Déplacements - Transports

Quelle consultation sur la route en mer ? Etat et Région ont ignoré les avis du public et des organes consultatifs compétents.

ATR-FNAUT répond à Didier Robert

Témoignages.re / 1er juillet 2014

Voici la réponse de l’association ALTERNATIVE TRANSPORTS RÉUNION-Fnaut, par la voix de son président Bruny Payet, au commentaire fait par le président de Région devant la demande de Nicolas Hulot d’instaurer un débat public faisant place à de véritables alternatives au projet de route en mer. Si l’envoyé du Président Hollande s’est senti interpelé par le nombre des inquiétudes et critiques formulées tant au projet lui-même qu’à sa « gestion » par les pouvoirs publics, n’est-ce pas le signe évident d’une carence démocratique dans la conduite de ce projet démesuré ?

Au terme de la Conférence sur le climat, Monsieur Nicolas Hulot, fréquemment interpelé au sujet de la NRL, a souhaité publiquement « une large concertation et une étude approfondie des alternatives ». Cela n’a pas plu au Président Didier Robert qui a répliqué que la concertation « correspond à ce qu’on a fait » ! En quoi peut-il s’en réclamer ?

L’avis du CESER de juillet 2006, proposant d’approfondir l’étude du tunnel et de la voie à mi-hauteur, a été ignoré par l’Etat puisqu’il a conclu curieusement le mois suivant, au choix de la solution littorale (B1 mixant digue, viaduc en mer et tunnel)

En 2010, Didier Robert a repoussé en mer le projet routier. Il ressort de la « concertation du public » de mai 2011, que c’est principalement l’avis du commissaire enquêteur qui a primé sur des avis très critiques dans la contribution de 150 personnes. La Déclaration d’Utilité Publique (DUP) a quand même été accordée en mars 2012 à la NRL.

Mi-2013, « l’enquête publique » environnementale (loi sur l’eau) et sur l’occupation du domaine public maritime (DPM) est menée de façon similaire : même cause, même effet, même escamotage ! Le commissaire enquêteur retient les « bonnes » raisons de complaire à la Région, malgré l’avis opposé des Conseils scientifiques local et national. Il combat même les avis critiques du public et minimise l’inquiétude des élus du Port.

Fin 2013, la « consultation du public » sur Internet, pour autoriser la Région à ignorer les espèces protégées et leur habitat, est apparue doublement inutile puisque le Ministre Lurel avait déjà promis de donner toutes les dérogations sans attendre l’avis du public. En outre en toute illégalité, le résultat de l’enquête n’a jamais été publié.

Les enquêtes publiques relatives aux carrières risquent fort de suivre le même chemin si le Préfet leur reconnait un Projet d’Intérêt Général (PIG) pour passer encore une fois au-dessus de l’avis des maires et du public.

Le président de Région se donne donc bonne conscience en s’acquittant simplement des procédures de consultation sans jamais tenir compte réellement des avis, tant du public que des spécialistes. Jamais les avertissements des conseils économiques et sociaux et environnementaux du CESER, du CSRPN et du CNPN n’ont été pris en compte.

Alternatives Transports Réunion-Fnaut – 30 juin 2014
Bruny PAYET


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