Déplacements - Transports

Route en mer : catastrophe environnementale et sanitaire pour toute La Réunion

Projets de gigantesques carrières pour poursuivre un chantier lancé en dépit du bon sens

Manuel Marchal / 24 septembre 2016

La manifestation des habitants concernés par la carrière de Menciol à Saint-André confirme l’ampleur de la catastrophe environnementale provoquée par le projet de route en mer.

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Situés à des dizaines de kilomètres du chantier de la route en mer, les habitants de Sainte-Suzanne et Saint-André en supporteront les conséquences environnementales et sanitaires si une méga-carrière est ouverte à Menciol.

En 2010, Didier Robert, président de la Région Réunion, décide de remplacer les deux grands chantiers du tram-train et de la nouvelle route du littoral par un seul, celui de la route en mer. En prenant cette décision, la collectivité a embarqué les Réunionnais dans un projet sans précédent dans le monde : construire une route de 12 kilomètres au large d’une île volcanique tropicale. En choisissant de mobiliser les crédits obtenus par Paul Vergès sur un seul chantier au lieu de deux, Didier Robert et ses amis ont concentré les difficultés.

Initialement, la construction du tunnel du tram-train entre Saint-Denis et La Possession et de la nouvelle route du littoral à quatre voies devait se faire en parallèle. Les pierres extraites de la montagne devaient servir à fournir des matériaux pour la NRL. Si tout n’avait pas été remis en cause en 2010, le tram-train serait déjà utilisé par les Réunionnais et la NRL en voie d’achèvement, avec un impact environnemental limité quant à l’approvisionnement en matériaux.

Le chantier n’aurait jamais dû démarrer

Avec la suppression du tram-train et l’idée de faire une route en mer à 6 voies, le problème des matériaux s’est posé. En effet, il n’était plus possible de bénéficier des roches extraites de la montagne toute proche. C’est alors que les promoteurs du chantier de la route en mer ont décidé de lancer les travaux sans avoir la certitude d’avoir les moyens physiques de mener à bien le projet. Les Réunionnais paient aujourd’hui les conséquences d’une telle légèreté.

Cette décision a donné lieu à une scène ahurissante. Des milliers de tonnes de roches ont dû être extraites à Madagascar et transportées sur plusieurs centaines de kilomètres par bateau jusqu’à La Réunion pour protéger de la houle les premiers travaux effectués l’an dernier. Mais le plus grave est devant nous.

L’absence de matériaux oblige à rechercher de nouvelles sources d’approvisionnement. Les partisans de la route en mer veulent donc obtenir l’ouverture de nouvelles carrières. Deux projets sont sous le feux des projecteurs, à Bois-Blanc et à Menciol. Sur ces deux sites distants de plusieurs dizaines de kilomètres de la route en mer, les promoteurs du chantier de Didier Robert veulent creuser dans le sol sur plusieurs dizaines de mètres de profondeurs en recourant à des explosifs, sur des superficies de plusieurs dizaines d’hectares, afin d’extraire des millions de tonnes de roches. Ces galets devront être ensuite transportés par la route jusqu’à Saint-Denis, La Possession ou la Grande Chaloupe. Des espaces naturels magnifiques devront être rasés, et les populations riveraines subiront les nuisances liées à l’exploitation des carrières, tandis que les habitants des villes environnantes devront subir les conséquences du passage quotidien de plusieurs centaines de semi-remorques chargés de galets. Tout cela durera plusieurs années.

L’urgence de revenir à la raison

Si ce funeste projet abouti, il laissera des trous béants là où auparavant existaient une faune et une flore qui contribuent à la richesse de la biodiversité de La Réunion.

Pour satisfaire l’ambition personnelle de Didier Robert et les intérêts particuliers des patrons qui bénéficient des marchés de la route en mer, c’est une catastrophe environnementale et sanitaire qui se prépare pour La Réunion. Il est donc grand temps de revenir à la raison et de stopper le chantier. Les crédits obtenus par Paul Vergès doivent en effet être utilisés pour des projets utiles au développement de La Réunion et créateurs de nombreux emplois pérennes comme cela était prévu au départ.

M.M.



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  • Bravo pour ce texte, cela confirme ce que de nombreux d’entres nous pensent. Il faut remettre le train sur les rails à la Réunion, au plus vite, changer de cap, le tout auto, cela provoque accidents, bruit, bouchons et micro particules cancérigènes avec tout ce gasoil importé puis brulé, dans les moteurs de camions, bus, et automobiles qui sont ici majoritaires à l’utiliser, pas merci pour nos poumons !
    Les décideurs ne réfléchissent pas au long terme, le pouvoir les rendraient-ils incapables ou détachés à ce point face à la réalité, les défis de demain ? Il est de nôtre devoir de s’occuper des jeunes, de ceux que l’on ne connait pas encore voir même de ceux que l’on ne connaître jamais ! Tout simplement . Il faut écouter France Inter et les émissions qu’elle diffuse, de qualité et sans trop de pub, "la radio de ceux qui ont quelque chose entre les oreilles", comme on disait jadis dans les années 80. Bref. Les samedis, les émissions " sur les épaules de Darwin" puis les après-midi, "CO2 mon amour" mérite d’être suivie, disponible en podcast, merci le service public.

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