Education-Formation

Admission Post-Bac : un système trop rigide et à risque pour les lycéens

UNEF Réunion

Témoignages.re / 4 février 2011

L’UNEF Réunion souhaite mettre en garde les futurs étudiants contre le processus admission Post-Bac, mis en place il y a maintenant deux ans. Ce processus de pré-inscription sert de transition entre le lycée et les premières inscriptions dans l’enseignement supérieur.

Ouvert depuis le 20 janvier, les futurs bacheliers ont jusqu’au 20 mars pour formuler leurs vœux d’orientation. Tous les lycéens de France doivent faire une pré-inscription sur ce site, et cela quelle que soit leur filière.

Ce dispositif a été mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et a pour objectif de simplifier les démarches, en regroupant sur un seul site, l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur. La généralisation de ce site à l’ensemble des lycéens poursuit deux objectifs cette année : parfaire l’aide à l’orientation et « une meilleure optimisation de l’affectation des places offertes ».

La procédure paraît simple dans un premier temps : pour entrer sur le site, le numéro INE est demandé. Une fiche détaillant votre identité et votre parcours scolaire s’affiche alors et la procédure peut commencer.
Vos choix d’orientation sont à émettre sur le site et sont censés faciliter l’inscription dans l’enseignement supérieur. Les futurs bacheliers peuvent affiner et orienter les recherches avec l’aide des onglets recherche par “région” ou “spécialité”. Les futurs bacheliers peuvent effectuer jusqu’à 36 vœux, et les modifier jusqu’à fin mars. L’ordre de ses vœux est modifiable jusqu’au 31 mai. Enfin, les propositions et les premiers résultats quant aux vœux que le futur bachelier a formulés arriveront sur ce même site à partir du mois de juin, et cela jusqu’au 19 juillet.

Pour de nombreuses universités, l’inscription du vœu dans la liste, nécessite une justification au préalable. En effet, il est demandé aux futurs bacheliers de justifier leur volonté d’intégrer cette filière. Face à ces nombreuses démarches et test de motivation, ou l’on devrait dire test de sélection, l’inscription dans l’enseignement supérieur devient alors un « vrai parcours du combattant ».

Cette pré-inscription se veut décisive car si un bachelier a mal formulé ses vœux, ou si toutes les réponses reçues sont négatives, le futur étudiant risque fortement de se retrouver aux portes de l’enseignement supérieur sans aucune inscription lors de la rentrée.
Les difficultés rencontrées l’année dernière par les nouveaux bacheliers sont la plus parfaite illustration de la rigidité du système. À la rentrée dernière de nombreux étudiants écartés d’APB lors de la procédure ont été contraints d’intégrer tardivement des filières qu’ils n’avaient pas choisies. Nous dénonçons un dispositif trop rigide et bien trop complexe pour une première approche du monde de l’enseignement supérieur.
Premièrement, c’est sa complexité qui pose problème. Les délais sont raccourcis et rigides, il y a des possibilités d’enchevêtrement des choix entre filières sélectives et non sélectives... « Le gouvernement prend le risque de laisser de nombreux bacheliers aux portes de l’enseignement supérieur par un dispositif peu lisible et très strict ».
Puis, ce système met en place une sélection avant même l’arrivée à l’université, ce qui est inacceptable pour les futurs étudiants, qui doivent conserver leur droit de choisir la filière de leur choix et de choisir leur orientation, tout comme leur avenir.

À côté de la difficulté de la procédure, l’étudiant peut être confronté à différents problèmes : « affectation dans une autre formation, dans une université très éloignée de ton domicile, refus d’inscription ». Cette procédure rend l’inscription très bancale. Le futur étudiant qui entre dans l’enseignement supérieur n’est pas sûr d’accéder à l’université de son choix, ni à la filière de son choix car la sélection qui est effectuée sur ce site limite non seulement les choix des étudiants mais ne garantit aucunement la satisfaction de l’étudiant face à ses propres choix d’orientation.

L’UNEF réaffirme le droit pour tout bachelier de s’inscrire dans la filière de son choix à l’université. L’UNEF ne saurait accepter que des étudiants renoncent à leurs choix d’études par manque de lisibilité ou du fait de la rigidité de la procédure.

L’UNEF demande à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, de garantir le droit pour tout bachelier de s’inscrire dans la filière de son choix, conformément à la loi. L’UNEF demande la remise à plat du dispositif “admission Post-Bac”, et la mise en place d’un dispositif d’inscription simplifié, garantissant l’inscription de tous les lycéens dans l’enseignement supérieur, et permettant le maintien de la mixité sociale dans l’ensemble des universités.

L’UNEF Réunion craint une forte augmentation des difficultés d’inscription cette année et appelle tous les lycéens et leurs familles à faire connaître au plus vite les difficultés rencontrées lors de la procédure à l’adresse unef974@gmail.com.


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