Energies

Ile de La Réunion : Nouvelle étape pour les énergies de la mer

En route vers l’autonomie énergétique

Témoignages.re / 14 octobre 2009

Deux conventions ont été signées hier entre l’Etat et le Conseil régional dans le cadre du Plan de relance. L’une concernant l’Energie Thermique des Mers (ETM), l’autre l’Énergie de la houle (technologie CETO).

En avril dernier, la Région Réunion et la DCNS (Direction des constructions navales) avaient signé une première convention pour vérifier la faisabilité de l’implantation d’un démonstrateur ETM à La Réunion. Après 8 mois de travaux, la DCNS a mis en évidence la nécessité de rechercher les optimisations technologiques devant s’intégrer à ces centrales ETM et d’identifier les risques techniques du projet. Concrètement, la DCNS va réaliser une centrale pilote.

Elle permettra de valider les systèmes thermodynamiques existants, de rechercher les adaptations, conditions techniques, économiques, financières dans le contexte réunionnais. Il servira également de laboratoire d’expérimentation pour les chercheurs et d’outil de formation pour les techniciens de maintenance. Les risques étudiés portent sur le pompage de l’eau froide en profondeur, et les conditions de l’ancrage. Ce banc d’essai sera installé à l’IUT de Saint-Pierre. Pour la valorisation de l’ETM, le montant des dépenses éligibles s’élève à 6 millions 667.000 euros, dont 500.000 euros subventionnés par le Plan de relance.

« Une exclusivité mondiale »

L’énergie de la houle est expérimentée à La Réunion par la technologie PELAMIS (entreprise réunionnaise Seawatt) et par la technologie CETO. C’est cette deuxième technologie australienne qui fait l’objet de la convention. Elle est développée à La Réunion par EDF Energies Nouvelles. Il s’agit d’adapter cette technologie à l’île et de préparer l’industrialisation. Un prototype de taille réelle sera installé fin 2010 au large de Saint-Pierre.

Pour Patrick Charignon, directeur général d’EDF Energies Nouvelles, c’est « une exclusivité mondiale ». L’Australie dispose en effet d’une maquette à échelle réduite. Coût total des dépenses, 4 millions 150.000 euros, dont 3 millions dans le cadre de Plan de relance.
La Région s’est engagée depuis 1998 à atteindre l’objectif d’autonomie énergétique en 2025 via le PRERURE. Le projet Gerri, établi par l’Etat à la suite du Grenelle de l’Environnement, va également dans ce sens. Les énergies marines constituent une des pistes pour atteindre cet objectif, comme d’autres énergies renouvelables : éolienne, solaire, géothermique...

Dans le mix énergies renouvelables à l’horizon 2025, l’ETM pourrait fournir 15% de l’électricité de l’île, l’énergie de la houle 1%. Ces énergies contribueraient ainsi à remplacer le charbon. Mais la production de l’électricité n’est pas le seul avantage. L’eau douce, la climatisation, l’aquaculture, la culture d’algues sont des produits dérivés.
En devenant terre d’expérimentation, La Réunion pourrait bien, comme l’a annoncé le Premier ministre lors de sa visite, devenir le lieu de création d’un Centre des énergies marines.

Edith Poulbassia


Paul Vergès, président de la Région

La condition du développement économique de l’île

En s’engageant pour la valorisation des énergies marines, La Réunion poursuit son objectif d’autonomie énergétique. Pour Paul Vergès, c’est « une contribution modeste, mais efficace au Protocole de Kyoto et la base d’un changement qui est la condition du développement économique de La Réunion ». Il s’agit de rompre avec un modèle de développement fondé sur les sources d’énergies fossiles.
Cet engagement a aussi une autre portée internationale. Il consiste à « réintégrer dans les frontières de chaque Etat ce qui était la base des conflits ».
Cette rupture, souligne le président de la Région, ne serait pas possible sans l’appui présidentiel et la capacité des opérateurs, DCNS et EDF Energies Nouvelles.

EP


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