Déplacements - Transports

Où est le premier des 2.000 bus promis par Didier Robert ?

Demain, la journée des transports publics

Manuel Marchal / 14 septembre 2010

Le début de cette semaine de la mobilité est marqué par une opération de promotion des réseaux de bus. Les nombreux usagers qui vont utiliser demain le ticket à un euro ne pourront pas monter dans un bus aux couleurs de la Région, d’ailleurs, aucun bus de la Région ne circulera. Tout simplement parce que la compétence de la Région, c’est de construire des réseaux ferroviaires, comme le tram-train, mais pas de faire circuler 2.000 bus.

Durant la campagne électorale des régionales, Didier Robert, membre du bureau politique de l’UMP, a promis la mise en circulation de 2.000 bus par la Région, regroupés au sein du Trans-eco-express. Selon le programme vendu aux Réunionnais, le Trans-eco-express, ce sont en effet « 2.000 bus en voie réservée sur l’ensemble des 24 communes pour couvrir toutes les villes, les quartiers et les écarts (650 millions d’euros d’investissement sur 3 ans, engagés dès 2010) ». C’est demain qu’a lieu la journée du transport public, et pour un euro, il sera possible de circuler sur tous les réseaux de bus de La Réunion.
C’est donc l’occasion rêvée de voir rouler le premier des 2.000 bus de la Région promis par le membre du bureau politique de l’UMP, car en six mois, la Région a eu quand même un délai suffisant pour commander au moins un bus. Peine perdue, tous les usagers de cette journée, ainsi que tous les Réunionnais, ne verront pas l’ombre d’un des 2.000 bus. Tout simplement parce que la Région n’a pas le droit de faire circuler des bus, c’est la loi. Et le président de la Région est bien placé pour connaître cette loi car il est député.

La Région en dehors de la loi ?

Le législateur a en effet clairement défini les compétences des collectivités dans les transports. Les communes sont chargées des bus urbains. Elles peuvent déléguer cette compétence aux intercommunalités. C’est comme cela qu’a été lancé le premier réseau public de transport, les Bus fleuris de la SEMMITEL sur le territoire des communes du SIVOMR.
Cette expérience a essaimé puisqu’aujourd’hui, la CINOR, le TCO, la CIREST et la CIVIS ont chacune leur réseau de bus urbains. Dernière venue en date, la CASUD présidée par Didier Robert est en train de réfléchir à la création d’un réseau de bus depuis le 1er janvier. Toutes ces intercommunalités sont d’ailleurs partenaires de la journée du transport public.
Pour ce qui concerne les liaisons entre ces agglomérations par bus, la compétence est au Conseil général. Cela explique pourquoi c’est le logo du Conseil général qui est présent sur les Cars jaunes.
Quant à la Région, sa compétence dans les transports concerne la construction et l’entretien des réseaux ferrés. Cela explique pourquoi l’ancienne équipe avait lancé le projet de tram-train, et justifie également le versement par l’État d’une dotation ferroviaire à toutes les Régions de France. D’ailleurs, dans toutes les Régions de France, c’est le logo du Conseil régional qui est apposé sur les wagons des trains express régionaux (TER).

Où est la voie ferrée ?

Mais à La Réunion, la nouvelle direction de la Région refuse d’utiliser sa compétence transport, car elle a arrêté le projet tram-train. Et fait encore plus singulier, le Conseil régional veut mettre sous tutelle des autorités organisatrices de transport comme la CINOR pour faire passer un réseau de bus alors que précisément la loi refuse à la Région la compétence sur ce type d’infrastructure.
Décidément, quand il ne fait pas de la com’, le nouveau président de la Région cherche à mettre les autres sous tutelle.
Il s’avère que la Région est partenaire de la Semaine de la mobilité. C’est donc le moment pour la collectivité de répondre à ces deux questions liées au transport public : où est la voie ferrée que la Région a le droit de construire légalement ? Où sont les 2.000 bus que Didier Robert a promis aux Réunionnais ?
Sachant que le candidat de l’UMP s’est engagé sur 650 millions d’euros d’investissements sur trois ans, il ne reste donc plus que deux ans et demi pour acheter 2.000 bus, embaucher 4.000 conducteurs, et construire des couloirs de bus dans les 24 communes, et tout cela dans l’illégalité.

Manuel Marchal


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