Education-Formation

Une nouvelle école à La Possession

Inauguration du groupe scolaire Éloi Julenon

Témoignages.re / 24 août 2012

Roland Robert, Maire et Conseiller général de La Possession, a inauguré le groupe scolaire Éloi Julenon le 16 août dernier en présence de l’inspecteur académique de la circonscription, du représentant du Département et de la Région. Pour cette rentrée, 5 classes ont été ouvertes (3 élémentaires et 2 maternelles) sur les 10 classes.
Avec l’ouverture du groupe scolaire Éloi Julenon, c’est une nouvelle cuisine centrale qui est mise en fonction. Elle remplace celle d’Auguste Lacaussade et doit produire plus de 1.200 repas par jour pour les écoles Éloi Julenon (Moulin Joli), Auguste Lacaussade (Rivière des Galets), Laurent Vergès (Halte-Là), André Malraux, Jules Joron (Saint-Laurent) et Alain Lorraine (Bœuf Mort).
Pour cette année scolaire, La Possession compte 4.371 écoliers.

L’hommage à un grand Réunionnais

Eloi Julenon, le "préfet noir"

Eloi Julenon nous a quittés en juin 2010, il était alors le doyen des conseillers municipaux de La Possession. Le 4 juin 2010, jour des obsèques, Roland Robert, Maire de La Possession, avait rendu un vibrant hommage à ce militant de la première heure du Parti communiste réunionnais.

« À l’évocation de son passé militant et citoyen, Éloi Julenon savait remonter le temps, avec méthode, la mémoire toujours vive, et impressionnante pour celui ou celle qui l’écoutait, et qui lui faisait rejoindre alors, au plus loin qu’il pouvait, cette année 1936, et l’odyssée du Front Populaire : « J’avais 16 ans, se rappelait-il, je suis allé manifester à Saint-Denis pour le droit des dockers au travail et pour le statut de Département… Ariste Bolon, responsable communiste au Port, est venu tenir une réunion de cellule chez nous… Les communistes ont participé à la constitution d’un large rassemblement pour en finir avec le régime colonial… On voulait que La Réunion devienne un Département, car on n’était pas libres… Les travailleurs n’avaient pas droit à la parole, ils n’avaient aucun pouvoir… ».
Et d’affirmer, dans un éternel sourire : « La loi Vergès-Lépervanche a changé beaucoup de choses, les travailleurs ont eu plus de droits, des droits sociaux, des droits syndicaux. Mais il fallait quand même continuer à lutter pour faire appliquer l’égalité entre les Réunionnais et les Métropolitains, pour faire respecter le droit de vote. C’est ainsi que nous avons pu avoir des municipalités démocratiques avec Georges Ratinaud en 1945 puis Roland Jamin en 1947 et ensuite avec Roland Robert depuis 1971 ».
Et de confesser alors, à l’attention de qui aurait eu l’audace d’en douter, « Moin na lamour pou le parti ! »… Et d’ajouter, peut-être avec malice : « Selon moi, un élu communiste doit toujours faire attention aux autres, surtout aux plus pauvres. Lorsque certains pensent d’abord à eux, à l’argent, ils trahissent les idéaux communistes, ce ne sont pas des militants !… Pour rester fidèle aux combats lontan, il faut toujours penser au passé. Si on oublie le passé, on ne peut pas préparer l’avenir ».


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