Déplacements - Transports

La route en mer au cœur de la Conférence de Paris sur le climat

L’Alliance demande au gouvernement d’arrêter de signer des dérogations à la protection de l’environnement au profit de la Région Réunion

Témoignages.re / 25 juillet 2014

A l’ordre du jour de la conférence de presse de l’Alliance, le projet de route en mer voulu par Didier Robert, président de la Région Réunion. Si le gouvernement persiste à soutenir cette gabegie condamnée par le Conseil national pour la protection de la Nature et les ONG environnementales, alors la construction d’une route en mer sera au cœur de la Conférence de Paris sur le climat, et le gouvernement devra expliquer l’écart entre les beaux discours et la réalité de ses actes.

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L’organisateur de la conférence de Paris sur le climat soutiendra-t-il ce projet destructeur pour l’environnement ?

« On accueille un président de la République qui prépare la conférence de Paris 2015 et pendant ce temps à La Réunion, il existe un projet aberrant par rapport au développement durable », précise Catherine Gaud, conseillère régionale de l’Alliance. La nouvelle route du littoral va à l’encontre de réalités incontournables, telles que l’élévation du niveau de la mer, le risque de pertes humaines, des cyclones plus intenses. « On plante la route dans la zone où se développe le retour des baleines », déplore Catherine Gaud. Outre les baleines, à l’orientation perturbée en cas de nuisances sonores, le grand dauphin blanc et le récif corallien seront aussi les victimes de ce chantier
« Le projet de nouvelle route du littoral condamne La Réunion au tout-automobile », poursuit-elle, avec une facture de plusieurs centaines millions d’euros chaque année à la clé.

Chantier pas commencé

La NRL est inégalitaire. Ce projet privilégie la zone Nord, condamne les Réunionnais les plus pauvres qui pourraient payer un ticket de train pour se déplacer. Ils ne pourront pas le faire. L’Est, le Sud et l’Ouest de l’île seront oubliés.
Catherine Gaud met aussi en évidence le problème des carrières, « on creuse La Réunion, sans être sûr de la disponibilité des matériaux ».
« La NRL ne règle pas le problème des déplacements, rien n’est prévu pour entrée Ouest de Saint-Denis », ajoute-t-elle. C’est un projet extrêmement coûteux, l’estimation à 1,6 milliard ne tient pas compte de l’index du BTP et des aléas de chantier.
Pour les procédures, rien n’est bouclé, avertit Catherine Gaud. Il reste de nombreux recours d’associations, celui d’Eiffage, et un marché très important n’est pas conclu.
Pendant ce temps, c’est l’Etat qui passe outre les avis et qui passe en force pour la NRL.
« François Hollande est-il d’accord pour installer le projet aberrant, le plus cher, à marche forcée », interroge la conseillère régionale. Le gouvernement donne les autorisations, c’est de lui que dépend le chantier qui n’est pas commencé.
« Il n’est pas trop tard pour arrêter un projet qui aspire tous les crédits », poursuit-elle. Car rien n’est prévu pour les hôpitaux, des 4 lycées nécessaires dans les prochaines années, à peine une partie d’un seul est financée.
On a fait le choix d’aller vers la route, et donc de privilégier les usagers les plus riches », dit-elle.

Un dossier remis à chaque participant}

Paul Vergès souligne que si on avait décidé de faire un pont entre France et Angleterre, il y aurait eu de nombreuses protestations. A La Réunion dans une zone tropicale, soumise aux cyclones, c’est le choix d’une route en mer.
Il est simple d’arrêter à peu de frais ce gaspillage. Il suffit que le gouvernement ne donne pas les dérogations. Et Paul Vergès d’interroger : « pourquoi est-ce le seul grand chantier qui n’a pas été évalué. Pourquoi les instances compétentes dans la protection de l’environnement ont-elles condamné le projet. Et de conclure : le problème de la NRL sera à la conférence de Paris et le dossier sera remis à tous les participants.


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