Déplacements - Transports

Station de transit de la NRL : le dossier relève d’une procédure d’autorisation

Enquête publique pour l’ICPE d’un équipement au Port

Témoignages.re / 29 janvier 2016

L’Enquête publique pour l’ICPE demandé par le consortium bénéficiaire du marché de la NRL pour sa station de transit des matériaux va se clôturer demain. L’ATR-FNAUT a déposé une contribution à la Mairie du Port. En voici une synthèse.

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Cet ICPE n’est pas suffisant pour l’ensemble des besoins de la NRL. Son extension prévisible la fera dépasser le seuil des 30 000 m2. La procédure d’enregistrement, inadaptée, doit être refusée. L’ensemble de l’opération « station de transit » relève d’une procédure d’autorisation. Celle-ci doit comprendre un dossier de demande de permis de construire et une étude d’impact plus complète pour éviter son tronçonnement artificiel qui élude l’ampleur réelle des problèmes de l’ensemble.

L’afflux dans les deux sens des poids lourds de la station de transit s’ajoutera au trafic de la plateforme de préfabrication, du quai d’importation de roches malgaches… Ce flux supplémentaire sera accidentogène aussi bien sur le giratoire de la Zac 2000 (des vilebrequins) qu’à la Possession au débouché sur la RN1 via le contournement du port Est (surtout multiplié par 3 ou 4 pour toute la NRL).

Accidents, détérioration des routes, poussières et chutes de galets sont prévisibles. Aussi le transport par la mer est préférable en exploitant le quai des roches malgaches (importation limité à mi-mars)

Le travail au crépuscule et nocturne doit être proscrit pour épargner les pétrels déjà en danger qui, attirés par les mâts d’éclairage, s’échoueraient sur le site en creux. La plage horaire d’activité doit être fixée de 6h00 à 18H00.

L’activité d’engins de chantier et PL sur le sol perméable du bassin à l’altitude 20m, met en danger la nappe phréatique trop proche, par l’infiltration d’eau polluée (gazole, particules,…). L’eau de ruissellement en aval devrait être récupérée par pompe au lieu d’être diffusée dans le sol. Le puisard, de dimensions inconnues, n’est pas dessiné sur le plan, pas plus que le séparateur d’hydrocarbure.

GTOI prétend ne prélever que 9 900 m3 d’eau pendant 124 jours/an en surestimant les pluies d’été. Or 80 m3/jour pendant 225 jours/an font 18 000 m3. En outre les 80 m3/jour - environ 8 litres/m2/j (8 mm/m2) - ne suffiront pas pour des voies perméables, ensoleillées et sollicitées (±1ha). Et puis après l’extension inévitable de l’ICPE, le trafic sera 4 fois plus dense et exigera encore plus d’eau !

Pour rabattre les poussières et laver des galets, GTOI ne doit pas prélever l’eau potable du réseau public au détriment des habitants. GTOI doit récupérer les eaux pluviales (600 mm par an sur 30 000 m2 = 18 000 m3 potentiellement disponibles) et utiliser l’eau recyclée provenant de la station d’assainissement communale.

Enfin le ravitaillement par camion-citerne est plus risqué car non contrôlé ; il peut s’effectuer en dehors de la plateforme de confinement. De même l’entretien à l’extérieur du site enlève toute traçabilité des polluants (huile de vidange, batterie, pneus,…). Nous ne savons pas si le lieu de maintenance (où ?) est correctement équipé pour un surcroit d’activité et de gestion des polluants (et de combien ?). L’ICPE externalise la pollution sans contrôle pour paraître « propre » dans le périmètre…

François Payet, architecte.


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