Education-Formation

L’éducation en danger

Cinthia Fontaine / 19 février 2010

17 postes de personnels éducatifs spécialisés (psychologue, maître E et maître G) supprimés, 11 classes fermées, voilà ce qui attend la commune de Saint Paul à la rentrée 2010, si la Commission technique paritaire (CTP) valide la décision de changement de zone, vendredi prochain, le 26 février.

« L’éducation est en grand danger, les enfants sont notre avenir, l’avenir de La Réunion. Il faut alerter les parents de ce qui se passe », souligne Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul. À La Réunion, les difficultés scolaires sont une réalité. 56 écoles dont 16 dans la commune de Saint-Paul sur les 524 sont classées en grande difficulté. Il existe 10 points d’écart en mathématique et en français avec la métropole. Les dernières évaluations —peu fiables, car elles ne correspondent pas toujours au degré d’acquisition des élèves au moment du passage du test — confirment ce retard.
Hors la CTP a décidé le 28 janvier 2010 dans le cadre des évolutions des zones d’éducation prioritaire dans le département pour 2010/2011 que 34 écoles quitteront l’éducation prioritaire, cela contre l’avis des organisations syndicales. Cette évolution de la carte pour les collèges qui devrait être validée le 26 par la CTP, a été faite sans concertation réelle avec les chefs d’établissement. Elle a pour conséquence direct de faire sortir automatiquement des écoles primaires de l’éducation prioritaire par simple mécanisme. Les conséquences pour ces écoles seront l’augmentation du nombre d’élèves par classe et la diminution du personnel du RASED, Réseau d’aide individuelle et collective des enfants en grande difficulté (problèmes psychologiques, difficultés d’acquisition et d’apprentissage, handicap…). En effet, les classes RAR (Réseau ambition réusite) sont plafonnées à 24 élèves, les classes RRS (Réseau de réussite scolaire) à 26 alors que les classes Hors éducation prioritaire (HEP) obligent à une ouverture qu’à partir de 28 élèves. À Saint Paul, le collège Albert Lougnon au Guillaume, collège d’ailleurs en surcharge (1.054 élèves pour 600 à 700 places) ne sera plus en ZEP entraînant dans son sillage 10 écoles pourtant dans un secteur en grande difficulté, moins de 33% des enfants ayant réussi les évaluations de CM2. Et ce n’est qu’un exemple car au total se sont 18 écoles qui passeront en zone HEP. Les parents, les enseignants, les directeurs et la mairie n’ayant pas été consultés sont mis devant le fait accompli.
De plus la commune va perdre 17 personnels faisant partie du RASED, déplacés sur d’autres zones. « C’est déshabiller Paul pour habiller Jacques », souligne Huguette Bello. Le but de cette manœuvre est de faire des economies, malheureusement elles se font au détriment de la réussite scolaire des élèves.
Un rendez-vous est fixé à tous ceux qui se sentent concernés, le mercredi 24 février à 14 heures devant le rectorat. Car c’est de notre avenir qu’il s’agit, de la construction de La Réunion de demain et des moyens qui seront dégagés pour améliorer de manière significative les résultats scolaires de nos enfants.

CF


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