Déplacements - Transports

Route du littoral version UMP : engloutissement programmé

Des vagues de 20 mètres accompagnent un cyclone en Chine

Manuel Marchal / 9 août 2011

En Chine, des vagues de 20 mètres de haut ont brisé une digue. 20 mètres, c’est bien plus haut que la route du littoral version Didier Robert, et c’est du domaine de la réalité. Confronté à un tel phénomène, l’ouvrage vanté par l’UMP s’effondrera comme un château de cartes, engloutissant dans la mer les milliards d’euros gaspillés pour sa construction.

Des vents à 178 kilomètres/heures ont annoncé la catastrophe. Les autorités ont anticipé, en évacuant 610.000 personnes dans la région de Shanghaï et en ordonnant le retour au port de 62.000 embarcations. 102 plates-formes pétrolières situées au large des côtes ont été vidées de leurs occupants. Dimanche, la Chine s’est préparée à affronter le choc du cyclone Muifa, le neuvième à toucher ce pays cette année. Malgré toutes les précautions prises, l’ampleur du phénomène a dépassé les prévisions.
Selon les témoins, des vagues de près de 20 mètres de haut ont frappé les infrastructures du littoral à Dalian, au nord de Shanghaï, ce qui a eu pour effet de briser une digue et de faire de ce cyclone une menace pour l’environnement. En effet, les vagues menaçaient hier de toucher le complexe chimique de Fujiahua.

7 mètres en dessous de la vague

L’existence d’un tel phénomène relance en tout cas le débat sur la résistance de la nouvelle route du littoral projetée par l’UMP. En effet, le pont à six voies jeté au dessus de la mer voulu par Didier Robert sera en dessous du niveau de ces vagues.
En effet, selon les documents fournis aux élus qui devaient se prononcer l’an dernier sur l’abandon du double chantier tram-train/route du littoral, la hauteur de la digue prévue dans le projet UMP est inférieure à 14 mètres. Cela veut dire que si un cyclone comparable à celui qui frappe la Chine touchait cette route, elle serait aussitôt submergée et détruite. C’est ce que vient de rappeler la catastrophe en Chine.
Il est en effet certain que les ingénieurs qui ont construit la digue à Dalian pensaient qu’elle pouvait résister à tous les phénomènes connus. D’ailleurs, même le "Journal de l’île de La Réunion" a cité en exemple le travail des bâtisseurs chinois qui ont été capables de construire le plus long pont du monde. Mais malgré toute cette expertise, la réalité s’est imposée : les infrastructures n’ont pas résisté à une vague de 20 mètres de haut.

Le décideur doit être pénalement responsable

À partir de cela, il n’est pas possible de nier la réalité. Si jamais l’UMP décidait malgré tout d’engloutir des milliards de fonds publics dans la réalisation d’un projet pharaonique, il est clair qu’il ne résisterait pas à un fort cyclone.
Et cela n’est guère étonnant. Aujourd’hui, le mot d’ordre est d’éloigner les infrastructures de la mer, et cela est encore plus recommandé quand il s’agit d’un pays concerné par les cyclones. En décidant de faire le contraire, l’UMP à Paris et la Région font courir de graves dangers à notre pays. Cela soulève une nouvelle fois, la question de la responsabilité pénale des décideurs. Ceux qui ont accepté de voter la destruction du chemin de fer et la construction de la route du littoral n’ont jamais été inquiétés, ils ont imposé à notre peuple un choix d’aménagement qui est une charge considérable pour les deniers publics, à laquelle s’ajoutent les drames humains provoqués par les chutes de pierre. Aujourd’hui encore plus qu’hier, l’UMP ne peut pas ignorer que son projet ne tient pas la route. Le décideur doit donc être responsable jusqu’au bout.
À la merci d’un cyclone, la route du littoral version Didier Robert n’est donc qu’un gouffre financier, qui plombera tellement les finances de La Réunion que tout autre investissement d’envergure sera impossible.
Il est grand temps d’arrêter ce gaspillage que constitue la construction d’une route vouée à la destruction par des vagues.

Manuel Marchal


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