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1.000 arbres pour réhabiliter la forêt littorale de l’Etang-Salé

Partenariat ONF-Bagatelle

Cinthia Fontaine / 4 octobre 2012

La marque d’eau de source “Bagatelle” s’est engagée auprès de l’ONF (Office national de la forêt) dans une action de reboisement de la forêt domaniale de l’Etang-Salé. 1.000 arbres d’espèces endémiques adaptées à la fois à la sécheresse et aux embruns seront plantés pour que cette bande de forêts coincée entre la quatre voies et le littoral retrouve son aspect originel et sa biodiversité, ce qui, espèrent les partenaires, favorisera le retour des pontes de tortues marines.

Pour l’Onf comme pour Bagatelle, ce chantier de reforestation est un défi afin d’offrir une chance à cette nature de retrouver son cycle naturel. Ces plantations sont un challenge de taille à cause du climat chaud et sec de la zone, la présence d’embruns et le manque d’eau chronique ajouté à un sol sablonneux et donc très filtrant. La forêt actuelle, qui est le principal massif forestier des Bas de la côte sous le vent, n’est pas la forêt originelle existant avant l’arrivée de l’Homme. Elle a été constituée artificiellement à partir des années 1870 pour lutter contre la déforestation du massif et l’avancée de la dune sur les terres cultivables.

Pour remplacer ces espèces choisies à l’époque uniquement pour leur capacité d’adaptation au milieu, l’ONF et Bagatelle ont travaillé aux côtés du Conservatoire botanique de Mascarin pour choisir les espèces endémiques qui constituaient la flore naturelle de ce type de site. « C’était d’autant plus important que l’on sait maintenant que la présence de certaines espèces comme le veloutier et de l’odeur qu’elles dégagent permettent d’attirer les tortues sur ces rivages », explique Hervé Houin, Directeur régional de l’ONF. Cette côte abritait autrefois des pontes abondantes. La recherche de végétaux pour cette restauration botanique s’est d’ailleurs basée sur le travail mené par Kélonia qui a permis le retour des pontes de tortues sur les plages de Saint-Leu.

Pour le retour des tortues

Cette restauration a deux objectifs principaux : en bord de mer de favoriser l’accès des tortues et de constituer en arrière de plage un écran végétal dense contre la pollution lumineuse. Actuellement, les plantations issues du partenariat ONF-Bagatelle concernent la parcelle 108, d’une surface de 1 hectare 25. Elles font suite à un premier reboisement expérimental sur plus de 10 hectares (parcelle 108 et 109) initié en 2009 grâce à un financement de l’Europe, la DEAL et l’ONF qui a été un succès.

Quatre espèces principales ligneuses ont été choisies pour composer ce massif. Les trois premières ont la capacité de résister aux embruns et peuvent survivre au plus près du rivage, le Porcher (Thespesia populnéa), le Var (Hibiscus tiliaceus) et le Veloutier bord de mer (Dodonea viscosa). La 4ème, le Bois d’arnette, un arbuste pionner typique de la forêt sèche, sera utilisée dans les zones protégées des embruns. L’espèce a été décimée dans les forêts réunionnaises, car elle était recherchée par les tisaniers. L’ONF rappelle d’ailleurs que le braconnage et le prélèvement de plantes sont strictement interdits. Elles seront accompagnées de Latanier rouge, de Bois de caméléon, de Bois de chandelle, de manioc marron et de patate à Durand qui permettent de stabiliser le sable. Pour permettre à cette végétation de s’implanter sur le site, un arrosage au goutte-à-goutte sera assuré pour une durée maximale de 3 ans. Cela permettra aux racines de se développer suffisamment pour assurer l’autonomie de la plante.

Des partenariats pour sauver la biodiversité

Pour Bagatelle, ce partenariat s’inscrit sur la durée. Ainsi, une autre opération est d’ores et déjà programmée afin de continuer à rétablir la biodiversité en continuant la plantation en 2013. Pour Bagatelle, ce partenariat est l’occasion d’affirmer son engagement dans le développement durable en s’engageant dans cette action concrète auprès de l’ONF. La société a d’ailleurs fait des recherches sur sa nouvelle bouteille afin de réduire l’utilisation de matière plastique et d’aider au compactage et ainsi au recyclage.

L’ONF n’en est pas à sa première expérience de partenariat public-privé. Dans l’optique de la restauration du massif de forêts sèches de cette portion littorale de 2.690 hectares, l’ONF espère dans le futur un partenariat avec la future station d’épuration de l’Etang-Salé afin de pouvoir récupérer l’eau épurée à destination d’arrosage.

 CF 


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