Déplacements - Transports

L’Alliance : « Première pierre artificielle pour une route virtuelle »

Pose du « premier bloc acropode » de la route en mer :

Témoignages.re / 19 décembre 2013

Dans un communiqué, l’Alliance donne sa position au sujet de l’opération de communication prévue demain 20 décembre par la Région. Elle rappelle que rien n’est réglé au sujet des autorisations pour débuter le chantier de la nouvelle route du littoral. Par ailleurs, procéder à la pose d’une première pierre un 20 décembre, journée pour laquelle les syndicats bataillent pour obtenir le respect du jour férié, montre combien la Région Réunion et son président Didier Robert ne respectent pas la mémoire des Réunionnais.

« Décidément, la communication tient lieu d’action pour la Région.

Pris au piège de sa promesse de démarrer les travaux de la route en mer avant la fin de cette année, Didier Robert a choisi la date du 20 décembre pour poser la première pierre du chantier.

Or, à ce jour, rien n’est définitivement réglé : dérogations au titre des espèces protégées toujours en attente de décision, recours introduit par des associations de protection de l’environnement concernant le respect de la loi sur l’eau, recours contre la DUP, pas de solution garantie pour le financement de la nouvelle entrée Ouest de Saint-Denis…

Quant au financement du projet de la route en mer, la Région met en avant un prêt obtenu auprès de la Caisse des Dépôts et Consignation. Il faut savoir que ce prêt avait été négocié à l’époque pour assurer essentiellement le financement du tram train. La Région a décidé de réorienter la quasi totalité de ce prêt pour le financement de son projet de route en mer. Un prêt qui sera insuffisant pour financer ce qui sera le coût réel de ce chantier aberrant, et qu’il faudra bien rembourser. Cela pèsera sur les finances de la Région et du contribuable réunionnais.

L’absence d’infrastructures routières adaptées crée quotidiennement le coma circulatoire. Or, ce projet n’apportera en rien, une solution durable de transports alternatifs viables et efficaces. Pire, il hypothèque pour les Réunionnais la possibilité de voir émerger demain, un projet de transport ferroviaire à la hauteur des enjeux.

Comble de la mascarade qui se prépare, le choix du 20 Décembre, date historique, jour de célébration de l’abolition de l’esclavage.

Depuis 2010, à travers le festival dénommé « liberté métisse », en lieu et place de la « Fet Kaf », fête réunionnaise de la liberté, la Région n’a eu de cesse de détourner le sens de cette journée de mémoire, de porter atteinte à l’identité réunionnaise. Choisir cette année le 20 décembre pour communiquer sur la route du littoral, c’est, cette fois encore, ne pas respecter cette date et la mémoire des Réunionnais.

Le 20 Décembre, les Réunionnais célèbrent l’abolition de l’esclavage. La com sur la route en mer n’a pas sa place. »


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