Energies

Les énergies renouvelables permettent de maîtriser les prix

Conséquence du choix du nucléaire : EDF augmente ses tarifs

Sanjiv Dinama / 18 août 2009

La hausse des prix de l’électricité a pris effet depuis samedi dernier, sur décision du gouvernement. Les particuliers paient désormais leur kW/h 1,9% plus cher, les PME 4%, et 5% pour les industriels. En plein débat sur le pouvoir d’achat, sur les charges des entreprises et au moment où il faut relancer la consommation, EDF augmente les charges des ménages et des entreprises alors que cette entreprise a annoncé une amélioration de ses résultats au premier semestre 2009. Les effets d’une telle augmentation ne seront pas sans incidence sur le pouvoir d’achat des ménages mais aussi pour les entreprises utilisatrices de l’électricité, notamment en matière d’emploi quand on sait les difficultés actuelles où la barre des 115 500 demandeurs d’emploi a été dépassée à La Réunion. Rappelons également que le prix en France est déterminé en fonction du type de production. Cette augmentation doit financer le renouvellement des centrales nucléaires arrivées en fin de vie, car 80 % de l’électricité en France est d’origine nucléaire. Or La Réunion qui subit également cette hausse, l’accent a été mis sur les énergies renouvelables où les coûts de production diminuent au fil du temps.

La nouvelle grille tarifaire de la vente d’électricité est une très bonne affaire pour EDF, qui doit financer le renouvellement des centrales nucléaires et réalise de lourdes acquisitions à l’étranger. L’an dernier, des revalorisations de plus grande ampleur ont apporté 1,2 milliard d’euros de recettes (sur un total de 34 milliards en France). Cette année, le "mouvement tarifaire" a eu lieu malgré la crise économique et la récession.
La facture adressée aux particuliers va grimper de près de 2 %. La facture s’alourdit davantage pour les entreprises. En quatre ans, les PME ont vu l’addition s’envoler de 14%.
Cette hausse intervient dans une période marquée par la crise avec des conséquences tant pour les usagers domestiques que pour les entreprises, et après l’annonce fin juillet par EDF d’une amélioration de ses résultats au 1ersemestre 2009. Les effets d’une telle augmentation ne seront pas sans incidence sur le pouvoir d’achat des ménages mais aussi pour les entreprises utilisatrices de l’électricité, notamment en matière d’emploi quand on sait les difficultés actuelles où la barre des 115.500 demandeurs d’emploi a été dépassé à La Réunion.
En plein débat sur le pouvoir d’achat, sur les charges des entreprises, au moment où il faut relancer la consommation, EDF augmente les charges des ménages et des entreprises.

Le prix considérable du nucléaire
Rappelons également que le prix en France est déterminé en fonction du type de production. Cette augmentation doit financer le renouvellement des centrales nucléaires et 80 % de l’électricité en France est d’origine nucléaire. Parmi les dizaines de réacteurs en service, certains commencent à arriver en fin de vie. Ils doivent d’une part être remplacés, et d’autre part le site qui les a abrité pendant des dizaines d’années doit être dépollué. Ces travaux auront un coût considérable, la facture commence à arriver.
De plus, l’uranium nécessaire à la production d’électricité d’origine nucléaire provient principalement du Niger. C’est donc une matière première importée. Elle voit son cours d’augmenter régulièrement car il s’agit d’une ressource qui n’est pas renouvelable.
À La Réunion, les choix faits sont totalement différents. Si à une époque pas si lointaine, certains avaient proposé une mini centrale nucléaire pour La Réunion, ce choix a heureusement été écarté. Outre la dangerosité potentielle d’une telle installation, les travaux qui attendent EDF pour le démantèlement des centrales usagées montrent que tôt ou tard, ce sont les générations suivantes qui doivent payer les conséquences d’un choix qui ne correspond pas au développement durable.
Dans notre île, malgré un PPI piloté par Paris qui privilégie pour le moment le recours à de nouvelles centrales thermiques pour faire face à la hausse de la consommation, des efforts considérables ont été fait depuis que la Région a une compétence en matière d’énergie.
36 % de l’électricité provient à partir des énergies renouvelables dont les coûts de production diminuent au fil du temps. Exemple, pour le photovoltaïque, les progrès technologiques et la production à une plus grande échelle améliorent les rendements, et font diminuer le coût.

Les avancées vers l’autonomie énergétique
Selon le dernier bilan énergétique de notre île pour l’année 2008, les données soulignent que La Réunion accentue ses avancées vers le développement des énergies renouvelables afin d’atteindre l’objectif d’autonomie électrique en 2025 fixé par la Région. On peut observer une croissance des ressources locale qui, en 2008, sont de 175 ktep (milliers de tonnes équivalent pétrole), soit 5,4% par rapport à 2007. En 2008, l’éolien, le photovoltaïque et le solaire thermique ont continué à progresser. L’hydraulique reste stable, et depuis fin novembre 2008, on constate un début de valorisation énergétique du biogaz de décharge.
Actuellement, la part des énergies renouvelables est de l’ordre de 36%, soit 919,6 GWh (79,1 ktep). Cette production est en constante augmentation. Le fait marquant de l’année 2008 a été l’installation de 11 éoliennes supplémentaires à Sainte-Suzanne d’une puissance unitaire de 275 KW.


Concernant le solaire thermique, fin 2008, 94.839 chauffe-eau solaires individuels ont été installés sur l’île, soit 379.356 mètres carrés de panneaux. Cela correspond à une production thermique de 142,3 GWh. La Réunion arrive ainsi en seconde position de l’Union Européenne en termes de capteurs solaires thermiques installés.

Soleil, vent, courants marins ne dépendent pas des marchés financiers
L’énergie est indispensable à l’activité humaine. Une grande partie de notre énergie provenait des combustibles fossiles. Or, c’est une source limitée. Durant les années à venir, le prix des matières premières comme l’uranium et le pétrole vont continuer à augmenter. A côté de cela, la combustion des énergies fossiles est émettrice de CO2 responsable de l’effet de serre avec les conséquences sur le réchauffement climatique.
Aujourd’hui l’augmentation du prix de l’électricité relève d’un choix politique en France qui continue de développer le nucléaire. Or Il est aujourd’hui primordiale de mettre l’accent sur les énergies renouvelables qui ne dépendent pas des cours d’un marché financiers ce qui est le cas pour l’uranium ou du pétrole émetteur de CO2.

Sanjiv Dinama


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