Energies

Energies renouvelables : l’autonomie énergétique de l’Inde possible

Le soleil, l’eau et le vent suffisants en 2070 pour un pays de plus de 1 milliard d’habitants

Témoignages.re / 5 octobre 2012

Deux chercheurs de l’Institut indien de Science de Bangalore ont publié une étude démontrant que l’Inde peut atteindre son autonomie énergétique avec uniquement les énergies renouvelables. Voilà qui confirme la justesse de l’orientation prise en 1998 par la Région sous la mandature de Paul Vergès. Car si un pays de 1 milliard d’habitants arrive à l’autonomie énergétique, alors cette transition pourra être bien plus rapide à La Réunion, un pays de 1 million d’habitants dans 20 ans. L’autonomie énergétique en 2025, un objectif réaliste si nous relançons les projets stoppés par les conservateurs.

Les besoins énergétiques de l’Inde pourront être entièrement couverts par le soleil et d’autres sources d’énergie. C’est ce que dit l’étude réalisée par deux chercheurs de l’Institut indien de Science de Bangalore, révélée par un article de "Hindustan Times" hier.
Ces travaux pourraient renforcer l’opposition à l’utilisation de l’énergie nucléaire en Inde, ajoute notre confrère.
Hiremath Mitavachan et Jayaraman Srinivasan travaillent au Centre Divecha pour le changement climatique, au sein de l’IISc. Ils renversent l’argument selon lequel l’énergie nucléaire est essentielle pour l’Inde, car le pays n’a pas assez de terres pour exploiter le potentiel de l’énergie solaire.
Selon l’étude, 4,1% des terres non cultivées et en friche de l’Inde sont suffisants pour atteindre la projection de 3.400 térawattheures d’ici 2070, rien qu’avec l’énergie solaire. Le foncier requis sera peut-être réduit à 3,1% des terres délaissées « si nous prenons en considération d’autres sources d’énergie renouvelables ». Leur conclusion : la disponibilité en terres n’est pas une contrainte au développement du solaire, comme ce qui est cru aujourd’hui.

Technologie économe en foncier

Cette estimation est basée sur l’état actuel de la technologie photovoltaïque, sans tenir compte de nouvelles cellules plus efficaces dans la conversion de la lumière en électricité. Leurs conclusions rejoignent un rapport du gouvernement australien publié l’an passé, selon lequel les terres disponibles pour la construction de fermes photovoltaïques sont plus que suffisantes pour assurer la consommation électrique de tout le pays.

Le second aspect de l’étude compare l’impact environnemental du soleil à trois énergies : charbon, nucléaire et hydroélectricité.
Les centrales thermiques au charbon ne font pas que bouleverser leur environnement immédiat, elles ont besoin de grandes surfaces pour exploiter les mines et transformer en charbon les terres extraites.
Un grand barrage hydroélectrique déplace 31.340 personnes et engloutit sous l’eau 8,7 hectares de terres.
La superficie nécessaire à une centrale nucléaire englobe ses installations, une zone tampon inhabitée, des terres disponibles pour stocker les déchets de la centrale et les surfaces des mines d’uranium.
« Notre étude montre que les centrales solaires ont besoin de moins de foncier que les centrales hydroélectriques, et occupent une surface comparable à celle des centrales charbon ou nucléaire si on prend en considération toutes les industries annexes de transformation nécessaires à leur fonctionnement », explique en substance Jayaraman Srinivasan.
Car pendant que le nucléaire et le fossile doivent continuellement chercher de nouvelles mines ou puits de pétrole, et de nouveaux sites de stockage des déchets, ce n’est pas le cas pour l’énergie solaire. En fait, la même surface utilisée par des panneaux photovoltaïques peut être utilisée par d’autres activités, comme le pâturage.

Tous producteurs d’électricité

Le photovoltaïque en toiture, tel qu’il est proposé par les professeurs du centre de recherche de Bangalore, « pourra couvrir la plupart de la demande en électricité, et a le potentiel de transformer tout le secteur de l’énergie », dit Shankar Sarma, un expert en politique de l’énergie, auteur d’un livre à paraître "Politique intégrée de l’énergie".
Atul Chokshi, du département du génie des matériaux de l’IISc et un expert en énergie solaire sont d’accord. Ils ont rapporté récemment qu’une installation photovoltaïque sur le toit, d’une puissance unitaire de 3 kilowatts, sur 425 millions de maisons pourra produire une énergie équivalente à 1.900 térawattheures, soit la moitié de la consommation prévue en Inde en 2070.

(Source "Hindustan Times")


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