Energies

Mobilisation contre la casse du photovoltaïque par l’UMP

Licenciements à Giordano, manifestation en France

Manuel Marchal / 11 février 2011

Aujourd’hui en France, à l’appel du collectif Touche pas à mon panneau solaire, les professionnels du photovoltaïque manifestent devant le ministère de l’Économie. En effet, c’est là que Jean-Michel Charpin, inspecteur général des Finances, et Claude Trink, ingénieur général des Mines, doivent remettre au gouvernement un pré-rapport sur une nouvelle réglementation qui pourra être mise en œuvre à la sortie du moratoire décrété depuis le mois de décembre. Les actes du gouvernement ont plongé un secteur prometteur dans la crise, Paris a-t-il véritablement la volonté de redresser la barre ?

Le secteur du photovoltaïque est traversé par sa plus grande crise. Comme pour le BTP à La Réunion, cette situation est le fait uniquement de décisions politiques. Le résultat est le même : ce sont des licenciements.
Mercredi, coup de tonnerre à La Réunion avec l’annonce du licenciement de 16 personnes à Giordano dont son directeur. Cette nouvelle révèle l’ampleur de la crise dans un secteur qui était un gisement d’emplois. Trois ans auparavant, les industriels du secteur fondaient l’association Témergie. À l’époque, le nombre de 15.000 créations d’emplois était annoncé par Témergie, dans le cadre de la stratégie d’autonomie énergétique pour 2025.
Une dynamique était lancée pour libérer le pays de la facture énergétique due par l’importation de charbon et d’hydrocarbures. La conséquence, c’est de prévoir la création de milliers d’emplois pour produire cette énergie à La Réunion à partir des sources renouvelables, et pour l’entretien de toutes les installations.
Cette dynamique a été contrariée depuis 2008. Au lieu d’accompagner la collectivité chef de file de ce projet, le gouvernement a créé une structure destinée à en prendre la direction. Après le changement de majorité à la Région, l’UMP peut maintenant contrôler la collectivité et n’a donc plus besoin de GERRI. Cela permet donc à Paris de démarrer à La Réunion son entreprise nationale de destruction des filières nouvelles dans les énergies renouvelables.
Dès son premier discours de président de Région, Didier Robert annonce l’arrêt de la géothermie.
Puis l’UMP commence à enlever les moyens du développement du photovoltaïque, quelques mois après un discours de Nicolas Sarkozy vantant l’exemple réunionnais dans ce domaine.

Cible du plan d’austérité

Dans son premier budget d’austérité, le gouvernement prévoit de retirer toute subvention aux installations capables de contribuer à l’objectif d’autonomie énergétique de La Réunion. Tous les projets réunionnais sont à terre, avec des conséquences sur l’emploi. Puis au début du mois de décembre, le gouvernement décrète un moratoire sur les nouvelles installations durant trois mois. Au terme de ce délai, des décisions doivent être prises, et elles vont pouvoir s’inspirer d’un pré-rapport remis aujourd’hui au gouvernement. Mais le gouvernement a-t-il vraiment la volonté de voir prospérer des entreprises qui proposent une alternative, celle de réussir le pari de l’autonomie énergétique à partir des énergies renouvelables. Car pour les professionnels du photovoltaïque, les décisions du gouvernement visent à favoriser EDF, une entreprise que l’UMP a déjà partiellement offerte aux intérêts du privé et que les amis de Nicolas Sarkozy voudraient voir suivre le même chemin que France Télécom ou GDF.
En France, les licenciements ont aussi commencé. « Halte à la casse du secteur photovoltaïque, préservons nos emplois et nos entreprises, préparons l’avenir de nos enfants » : tels sont les différents mots d’ordre autour duquel se rassembleront les manifestants aujourd’hui.
Pour notre pays, cette question est encore plus essentielle. Car l’utilisation de l’énergie photovoltaïque est un des moyens du développement durable de La Réunion.
Manuel Marchal


Kanalreunion.com