Education-Formation

Contre-visite ministérielle

Témoignages.re / 21 août 2017

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Certaines communes ont fait le choix d’ouvrir leurs écoles aux élèves le 18 août pour éviter une trop grande honte au ministre de l’Éducation venu en visite, espérant peut-être ainsi pouvoir obtenir les contrats aidés nécessaires à la bonne marche des établissements scolaires. Ce gage de bonne foi n’a toutefois pas encore porté ces fruits, le ministre de l’Éducation étant resté muet sur de quelconques engagements de la part du gouvernement.

Pourtant, seuls ces contrats permettent que les écoles soient nettoyées quotidiennement. Sans eux, les cours, les toilettes et le vidage des poubelles ne seront assurés que partiellement. Seuls ces contrats permettent également, dans la majorité des communes, que les directeurs puissent bénéficier d’une secrétaire pour l’aide à la direction et que les élèves à besoins particuliers soient correctement accompagnés.

M. le ministre, qui se targue pourtant d’être un homme de terrain, l’a largement ignoré, visitant des écoles choisies et donc prêtes, avec des enseignants briefés, bref dans des conditions qui ne reflètent qu’une partie de la réalité.

Dans certaines écoles en effet, le bâti scolaire est si dégradé que les mesures gouvernementales, qui imposent l’ouverture de salles pour accueillir les classes dédoublées, contraindront les Mairies à le faire au détriment même de la sécurité des élèves.

Il est fort regrettable que M. Le ministre n’ait pu visiter ces écoles qui ressemblent à des hangars, pour lesquelles les inspecteurs ferment les yeux concernant la sécurité en acceptant que ces classes dédoublées se fassent parfois dans des chambres de logement de fonction, au mépris de la plus élémentaire des sécurités.

Outre ces difficultés majeures, se pose la question du matériel disponible pour les élèves : mobilier, livres… qui ne peuvent être fournis sans financement.

L’an prochain, le dédoublement des classes pour les 21 collèges REP + et les 24 collèges REP ne pourra se faire, car même en supprimant les PDMQDC, les UPE2A, les RASED, voire même les remplaçants, le nombre d’enseignants restera insuffisant ; l’augmentation des élèves dans les autres classes ne pourra être compensée et l’augmentation du nombre de décharges ne pourra être comblée faute d’exploser le chiffre de 14 000 enseignants nécessaires au seul dédoublement. Et la question du bâti scolaire ne pourra suivre, l’existant ayant déjà beaucoup de difficultés à accueillir actuellement les élèves.

Peut-on imaginer une entreprise qui prévoirait un projet sans l’affecter d’un financement ? Ce serait la faillite assurée. Seul un ministre de l’Éducation et son président pensent qu’il suffit d’y croire !

Le bureau du SAIPER


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