Déplacements - Transports

Les Réunionnais privés de tram-train

En France : ouverture d’un réseau à Lyon, travaux à Nantes

Témoignages.re / 26 septembre 2012

À La Réunion, les conservateurs se plaisent à dire que La Réunion est une région française de l’océan Indien. Dans sa page "Collectivités locales" de lundi dernier, "Les Echos" mettent justement en avant deux régions françaises dans lesquelles le tram-train est l’outil de la modernisation des transports : Lyon et la Bretagne.
Lyon est une agglomération d’un peu plus d’un million d’habitants, tandis que celle de Nantes est moitié moins peuplée. La Réunion d’aujourd’hui se situe entre ces deux valeurs, et dans quelques années sa population sera comparable à celle de Lyon.
Qu’auraient dit les habitants de ces régions et leurs élus si un des leurs leur avait déclaré que 2.000 bus allaient remplacer un projet de tram-train ? Comment auraient-il agi si cet élu avait mis cette menace folle à exécution ? Il est clair que de tels propos n’auraient fait qu’amuser la galerie.
Mais à La Réunion, la coalition des conservateurs a pu bénéficier d’appuis si importants qu’elle s’est permise de dire en toute impunité aux Réunionnais : "vous ne méritez pas un tram-train, contentez-vous de rouler dans des bus".
Cette mascarade ne pourra plus tenir longtemps.

Dans "les Echos" de lundi

"Lyon a enfin un tram-train pour désenclaver sa banlieue Ouest"http://abonnement.lesechos.fr/offre...

Nous reproduisons ci-après un article paru le 24 septembre dans “Les Échos”, sous la signature de Marie-Annick Depagneux et Dominique Malecot, relatif à l’inauguration d’une nouvelle ligne de tram-train dans la banlieue lyonnaise. Deux autres lignes sont aussi en projet.

Avec un an de retard, seule une des trois lignes prévues pour desservir la banlieue lyonnaise est mise en service commercial aujourd’hui (lundi-NDLR). A ce stade, l’opération a déjà coûté 297 millions d’euros, dont plus de 100 pour acheter le matériel.

La famille des trams-trains français s’agrandit. Samedi dernier, la ligne desservant l’Ouest lyonnais a été inaugurée. Le trajet Lyon (gare Saint-Paul)-Saint-Bel via l’Arbresle est le premier à bénéficier de ce nouveau service. Viendra ensuite le tour de Lyon-Brignais (au Sud-Ouest), en principe début décembre. Quant au troisième itinéraire Lyon-Lozanne, aucune date n’est fixée à ce stade, car il faut au préalable procéder à son électrification, comme pour les deux autres tracés.

Plus rapide qu’un tramway et apte à circuler tant sur le réseau ferroviaire que sur les voies urbaines construites pour les trams, le tram-train est vu comme le moyen de relier la grande périphérie des villes au centre. Un type de matériel également mieux adapté aux démarrages et arrêts fréquents que les convois classiques. L’Ile-de-France en utilise depuis 2004 entre Aulnay et Bondy sur une ligne de 7,9 kilomètres appelée à s’étendre à l’Ouest et à l’Est. Sont en service aussi les 26 kilomètres de Nantes-Clisson ou Mulhouse-vallée de la Thur sur 22 kilomètres et le prolongement, sur 1,5 kilomètre, du tram-train allemand de Saarbruck jusqu’à Sarreguemines.

La longueur totale du réseau français exploité en tram-train est appelée à tripler dans les six prochaines années pour atteindre près de 190 kilomètres.

A Lyon, le calendrier de réalisation de la première ligne a un an de retard en raison des délais d’homologation du nouveau matériel roulant, le Dualis. Il a été construit par Alstom dans le cadre d’un appel d’offres commun lancé en 2006 par la région Rhône-Alpes, les Pays de la Loire et le Groupement des autorités responsables de transport (GART). Au total, la modernisation de l’Ouest lyonnais devrait coûter 297 millions d’euros. En sa qualité d’autorité organisatrice des transports, la Région a déboursé, seule, 102 millions pour la première tranche des 24 trams-trains. Elle a financé avec le soutien de l’Etat, de RFF, de la SNCF et des collectivités (Grand Lyon, départements et communes) les 150 millions de travaux effectués pour rénover le réseau proprement dit (voie ferrée, électrification, adaptation de la signalisation et réaménagement des quais), 29,5 millions pour les gares (23 dont une nouvelle) et l’extension des parkings. S’ajoutent 15,5 millions pour l’atelier de maintenance spécifique.

Doubler le nombre de voyageurs

Comme les trains de banlieue de l’Ile-de-France, le tram-train de l’Ouest lyonnais est exploité sans contrôleur à bord, ce qui a suscité de vives protestations des syndicats. SUD-rail a d’ailleurs appelé à la grève pour aujourd’hui (lundi-NDLR), première journée d’exploitation commerciale de la ligne.

La décision de remettre à niveau la desserte ferroviaire de l’Ouest de l’agglomération s’explique par sa vétusté, mais aussi par le fait qu’elle accueille de plus en plus de jeunes couples venus de Lyon à la recherche de terrains et de maisons moins chères. Des couples qui se déplacent en voiture. Seuls 3% des trajets journaliers s’effectuent par le train. « Il s’agit de proposer une alternative crédible à l’usage de la voiture individuelle sur un territoire où la saturation des accès routiers rend sa mise en œuvre nécessaire et urgente », répète Jean-Jack Queyranne, Président socialiste du Conseil régional de Rhône-Alpes. Le doublement du nombre des voyageurs (à 13.200) est espéré d’ici à la fin de l’année.

(Source “Les Echos”)

« Grands travaux pour rouvrir la ligne Nantes-Châteaubriant »


Un article paru dans “Les Échos” du 24 septembre, sous la signature d’Emmanuel Guimard, parle de la réouverture d’une ligne tram-train sur l’ancienne voie ferrée Nantes-Châteaubriant, sur 64 kilomètres, représentant un investissement proche de 280 millions d’euros. Extrait :

« La vieille ligne de chemin de fer Nantes-Châteaubriant va connaître une nouvelle vie en 2013 grâce au tram-train. La région des Pays de la Loire, organisatrice des transports sur son territoire, fut la première en France à choisir ce matériel conçu par Alstom. Le tram-train est en effet mieux adapté à la nouvelle vocation périurbaine de cette ligne de 64 kilomètres, ouverte en 1877 et fermée en 1980 au trafic voyageur. Mieux qu’un train classique, ce véhicule surbaissé peut accélérer et décélérer entre les 11 stations du parcours, desservant la partie Nord de la Loire-Atlantique. »


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