Energies

L’urgence de l’autonomie énergétique à La Réunion

323 milliards de dollars pour les énergies renouvelables

Manuel Marchal / 26 juin 2012

La mesure la plus médiatique à la sortie de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, c’est l’engagement du financement d’un fonds de 513 milliards de dollars pour le développement durable, dont 323 iront aux énergies renouvelables. Cette initiative rappelle combien La Réunion était en phase avec les combats du monde jusqu’en 2010…

La Conférence des Nations Unies sur le développement durable, ou Rio+20, vient de se terminer dans la ville brésilienne. Elle s’est conclue sur un bilan contrasté sur la base d’une lecture divergente du document final. Pour les Nations Unies, le texte final est une avancée, à condition que les engagements soient respectés. Pour les ONG, l’absence d’engagement légalement contraignant suscite la déception et constitue un échec. Pour leur part, les représentants des pays les plus menacés par la perte de biodiversité et les changements climatiques ont pu obtenir à Rio une tribune pour exprimer au monde leurs revendications.
De ce sommet, il reste malgré tout un engagement chiffré, celui de la création d’un fonds de 513 milliards destiné à financer des actions de développement durable. Dans cette initiative, 323 milliards seront prélevés pour les énergies renouvelables.

Un laboratoire pour le monde

Cette annonce souligne la justesse d’une stratégie, l’autonomie énergétique, et l’urgence de son application. Mise en œuvre à partir du mot d’ordre lancé en 1999 par Paul Vergès, l’autonomie énergétique pour 2025 a permis des réalisations concrètes toujours inscrites dans le paysage. Il s’agit en particulier des 100.000 chauffe-eau solaires, du développement des énergies alternatives au charbon et au fuel, de la valorisation de La Réunion en tant que terre d’expérimentation d’un nouveau modèle de développement.
La pertinence de cette stratégie était soulignée à chaque passage d’un responsable politique extérieur, quel que soit sa tendance politique ou son niveau de décision. En 2008, le ministre de l’Écologie, alors numéro 2 du gouvernement, estime que La Réunion a un siècle d’avance.
En 2009 à Copenhague, lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, le Dr. Rajendra Pachauri, président du GIEC, a tenu à dire à Paul Vergès combien il trouvait « formidable » tout ce qui était accompli dans notre pays pour aller vers l’autonomie énergétique.

Le coup d’arrêt de 2010

Toute cette dynamique a connu un brutal coup d’arrêt en 2010. Une solidarité de classe opposée au développement du pays a connu une traduction politique lors des régionales, réunissant aux côtés de l’UMP des politiciens qui se disent à gauche. Cette solidarité de classe plaça l’UMP Didier Robert à la tête de la Région, et tout fut remis en cause.
Il ne suffit que de quelques mois pour casser une dynamique qui avait mis 10 ans à se construire. L’arrêt de la géothermie, le coup d’arrêt donné au photovoltaïque, la casse du tram-train électrique ont été autant d’obstacles mis sur le chemin vers l’autonomie énergétique.
L’annonce faite au Sommet de la Terre raisonne comme la justesse d’une stratégie. Puisse-t-elle favoriser la prise de conscience qu’à La Réunion, nous sommes capables de nous développer grâce aux énergies renouvelables présentes en abondance à portée de main.

Manuel Marchal 

Dans la série "que sont-ils devenus ?"

Lors des régionales de 2010, une bien curieuse coalition s’est constituée entre la liste du PSF et celle des Verts. Car au moment de se positionner entre les deux tours, la liste se disant écologiste a décidé de contribuer à la défaite de l’Alliance. Or, à la différence de l’UMP et du PSF, l’Alliance avait inscrit dans son programme l’autonomie énergétique avec pour l’année qui venait le démarrage d’un chantier écologique, celui du tram-train électrique.

Que sont devenus deux principaux protagonistes de cette affaire ? Ils ont tous les deux quitté les Verts. Vanessa Miranville a décidé d’animer l’opposition au maire PCR de La Possession Roland Robert, tandis que Vincent Défaud est passé du côté de Didier Robert où il prétend être la sensibilité écolo de La Réunion en confiance.

Ces parcours personnels expliquent sans doute la décision prise en 2010.



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Messages






  • Affirmer une telle chose ! À moins de faire allusion à ce qu’on disait à l’époque soit l’Autonomie politique de l’île. Sinon c’est véritablement ignorer la chose. La part Hydraulique est de moitié depuis la nationalisation, solaire, éolienne moins de 1 % de la production globale et combien on a dilapidé pour cela ! Bon dans la catégorie le leader du modem lors de sa visite en campagne avait parlé de même pour les produits agricoles. Et sans faire rire alors ... et il y a dix ans on devrait être la plateforme des produits chinois pour la zone puis le studio des cinéastes indiens et, et, ...... Et les véritables problèmes des réunionnais ?

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