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L’UNEF votera contre la suppression des filières au campus Sud

Université

Sophie Périabe / 3 mai 2011

Le 29 avril dernier, les représentants du syndicat étudiant UNEF ont rencontré le président de l’Université, Mohamed Rochdi. Au centre des discussions, la suppression des filières Lettres modernes et Histoire-Géographie au campus du Tampon.

C’est un président « très réceptif » qu’a rencontré l’UNEF vendredi dernier. Outre les modalités du contrôle continu, la réforme des retraites et la place du syndicat dans la chaîne d’inscription, c’est bien la suppression des filières au campus du Tampon qui était au cœur de cette rencontre.
Selon les étudiants, le constat est simple. « Le président avance que l’Université de La Réunion n’a pas les moyens d’assurer le service public de l’enseignement supérieur », explique le président de l’UNEF, Stéphane Maillot. Ce dernier ajoute que l’Université de La Réunion aurait dû avoir une rallonge budgétaire de 3,7 millions d’euros au vu de l’éloignement géographique. « La Réunion n’est pas comparable à n’importe quelle autre région de métropole ». Or, le budget global de l’Université a été reconduit à l’identique « aux centimes près », ce que dénonce et regrette le syndicat étudiant.
« Dans le même temps, le ministère assure que le Budget de l’enseignement supérieur ne cesse d’augmenter. Nous, à La Réunion, nous ne voyons pas cette augmentation ».
La contrainte budgétaire est le principal argument avancé le président de l’Université pour justifier la suppression des filières Lettres modernes et Histoire-Géographie dans le Sud.
La sonnette d’alarme avait bien été tirée depuis 2009 sur cette affaire, mais le comité de pilotage composé des doyens de Faculté avait, à chaque fois, voté « que les choses restent en l’état ».

Un moratoire sur la carte des formations à La Réunion

Conséquences, dès la rentrée prochaine, les Licences 1 et 2 de Lettres modernes et d’Histoire migreront vers Saint-Denis tandis que la Licence 1, 2 et 3 de Géographie restera au Tampon. Au total, ce sont 230 étudiants qui seraient concernés par cette mesure. Le maintien de la filière Géographie s’explique par le simple fait que la baisse des effectifs dans cette filière est plus importante à Saint-Denis qu’au Tampon.
Une proposition qui a déjà été votée par le CEVU (Conseil étudiant de la vie universitaire) jeudi dernier et qui devrait être adoptée, sauf surprise, le 19 mai prochain lors de la tenue du Conseil d’administration de l’Université.
Mais pour l’UNEF, ce regroupement des filières, annoncé en pleine période d’examens, devra s’accompagner de mesures d’accompagnement pour les étudiants du Sud. « Le président de l’Université s’est engagé dans ce sens, mais on attend de voir sous quelle forme », insiste Stéphane Maillot, puisqu’il ne pourra pas avantager les étudiants du Sud dans l’attribution des chambres universitaires (836 lits pour 10.000 étudiants).
L’UNEF a demandé une audience au directeur du CROUS ainsi qu’au recteur, président du Conseil d’administration du CROUS, pour mettre en place des mesures d’accompagnement concrètes « pour que les étudiants ne soient pas livrés à eux-mêmes ».

Le syndicat étudiant compte également interpeler Valérie Pécresse pour demander davantage de moyens pour compenser le recul de l’Université de La Réunion.« Nous demandons aussi l’ouverture d’un moratoire sur la carte des formations à La Réunion ainsi que leur distribution sur le territoire », poursuit le président de l’UNEF.

Une seule chose est sûre, l’UNEF votera contre cette proposition, qui découle de la politique gouvernementale, le 19 mai prochain, mais cela ne représente qu’une seule voix.

 SP 


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