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La Nuit d’art de Pleine Lune : un rendez-vous artistique et festif

Musée historique de Villèle

Témoignages.re / 29 juin 2013

L’édition 2013 de la Nuit d’art de Pleine Lune aura lieu aujourd’hui, 29 juin, au Musée historique de Villèle, site du Conseil général de La Réunion, pour la troisième année consécutive. L’occasion de faire une rencontre conviviale avec l’Art contemporain au cœur d’un lieu chargé d’Histoire.

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Les brodeuses du quartier de Villèle en pleine action. Un travail de mémoire autour des anciens travailleurs du domaine avec l’artiste Félix Duclassan.

La sélection 2013 témoigne de la volonté de l’association Cheminement(s) de maintenir une grande qualité artistique, tout en ménageant une belle part à l’expérimentation.

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"Prières" de Raynald, à découvrir du côté de l’ancien Hôpital des esclaves.

Cette année à nouveau, en partenariat avec le Musée de Villèle, l’objectif de l’association est de valoriser un site historique d’exception à travers des projets artistiques et vice et versa, tout en proposant avec une médiation active de vraies passerelles entre les artistes et les publics.

L’esprit de la manifestation se veut festif et convivial, encourageant la rencontre et le partage.

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« Quand on touche le fond, on y trouve quelque chose », un moment contemplatif mis en scène par Amélie Lauret.

La Nuit d’art de Pleine Lune est un concept d’événementiel artistique créé par l’association Cheminement(s) autour de la création plastique contemporaine. Le temps d’une nuit, des artistes plasticiens sont invités à investir un lieu dans l’espace public, afin de contribuer à créer une situation de rencontre entre l’art et le(s) public(s).

La scénographie cette année s’appuiera sur le travail de Clément Striano et d’Rdutemps autour d’objets récupérés, "pansés".

Un peu plus d’une quinzaine de projets seront proposés avec comme chaque fois d’anciens étudiants, car un des objectifs de l’association est d’offrir cet espace aux artistes confirmés et à ceux qui sortent de leur chrysalide comme les diplômés de l’École Supérieure d’Art de La Réunion avec qui Cheminements a construit un partenariat qui perdure, et des invités qui nous réservent quelques belles surprises.

Beaucoup de projets artistiques prennent appui sur l’histoire de Villèle au temps de Madame Desbassyns ou au temps de l’usine sucrière. Le lieu dans son architecture, ses jardins, son passé est devenu un catalyseur pour la création qui tisse un lien vers d’autres époques pour parfois mieux révéler ou interroger celle que nous vivons.

Un contenu artistique tourné vers la mémoire, la spiritualité, le rituel

Le Musée de Villèle semble inspirer aux artistes un voyage dans la mémoire, vers la spiritualité, vers le rituel. Cette approche poétique ne se dément pas cette année avec des installations qui invitent à l’introspection, comme celles de Raynald ou de NyhamaBetsaka, ou encore avec celle de MASAMI qui donne forme à une mémoire par nature informelle.

Le voyage intérieur se poursuivra avec une pièce de Tiéri Rivière jouant entre autres sur le registre de l’absurde, puis avec un moment contemplatif mis en scène par Amélie Lauret, et prendra vie avec du pop-up performé par Pauline Thiong-Kay.

Les résidences d’artistes permettent un travail dans la durée, et plusieurs artistes en profitent pour approfondir leur recherche autour de la mémoire de La Réunion. Alice Aucuit, en résidence au long cours au musée, questionne la vie et l’œuvre de Mme Desbassayns à travers la céramique.

Félix Duclassan et les brodeuses du quartier de Villèle viennent nous rappeler que les De Villèle vivaient là avec des domestiques il n’y a pas si longtemps.

Guillaume Lebourg, en résidence en territoire scolaire en partenariat avec la DAC OI et l’Académie de La Réunion, remonte encore plus loin, au temps du Code noir.

D’autres artistes conçoivent la mémoire comme une révélation qui se fabrique dans le présent, que ce soit Alain Padeau avec une performance à ne pas rater, ou Béatrice Rivière-Neirinckx qui fait revivre en creux le grand flamboyant disparu dans un dernier hommage.

Au côté de ce travail de mémoire, la contemporanéité d’œuvres issues de la technique du mapping fera contraste : Lacaze revisite la sculpture récemment rénovée de la Vierge à l’enfant tandis que Blindoff donne vie et rythme à des bambous et que Mercurocom (Victor Corolleur) investit la cuisine autour de la question de l’eau.
Pour bien profiter de la manifestation, munissez-vous d’un flyer à trouver sur place, il contient le plan des installations.


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