Déplacements - Transports

Route de moyenne altitude : route de l’avenir

Premier anniversaire de la Route des Tamarins

Manuel Marchal / 23 juin 2010

Le 23 juin 2009, la route des Tamarins était déclarée ouverte par Paul Vergès qui en fut l’initiateur et le réalisateur. Ce jour n’était pas un aboutissement mais une étape dans la construction d’un grand chantier du 21ème siècle : la route de moyenne altitude. La route des Tamarins est le premier tronçon de cette infrastructure.

Dans "Témoignages" du 22 juin, il a été rappelé comment Pierre Lagourgue a accepté de discuter et de revoir son point de vue. L’ancien président de la Région souhaitait en effet construire une voie-express reliant Saint-Benoît à Saint-Pierre par les bas. Mais entre Saint-Paul et l’Étang-Salé, c’est une route à moyenne altitude qui a finalement vu le jour.
Ce projet de route à moyenne altitude est celui porté par Paul Vergès. Au moment où Pierre Lagourgue est à la direction de la Région, Paul Vergès en est le 1er vice-président. Alors que les services de l’État et Pierre Lagourgue souhaitent relier par les bas le Nord et le Sud, Paul Vergès propose une alternative reposant sur l’anticipation.
Le littoral Ouest est la région la plus appréciée des touristes, son environnement doit donc être préservé. Or la construction d’une infrastructure ayant les caractéristiques d’une autoroute à proximité des plages va nuire au développement de l’industrie touristique.
Les bas de l’Ouest sont aussi une région dont l’aménagement est très contraint. Cela sera encore plus complexe quand les effets du changement climatique feront monter le niveau de la mer de plusieurs dizaines de centimètres en quelques dizaines d’années. Comment gérer cet aménagement avec la situation de blocage créée par une voie-express construite dans une zone densément peuplée ?
Enfin, La Réunion est confrontée à sa croissance démographique. Le littoral surpeuplé offre beaucoup moins d’espace que les zones de mi-pente. C’est précisément dans ce secteur, entre le littoral et la route Hubert Delisle que va se fixer la plus grande partie de la population de La Réunion du million d’habitants. Mais cela veut dire également que ces zones à mi-pentes doivent être reliées directement entre elles. Or, la construction d’une liaison de type autoroutier dans les bas de l’Ouest n’aurait fait qu’accentuer les difficultés de circulation de tous ceux qui vivent à mi-pente.
L’adhésion de Pierre Lagourgue au projet de Paul Vergès a donc reposé sur une analyse à long terme démontrant qu’une route circulaire à mi-pente est nécessaire. Le mérite de Pierre Lagourgue a été d’accepter le débat et de changer de point de vue.
Il fallait alors vaincre les résistances de ceux qui avaient programmé la quatre-voies dans les bas. Cela fut fait. Et il a donc été possible de construire le premier tronçon de la route circulaire de moyenne altitude.
Maintenant, les collectivités doivent programmer la suite de la route des Tamarins. De nouvelles routes peuvent être construites entre Plateau-Caillou et Bois-de Nèfles, et entre Stella et La Rivière en passant par les Avirons. Ces deux branches de la route à mi-pente sont maintenant possibles.
La route de moyenne altitude, c’est la route de l’avenir.

M.M.


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