Déplacements - Transports

Mener de front la satisfaction des besoins immédiats et les objectifs à moyen terme

Ouverture de la déviation de Grand-Bois

YVDE / 27 février 2010

Les habitants de Grand-Bois qui voyaient passer chaque jour 30.000 véhicules vont pouvoir respirer avec l’ouverture de la déviation. Mais plus qu’une route de contournement, c’est un élément du développement du Sud qui a été ouvert hier à la circulation.

Hier vers 11h30. Les premiers véhicules empruntent la déviation de Grand-Bois dans les deux sens. « On a l’impression d’inaugurer la route des Tamarins en plus petit », souffle notre voisin. Il y a un peu de cela. Paul Vergès, président de la Région, dans son intervention, a bien montré, à propos des déplacements dans le Sud, qu’il était important « de voir le problème dans sa globalité et dans sa perspective à 25 ans. Le blocage essentiel à l’intégration économique du Sud était la liaison entre le Sud et le Nord (…) La 1ère urgence était donc de supprimer les encombrements de Saint-Leu et de Saint-Paul pour ouvrir le Sud au reste de l’île avec la route des Tamarins ».
Paul Vergès remarque que l’on a entendu certains dire « que l’on investissait des millions dans l’Ouest au détriment du Sud. Alors que la route des Tamarins traverse l’Ouest pour désenclaver le Sud ». Et par ailleurs, Philippe Berne souligne que « la route des Tamarins a joué dans les deux sens — ce qui n’a pas été réussi dans l’Est ». Il en veut pour preuve l’afflux nouveau de clientèle vers les commerces du centre-ville de Saint-Pierre et l’ouverture du pôle de Pierrefonds.
C’est que le Sud, note encore Paul Vergès, va accueillir la part la plus importante des quelques 200.000 habitants supplémentaires que l’île va enregistrer dans les quinze prochaines années. C’est là aussi que l’on trouve la majorité des terres agricoles nécessaires à l’indispensable autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi, il est important « de mener de front la satisfaction des besoins immédiats et les objectifs à 25 ans ».

Anticipation

Il en va ainsi de la déviation de Saint-Joseph, mais aussi du pont de la rivière Saint-Étienne. L’ancien pont sera réservé à la liaison ferroviaire et le nouveau pont — à l’initiative de la Région — sera à 2x2 voies. C’est encore le cas pour la déviation de Grand-Bois. Elle va rendre la vie plus facile aux habitants de Grand-Bois et ce sera un soulagement pour les automobilistes. Mais Paul Vergès note aussi que cette solution va durer un certain nombre d’années. Et l’on va devoir anticiper sur les événements. Le nombre de véhicules a doublé en douze ans. Dans le même temps, la Région a construit 60 km de 2x2 voies et modernisé 160 km de voies expresses. Dans dix ans, on risque pourtant de se retrouver dans la même situation. C’est pourquoi il y a urgence à mettre en place un nouveau mode de transport : le Tram-train de Saint-Benoît à Saint-Joseph. « Nous allons droit dans le mur, si nous ne faisons rien. Le Tram-train est une nécessité absolue pour le désenclavement du Sud, la cohésion sociale et le développement durable », note le président de la Région.
De plus, il indique que les routes vont devoir traverser des zones de peuplement dans le Sud et que la population en moyenne altitude sera plus importante. Il importe donc, selon lui, de « sortir des dénominations des routes (nationales, départementales... NDLR) et d’arriver à traiter globalement le problème de la route de moyenne altitude ». Le franchissement du Bras de Plaine, la poursuite de la route de moyenne altitude jusqu’aux Lianes… sont autant de nécessités pour poursuivre le développement du Sud.
« Nous ferons alors revivre le Sud du début du siècle dernier qui disposait d’une industrie qui créait des richesses et de la plus-value… », a conclu Paul Vergès.

YVDE


Philippe Berne, vice-président chargé de l’aménagement

• Une série de contraintes incontournables

Philippe Berne explique comment, après concertation avec le milieu agricole, le tracé de la route a été modifié pour préserver à la fois les terres agricoles dans sa partie haute et les parties à urbaniser dans sa partie basse, en accord avec le Plan local d’urbanisation (PLU) de Saint-Pierre. « Nous avons travaillé très vite à partir de la Déclaration d’utilité publique », note le vice-président. Il a fallu pourtant un certain nombre d’années compte-tenu des contraintes de la loi : avant-projet sommaire qui sert de base à l’enquête publique, déclaration d’utilité publique, consultation de la direction régionale de l’Environnement pour l’évacuation des eaux, etc. Au total huit ans. Moins que pour la route des Tamarins — mais quand même. Quand on voit que certains proposent de commencer à construire une route sur un viaduc en moins de deux mois, on croit rêver.
Pour conclure, Philippe Berne se « félicite de la livraison de la déviation qui va apporter un bol d’air aux automobilistes de Grand-Bois, de Petite-Île et de Saint-Joseph ». Même si pendant trois semaines, l’amélioration du flux de véhicules ne sera pas à son maximum, parce qu’il faut terminer les ronds-points de la Cafrine et de Mondon.


An plis ke sa

• Poursuivre l’aménagement...
Philippe Berne indique que cet ouvrage « s’inscrit dans une logique d’aménagement du Sud ». Ainsi le pont de la rivière des Remparts à Saint-Joseph est commencé et sera livré en 2012. Il apportera une amélioration de la circulation, sans attendre l’ouverture de la route de contournement. D‘autre part, les travaux du pont de la rivière Saint-Étienne commencent… et puis, une nouvelle liaison nouvelle est indispensable entre Asile Balance et la Ravine des Cabris.

• Desserte de Grand-Bois les Hauts
Le village de Grand-Bois les Hauts est actuellement desservi par une route à deux voies qui longe sur trois km la 2x2 voies. L’accès va être amélioré. Mais pour cela, il est nécessaire de demander une nouvelle Déclaration d’utilité publique (DUP). Car l’ancienne ne prévoyait pas la maîtrise de certaines des emprises qui seront nécessaires à cette amélioration.

• La déviation en chiffres
La déviation de Grand-Bois est une voie nouvelle de 2x2 voies d’une longueur de 4 km. Elle a nécessité la construction de 2 échangeurs dénivelés, de 5 ouvrages d’art et de 9 ouvrages hydrauliques. Une contre-allée de 3 km et 2 passages inférieurs assurent la desserte des exploitations agricoles. La vitesse est limitée à 90 km/h « pour une circulation apaisée ». Le coût de l’opération s’élève à 75 millions d’euros.

• La Direction des routes
Ce n’est que depuis 2008 que la compétence sur les routes nationales est passée de l’État à la Région et qu’a été créée la Direction régionale des routes. Philippe Berne s’est félicité de la réactivité de ce service qui, grâce à la confiance qui règne entre ce dernier et les élus, a fait montre de réactivité lors des dernières grosses pluies ; tant pour la réouverture du radier de la rivière Saint-Étienne que pour le basculement de la route littorale.


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