Déplacements - Transports

Le président de Région va rendre hommage à la réalisation de Paul Vergès

23 juin 2010, premier anniversaire de la Route des Tamarins

Manuel Marchal / 22 juin 2010

23 juin 2009 - 23 juin 2010, cela fera demain un an que Paul Vergès a ouvert la Route des Tamarins. Depuis cette date, la vie de nombreux Réunionnais a changé. Et ce 23 juin, le président de la Région rendra hommage à la réalisation de Paul Vergès, qui a permis le désenclavement du Sud et de l’Ouest de notre pays. La Route des Tamarins, c’est l’œuvre de tous au service de tous.

La Réunion a connu le 23 juin 2009 un jour historique. C’est un chantier de 1,4 milliard d’euros qui a été mené à bien par des Réunionnais, financé à 85% par la Région, et à 15% par l’Europe. Résultat d’un choix politique, cette réalisation de Paul Vergès connaîtra demain l’hommage du président de la Région. Cette célébration est le moment d’un travail de mémoire.
Car ce premier anniversaire de la Route des Tamarins donne un coup de projecteur sur les différentes étapes qui ont permis de concrétiser ce qui était à l’époque le plus gros chantier de l’Union européenne, mais qui a été financé à 85% par le Fonds d’investissement routier géré par la Région.
En 1986, Pierre Lagourgue est élu président de la Région dans le cadre d’une coalition avec le Parti communiste réunionnais, les socialistes et les centristes du FRA. Paul Vergès est élu 1er vice-président.
Pierre Lagourgue a été combattu par la droite ultra inspirée par Michel Debré. Mais cette opposition sectaire n’a pas empêché de lancer un vaste programme. Les lois de décentralisation ont amené la Région à exercer de nouvelles compétences. La présidence de Pierre Lagourgue a donc été marquée par l’élaboration d’un plan de construction de lycées et de routes.
Dans ce cadre, Pierre Lagourgue avait prévu la construction d’une quatre-voies autour de l’île et en bordure du littoral, en accord avec les services de l’État. Mais Paul Bénard, maire de Saint-Paul, a refusé le passage d’une quatre-voies sur le littoral de sa commune, et il a tout au plus autorisé la construction du contournement de Saint-Gilles les Bains.
Les services de l’État gardent donc sous le coude le projet d’une quatre-voies par les bas dans l’Ouest, et entament alors des discussions avec les Mairies concernées pour la construction de la voie rapide. Les travaux débutent pour les parties Sud entre l’Etang Salé et Saint-Pierre, et dans l’Est entre Saint-Denis et Saint-Benoît.
Mais après le décès de Paul Bénard, c’est une nouvelle équipe qui arrive à la direction de Saint-Paul, conduite par Cassam Moussa alors que Paul Vergès siège dans l’opposition. Le Conseil municipal met alors à l’ordre du jour une délibération prévoyant le passage de la quatre-voies sur le littoral dans l’Ouest. Paul Vergès s’est alors opposé à la réalisation de cette infrastructure. Les arguments avancés ont été la protection du littoral, et la prise en compte du fait que l’accroissement de la population va se faire surtout à mi-pente et que c’est l’occasion de lancer entre Saint-Paul et Saint-Leu le premier maillon d’une route de moyenne altitude circulaire à La Réunion.
Le premier vice-président de la Région rencontre alors le directeur de l’Équipement puis le débat est porté au Conseil régional.
Paul Vergès plaide pour le tracé à mi-pente, et la Région et l’État vont porter l’affaire devant le Conseil national des routes. Cette instance tranche en faveur de la thèse défendue par Paul Vergès, la route de moyenne altitude. Pierre Lagourgue a alors souligné sa satisfaction devant le résultat obtenu. L’autoroute de l’Ouest par les bas ne sera pas construite, ce sera la Route des Tamarins.

