Energies

« La France est le seul pays d’Europe à perdre des emplois dans le solaire »

Un article et un éditorial publiés dans "Le Monde" du 16 juillet

Manuel Marchal / 19 juillet 2011

Notre confrère constate que, loin d’améliorer la situation, la nouvelle réglementation sur le photovoltaïque préparée par le gouvernement va encore accentuer le retard de la France sur les autres pays.

« Le gouvernement accentue le retard de la France dans l’énergie solaire » : tel est le titre à la Une" du "Monde" de samedi dernier. Il est complété par un éditorial intitulé « Pousser le jacobinisme jusqu’à contrôler le soleil ». Notre confrère est très critique vis-à-vis de la nouvelle réglementation relative au photovoltaïque. Et cela d’autant plus que « la France est le seul pays d’Europe à perdre des emplois dans le solaire ».
Sous la signature d’Hervé Kempf, "Le Monde" décrit le nouveau système que le gouvernement compte appliquer d’ici le mois de septembre. Pour notre confrère, c’est une véritable « usine à gaz » : « trois paliers de puissance, onze tarifs de rachat et deux appels d’offres, dont l’un se décompose en sept catégories ». Voilà qui ne va pas favoriser la lisibilité d’un dispositif qui est pourtant censé aider un pays à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.
Les mesures prises vont bloquer le développement du photovoltaïque à une puissance annuelle installée de 500 mégawatts.
Les centrales d’une puissance inférieure à 100 kilowatts ne seront pas soumises à un appel d’offres, mais elles ne pourront pas tabler sur un tarif de rachat stable. Ce tarif de rachat est le prix payé par EDF au producteur d’électricité. Ce prix sera en effet remis en cause tous les trois mois en fonction d’un facteur indépendant de l’installation et aléatoire, celui du nombre de raccordements de centrales de ce type au trimestre précédent. Voilà qui ne va pas encourager les investisseurs à miser sur l’énergie solaire, car il leur sera impossible de savoir quel sera le revenu produit par la centrale.
Les installations d’une puissance supérieure à 100 kilowatts seront soumises à un appel d’offres, elles auront un quota de 300 mégawatts. Les installations construites sur les parkings sont exclues de ce dispositif, ce qui, pour La Réunion, a de graves conséquences.
Comparée à ces voisins européens, et notamment l’Allemagne, la politique de la France apparaît totalement décalée. Partout des emplois se créent avec le photovoltaïque, mais l’UMP crée une exception française dans ce domaine, car le nombre d’emplois diminue. "Le Monde" cite l’exemple d’une entreprise de la région de Lyon en liquidation. Le directeur de la société constate que « le gouvernement porte une grande responsabilité dans ce qui s’est passé. On ne peut pas mener une politique en godillant tous les trois mois ».
Cette politique désastreuse pour l’emploi et le développement durable, elle est soutenue par Didier Robert. Ce dernier n’a jamais voté contre ces mesures.

M.M.


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