transport Réunion-FNAUT" organise une série de conférences-débats : La DUP de mars 2012 est-elle encore valide ? La route en mer peut-elle encore se faire ?

- Lundi 15 juillet, Le Port, salle Cœur Saignant, 16h30 Avenue Louis Aragon

- Mardi 16 juillet Saint-Paul (lieu à préciser), 16h30

- Mercredi 17 juillet, Saint-Denis, salle polyvalente de la mairie, 16h30

- Jeudi 18 juillet, Saint-Louis (lieu à préciser)

- Vendredi 19 juillet, Sainte-Suzanne (lieu à préciser)

D’autres conférences sont en préparation.
An plis ke sa

NRL ou route en mer ?

L’appellation Nouvelle route du littoral (NRL) est impropre puisque cette route ne sera plus en pied de falaise, mais éloignée en mer de 60 à 200 mètres.

Or, une route littorale est construite sur une bande côtière dans une emprise terrestre. Ce qui n’est pas le cas. Cette appellation abusive minimise les risques marins de la route projetée qui sera soumise aux aléas de l’océan indien !

Où sont les carrières ?

Les ressources locales rares soulèvent les contestations. Il est difficile de trouver des carrières nécessaires aux digues, aussi bien à La Possession qu’à Saint-Paul.

Quelle hauteur pour le dérapage financier ?

Des surcoûts sont encore à prévoir :

- mesures compensatoires environnementales supplémentaires imposées par le CSNPN,

- surcoût pour fondations des piles (environ 200) du viaduc après sondages exhaustifs incontournables,

- en cas de prolongement du viaduc, faute d’enrochement pour réaliser les digues,

- cours des matières premières, indemnisation de Tram’Tiss…

En cas d’accident ?

La Réunion ne pourra pas faire face aux conséquences d’un dépassement toujours possible des risques centenaires pour lesquels les ouvrages sont calculés (comme à Fukushima au Japon).

En outre, le projet intègre le principe de la ruine de 6 travées de 120 mètres en « fusible » en cas de dérive de certains bateaux.

Or, la destruction de la route littorale actuelle (transformée en voie de service face au viaduc) nous oblige à reporter le trafic sur le CD41 de la montagne incapable d’accueillir les 60.000 véhicules journaliers !

Faudra-t-il sept ans pour mobiliser les financements, choisir hors de l’île les entreprises de compétences spécialisées, dégager les ruines et reconstruire l’ouvrage ?


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