D’un montant de 1,4 milliard d’euros à cause de la hausse brutale des prix des matières premières, la route a été financée à 85% par le FIRT, donc les Réunionnais, et à 15% par l’Europe. Ces 15% représentaient malgré tout l’investissement le plus important de l’Union européenne dans un chantier.
La Route des Tamarins a eu des opposants farouches. Ils argumentaient sur le gouffre financier et Michel Vergoz n’hésitait pas à parler de "Tamarins amers".
Mais maintenant que la route est terminée, l’infrastructure montre tout son intérêt. La Route des Tamarins a fait sauter les embouteillages de l’Ouest, et elle a donc désenclavé le Sud. C’est une route qui ne sert pas uniquement à aller d’un point à un autre. C’est une route de développement.
Depuis 1 an, tout le monde mesure l’importance du changement, les entreprises en premier.
Chacun comprend également qu’une telle réussite relève de choix politiques qui ont permis de préserver le littoral du passage d’une autoroute. Le président Lagourgue avait comme mission de coordonner les positions. Son mérite est d’avoir accepté la discussion, quitte à remettre en cause son point de vue.
Un autre mérite est à l’actif du dialogue, c’est le carrefour du Sacré Cœur au Port.
À l’origine, les services de l’État avaient prévu une chaussée surélevée de 6 mètres qui aurait séparé Le Port de la Rivière des Galets par un mur. Tous les services étaient pour ce projet qui a été remis en cause par Paul Vergès. Ce dernier a alors présenté le rond-point avec la voie-express qui passe en dessous. Son point de vue a été exprimé et retenu par Pierre Lagourgue, même s’il a fallu retarder le chantier.
L’abandon de l’autoroute des bas de l’Ouest et le rond-point du Sacré-Cœur suffisent à démontrer l’esprit qui animait Pierre Lagourgue.
Et pour la Route des Tamarins, Paul Vergès n’a pas hésité à saluer le mérite des entreprises qui ont réussi à trouver des solutions, et des travailleurs qui ont su surmonter les difficultés.
La Route des Tamarins, c’est l’œuvre de tous au service de tous.

M.M.


Le plus gros chantier de l’Union européenne

La Route des Tamarins est le plus gros chantier routier jamais réalisé par une collectivité territoriale tant par son montant que par l’envergure et la complexité des travaux, mais elle a également été le plus grand chantier du moment dans l’Union européenne.

• 33,7 km
• 120 ouvrages d’art dont 4 exceptionnels
• 9 échangeurs
• 1 tunnel
• 2 tranchées couvertes
• des centaines d’entreprises du BTP
• plus d’1 milliard d’euros d’investissement
• 6 ans de chantier

Véritablement hors norme, dans un contexte insulaire et tropical éloigné des grands pôles économiques, ce projet a relevé de nombreux défis environnementaux et techniques.
Il a fallu faire preuve d’une grande inventivité pour résoudre les contraintes résultant aussi bien de la fragilité des écosystèmes environnants que des ressources humaines et matérielles limitées en raison de l’insularité du chantier : difficultés d’approvisionnement pour des produits spécifiques, absence de certaines filières ou spécialités sur place, …


1,4 milliard d’euros

Gestionnaire du Fonds d’investissement des routes et des transports (FIRT) alimenté par une taxe sur les carburants, la Région Réunion a financé 85% du projet (931 millions d’euros dont 500 millions ont été empruntés auprès de la Banque européenne d’investissement et d’un pool bancaire : Crédit Agricole, Banque de la Réunion, BRED, Caisse d’Épargne et Dexia).
L’Europe a participé au financement avec un budget de 160 millions d’euros.


Les grandes dates

1990 : Réflexion sur le réseau routier et étude du Schéma d’Aménagement régional (SAR)
1991 : Le Conseil régional approuve le principe d’une concession pour la liaison Saint-Paul / Saint- Leu
1993 : Le Conseil régional approuve le projet d’un tracé à mi-pente
26 juin 1998 : Choix d’une route express libre accès. Le Conseil régional décide de la financer sur le Fonds d’investissement routier et des transports (FIRT)
11 octobre 2000 : Le ministre de l’Équipement approuve l’avant-projet sommaire modificatif
Décembre 2000/Janvier 2001 : Enquête publique
Octobre/Novembre 2001 : Enquête complémentaire sur les modifications au projet (Cap La
Houssaye et Piton Saint-Leu)
3 mai 2002 : Décret déclarant l’opération d’utilité publique
21 janvier 2003 : L’État délègue une partie de la maîtrise d’ouvrage à la Région Réunion.
Mai 2003 : Début des travaux (pistes de chantier du secteur Grande Ravine)
Septembre 2003 : Premier coup de pioche
Mars 2004 : Notification du premier gros marché de terrassements (entre RD10 et ravine Trois- Bassins) et du premier marché d’ouvrages d’art non courant (ravine Ermitage, Bras de l’Ermitage et Cocâtre)
12 juillet 2005 : Inauguration du chantier sur le site des viaducs de Fleurimont
23 juin 2009 : Mise en service de la route


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