Education-Formation

L’urgence du calendrier climatique

L’école en plein été à La Réunion

Manuel Marchal / 25 janvier 2014

Les manifestations des lycéens et les protestations des syndicats montrent l’urgence d’adapter le calendrier à la réalité du climat de La Réunion.

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Les apprentissages ont besoin d’une grande attention. La chaleur complique le travail des élèves et des pédagogues. (photo Toniox)

Le 4 janvier dernier, le Parti communiste réunionnais avait relancé le débat sur le calendrier scolaire. En effet, contrairement à toute logique, les vacances d’été ne cessent d’être raccourcies. Le cyclone Bejisa a rappelé que les mois de l’été sont aussi la saison des cyclones. Or, la rentrée 2014 a eu lieu le 20 janvier, et celle des vacances d’été 2015 sera encore plus précoce.

De plus, le climat tropical de La Réunion se caractérise par des étés chauds.
Il est donc évident que les conditions de travail ne sont pas réunies. Car contrairement à la France, les jeunes Réunionnais sont obligés de venir en cours en plein été.

Deux syndicats pour un autre calendrier

Les mouvements de protestation n’ont pas tardé. Après Saint-Pierre, ils se sont étendus hier à Saint-Louis et au Tampon. Dans les salles, les températures dépassent 35 degrés.

Deux syndicats ont pris des positions convergentes avec les revendications des jeunes. La CGTR Educ’action « revendique un calendrier plus conforme aux nécessités climatiques et à la vie locale et exige que soit mis un terme au rognage rectoral qui tend à nous rapprocher de plus en plus avec le calendrier métropolitain ». Force est de constater que les vacances d’hiver, qui correspondent à celle d’été en France, passeront de 37 à 45 jours, tandis que les vacances d’été sont vouées à ne regrouper que 30 jours, au lieu de 37.

Pour sa part, le SGEN-CFDT « alors que le réchauffement climatique devient une réalité de plus en plus palpable dans le monde et que l’on bat des records de chaleur dans les Hauts de l’île, notre recteur a décidé unilatéralement que nous travaillerons dorénavant plus longtemps en période chaude et moins en période fraîche. Le gouvernement aura beau créer des postes d’enseignants, nous n’arriverons pas à inverser la courbe de l’échec scolaire si nous continuons à marcher sur la tête ! », écrit le SGEN-CFDT.

Autrement dit, « la solution passe par le calendrier climatique qui prendrait en compte la réalité du bâti scolaire et de l’ensemble des élèves réunionnais au lieu de se focaliser sur la minorité qui gagne à rester alignée sur le calendrier métropolitain ».

Une question de bon sens

La question du calendrier climatique est donc clairement posée. La règle actuelle découle de l’assimilation, et force est de constater qu’elle mène à l’impasse. L’adaptation du calendrier scolaire est une simple question de bon sens. Elle n’aura que des effets positifs aussi bien sur la sécurité des élèves que sur le travail pédagogique.

 M.M. 


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