Déplacements - Transports

Mouvement des chauffeurs de taxi contre les bus aux aéroports : précisions du Conseil général

Blocus des arrêts de bus dans les aéroports de La Réunion

Témoignages.re / 15 décembre 2014

Des chauffeurs de taxi ont choisi d’empêcher les bus du réseau départemental de transport Car Jaune de desservir les arrêts des deux aéroports. Le conseil général apporte des précisions sur cette situation.

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Photo Toniox

Les taxiteurs de l’aéroport international Roland Garros ont décidé de bloquer l’accès de bus Car jaune qui doivent desservir les aéroports de Pierrefonds dans le Sud et de Roland Garros dans le Nord, en justifiant leur mouvement contre les effets de la concurrence du transport en commun public, qui mettrait à mal leur activité.

Le Conseil Général entend rétablir la vérité par rapport à nombre d’affirmations qu’il estime infondées.

1°- La situation actuelle, avec un arrêt situé en vérité à près de 400 mètres de l’aérogare, n’est pas favorable au développement d’une offre publique de déplacement pour les salariés de l’aéroport comme pour les passagers des compagnies aériennes et leurs accompagnants fréquentant l’équipement. Elle ne contribue pas non plus à valoriser l’image touristique de notre île.
Le Conseil Général défend l’idée que transport collectif et taxis, loin d’être deux modes de déplacement en concurrence, sont des activités complémentaires.
Le Conseil Général veut offrir aux usagers des aéroports, résidents, touristes, ou salariés de la zone aéroportuaire, la diversité de choix de modes de déplacement dont ils bénéficient dans tous les aéroports du monde : transport en commun public ou privé, taxis, locations de voiture, etc.
La ligne T assure la desserte des zones balnéaires en reliant les deux aéroports, répondant aux besoins d’un public non couvert actuellement, donc à destination d’une nouvelle clientèle, les touristes, mais également des usagers réunionnais qui souhaitent se rendre rapidement vers les plages.

2°- Contrairement à ce qui est affirmé par les taxiteurs, la concertation avec la profession est en place depuis plusieurs mois.
Rappelons qu’en juin 2011, lorsqu’une compagnie aérienne privée a voulu mettre en place une navette desservant l’aéroport Roland Garros, les taxiteurs avaient manifesté leur opposition au motif que cette navette relevait des compétences du Conseil Général en matière de transport routier régulier non-urbain de voyageurs et ne pouvait être exercée par une compagnie privée.
Depuis l’approbation en séance Publique du Plan Départemental des Transports le 12 décembre 2012, le Conseil Général a rencontré à plusieurs reprises la Chambre de Commerce et d’Industrie dont les taxiteurs sont ressortissants, et ont donc été informés des intentions de desserte de l’aéroport. Nombre de communications publiques ont également été faites pour présenter les services envisagés.

Le Conseil Général, par courrier du 12 juin 2013, dont copie a été faite aux représentants des taxiteurs, a été à l’initiative d’une proposition d’une étude conjointe avec l’ensemble des acteurs, Autorités Organisatrices de Transport (Région, CINOR, CIREST, TCO, CIVIS et CASUD), Chambre de Commerce et Chambre des Métiers, pour évaluer les besoins nombreux de transport qui ne peuvent être satisfaits par les simples services réguliers de transport urbains et interurbain (desserte des écarts, desserte au delà des horaires des services réguliers, transport à la demande des PMR,.).

D’ailleurs, la Chambre de Commerce comme la Chambre des Métiers, auxquelles sont affiliés les taxiteurs, ont répondu favorablement à cette démarche. La CCIR a même organisé un séminaire sur le sujet.
Une réunion à l’initiative de la CCIR a eu lieu le 17 septembre 2013, à laquelle ont été invités toutes les AOT et les représentants des taxiteurs. Une déclaration commune d’intention a été visée par le Conseil Général et la CCIR, les autres Autorités Organisatrices de Transport n’y ont pas donné suite.

La Présidente du Conseil Général se réjouit d’ailleurs que, par communiqué du 11 décembre 2014, le Président de la Région manifeste le souhait de participer à cette démarche d’intégration des taxis à l’organisation globale des transports, démarche initiée depuis 2013 par le Conseil Général.

3°- Le Conseil Général apporte depuis de très nombreuses années une activité pérenne et conséquente à la profession des taxiteurs.
Le Conseil Général a depuis de très nombreuses années fait le choix d’aller au-delà de ses obligations en organisant le transport scolaire des élèves et étudiants handicapés, et en indemnisant les familles pour le transport de leurs enfants porteurs de handicap vers les établissements scolaires et universitaires. Les taxiteurs, à titre individuel ou regroupés en coopérative ou autres structures collectives, sont titulaires d’un nombre important de marchés publics pour l’exécution de ces services, à hauteur de 4,1 millions d’euros par an.
Une grande majorité des taxiteurs bénéficie d’un agrément Pass Transport, qui est une aide individuelle de 300 euros par an attribuée aux personnes handicapées pour effectuer leurs déplacements. Cette aide est utilisable auprès d’un réseau de 230 partenaires affiliés, quasi-exclusivement des taxis. Ainsi, 9 580 bénéficiaires en 2013 ont pu régulièrement régler leurs déplacements en taxis grâce à ce moyen de paiement.
Le Conseil Général apporte également aux Foyers d’Accueil Occupationnels (FAO) pour les personnes handicapées une aide au transport qui représente 1,3 Millions d’euro par an. Les FAO recourent alors à des prestataires de transport, notamment les taxis.

4°- Le Conseil Général a proposé en vain depuis plusieurs mois aux taxiteurs des pistes de réflexions sur des niches d’activités leur permettant d’être intégrés durablement à l’offre globale de transport à La Réunion.
Encore récemment, lors des échanges organisés pour entendre leurs revendications et essayer d’y apporter des réponses), différentes pistes ont été évoquées :
– complémentarité spatio-temporelle du réseau de transport public (aux horaires où les réseaux de transport urbains et interurbain ne fonctionnent plus ; aux endroits que ces réseaux ne desservent pas) ;
– transport à la demande (par exemple pour assurer des sorties nocturnes et participer ainsi à la prévention de la conduite après consommation d’alcool) ;
– services à destination des étudiants aux sorties de cours tardives, conjuguant prix modique pour l’usager mais rémunération adaptée pour les taxiteurs ;
– renforcement des services de Transport à la demande pour les Personnes à Mobilité Réduite.
L’ensemble de ces potentiels aurait pu être examiné plus précisément dans l’étude de marché que le Conseil Général avait préconisée.
A notre grand regret, malgré une implication initiale des chambres consulaires dans cette démarche, les taxiteurs ont catégoriquement refusé ces ouvertures.

Telles sont les vérités qu’il était nécessaire de rétablir.
Déterminé à offrir la desserte des aéroports par le transport public interurbain, le Conseil Général, dans un souci d’ouverture, maintient sa proposition faite aux taxiteurs, d’œuvrer à la concrétisation des pistes de réflexion sur les potentiels d’activités susceptibles de compenser, à partir de données fiables attestant de la volonté de transparence des partenaires, d’éventuelles baisses de leur activité liées à la nouvelle desserte des lignes ZE et T.
Il propose que l’Etat accompagne les Autorités Organisatrices de Transport (Région, CINOR, CIREST, TCO, CIVIS et CASUD) et les chambres consulaires dans une démarche qui vise à offrir aux taxiteurs la place de profiter d’activités complémentaires à un système de transport collectifs apte à répondre aux besoins de déplacements des Réunionnais.


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