Déplacements - Transports

Tram-train : les Sudistes veulent rouler comme les Nordistes

Accélérer un grand chantier

Témoignages.re / 14 novembre 2009

Le Collectif pour le développement de la micro-région Sud, dans une conférence de presse du 13 novembre 2009, a rappelé la nécessité de prolonger le tram-train dans le Sud. Et même de créer tout de suite une liaison Saint-Louis/Grand-Bois. Mais pour cela, il est nécessaire que l’Etat tienne ses engagements, notamment en matière d’aide au fonctionnement et à l’entretien du réseau.

« Nous demandons à l’Etat de ne pas casser le rêve du tram-train, mais plutôt de nous accompagner dans sa réalisation en appliquant le même dispositif de financement existant partout en France », a déclaré Krishna Damour, porte-parole du Collectif pour le développement de la micro-région Sud.
Nou lé pa plis, nou lé pa moin… Comme la Région Réunion, le collectif réclame une égalité de traitement avec l’hexagone. Soit « une subvention au titre du Transport Express Régional (TER) pour compenser le déficit du réseau » et « une subvention pour le maintien de l’infrastructure ».

Le ton est ferme après la récente prise de position de la CIVIS exprimée dans une motion. Cette dernière réclame « l’extension du tram-train dans la région Sud ». « Les Sudistes ont droit au tram-train en même temps que dans le Nord », a expliqué Roland Hoarau, membre de la CIVIS, 1er adjoint au maire de Saint-Pierre. L’élu a toujours défendu le tram-train quand beaucoup de ses collègues de la même couleur politique exprimaient leurs doutes, voire leur opposition. « Le tram-train va être en partie financé avec les taxes sur les carburants. Paradoxalement, les Sudistes devront utiliser plus leurs véhicules et participeront donc plus au financement, sans en profiter tout de suite », a-t-il dit.
Ce n’est pas tout. « Les études indiquent que la tranche Saint-Louis à Grand-Bois peut-être mise rapidement en œuvre. Elle intéressera les investisseurs en tant que telle, c’est-à-dire sans être jointe à la 1ère tranche Sainte-Marie/Saint-Paul », a affirmé le 1er adjoint au maire de Saint-Pierre.

Sur les rails d’un développement durable

« L’ouverture de la route des Tamarins a apporté une nouvelle clientèle aux commerçants, aux fournisseurs de services et aux artisans de Saint-Pierre. On peut être certain que l’extension du tram-train aboutira aux mêmes effets », a noté Nazir Valy, conseiller municipal de l’opposition saint-pierroise. « Elle apportera une nouvelle clientèle dans tous les secteurs. Mais la Municipalité devra accompagner l’arrivée de ces nouveaux consommateurs. Nous devrons augmenter, améliorer l’équipement de la ville : transports urbains, toilettes publiques qui font actuellement cruellement défaut, signalisation, information, animation... C’est à ce prix que l’on fidélisera cette nouvelle clientèle », a-t-il analysé. De plus, le chantier permettra « de créer de l’emploi dans le Sud, pour peu que l’on anticipe son ouverture par des formations adéquates ».
Il a conclu : « On ne peut chiffrer avec exactitude les bénéfices et les retombées pour l’économie régionale. A mon avis, ils sont inestimables ».
Il revenait à Krishna Damour de rappeler les enjeux : « La réalisation du tram-train est nécessaire pour des raisons environnementales (réduction des émissions de gaz à effet de serre), économiques et d’aménagement du territoire (…). Nous ne devons pas commettre à nouveau la même erreur faite dans les années 60, dans la décision de l’arrêt du train de l’époque. Il serait historique qu’à nouveau, le réseau ferroviaire puisse revivre, afin d’inscrire La Réunion sur les rails d’un développement durable ».

YVDE


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