Déplacements - Transports

Quels matériaux pour construire les logements de 150.000 habitants supplémentaires ?

Le dangereux entêtement de vouloir continuer à tout prix le chantier de la route en mer

Manuel Marchal / 9 septembre 2016

La relance de l’enquête publique pour l’ouverture d’une carrière de Bois-Blanc rappelle que le chantier de la route en mer a été ouvert sans prévoir les matériaux. Alors que La Réunion doit accueillir 150.000 habitants supplémentaires d’ici 20 ans et construire les infrastructures adéquates, monopoliser les ressources réunionnaises pour un seul chantier compromet l’avenir.

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Une nouvelle enquête publique est lancée pour l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc. Cette procédure relance le débat sur les carrières à La Réunion. Le chantier de la route en mer a en effet démarré alors que ses promoteurs n’avaient pas à leur disposition les matériaux nécessaires à son achèvement. Cela explique pourquoi la construction d’une digue entre La Possession et La Grande Chaloupe est suspendue. Sans la réalisation de ce tronçon, la route en mer ne pourra pas se faire. Autant dire que le projet est donc bien compromis.

Le débat sur l’ouverture des carrières focalise l’attention des populations concernés. Pour Bois-Blanc, les maires de Saint-Leu et des Avirons ont pris de nouveau position contre. Leur argument est que des carrières dans l’Est pourraient suffire au besoin de la route de Didier Robert. Cette prise de position permet d’une part de constater leur soutien à la route en mer, et d’autre part de noter qu’ils ne sont pas contre le principe de prélever des millions de mètres cubes de roches dans le sous-sol réunionnais, à condition que cela ne se passe pas sur le territoire qu’ils gouvernent.

Pourtant, une autre question importante devrait être posée. Si des matériaux sont prélevés en masse pour une route de 12 kilomètres, que restera-t-il comme ressources pour les autres chantiers qui devront être lancés dans l’avenir ?

La Réunion verra sa population augmenter de 150.000 personnes au cours des 20 années à venir. Il faudra donc construire des logements, des écoles et autres infrastructures nécessaires. Où trouver les matériaux si les carrières sont dépouillées pour réaliser une bien hypothétique route en mer ? C’est le sort de La Réunion toute entière qui est en jeu. L’avenir de notre île ne doit donc pas être compromis par un entêtement à poursuivre à tout prix un chantier dès le départ mal engagé, pour construire une route qui ne résistera pas longtemps aux effets du changement climatique.

M.M.


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