Energies

Une entreprise extérieure peut dire aux Réunionnais que construire des centrales au fioul, c’est « indispensable »

Un scandale créé par le gouvernement et Didier Robert

Manuel Marchal / 15 décembre 2010

Au lendemain de Cancún, Didier Robert annonce la déclinaison à La Réunion de la politique de Nicolas Sarkozy : baisse de 12% du budget consacré à l’énergie. Le même jour, c’est EDF qui vient appuyer la politique de l’UMP en affirmant qu’il est bon pour les Réunionnais d’installer deux nouvelles turbines au fioul. Tout cela concourt à briser une dynamique et à confirmer que Didier Robert est bien l’homme des énergies fossiles, polluantes, coûteuses et sans avenir.

Le budget voté hier à la Région confirme le coup d’arrêt infligé par le gouvernement au développement des énergies renouvelables à La Réunion. Il prévoit 12% de diminution des fonds affectés à la politique énergétique. C’est donc une nouvelle claque infligée au développement du pays, car la marque de fabrique de la Région depuis 1998, c’était la politique de soutien aux énergies renouvelables. Elle se donnait comme objectif de permettre à La Réunion d’atteindre l’autonomie énergétique pour 2025. Des outils ont donc été mis en service, et des réalisations concrètes se sont multipliées. Ce sont par exemple les 100.000 chauffe-eau solaires, les panneaux solaires sur les toits des bâtiments et au-dessus des parkings, ou les éoliennes de Sainte-Rose et Sainte-Suzanne.

Depuis mars, la démolition en marche

Mais toute cette dynamique a été ruinée en quelques mois. Dès son élection à la présidence de la Région, Didier Robert prend l’engagement de casser la géothermie. Quatre mois plus tard, au moment où une unité expérimentale de stockage lancée sous la précédente mandature est inaugurée, la presse annonce la mise en sommeil de GERRI. Ce qui était présenté comme un projet phare de Nicolas Sarkozy a semble-t-il perdu l’essentiel de sa raison d’être puisque maintenant, la Région est entre les mains de l’UMP. Paris n’a donc plus besoin d’un instrument pour faire l’OPA sur les projets de la collectivité.
Puis, c’est au tour des autres énergies renouvelables d’être la cible du gouvernement, sans que la Région n’élève la moindre protestation. Cela fait déjà plusieurs mois que Paris annonce la fin du soutien de l’État au photovoltaïque.
De plus, dans un décret publié le 9 décembre, le premier ministre interdit toute nouvelle construction de centrale photovoltaïque durant un délai de trois mois. Comme si cette avalanche de mauvaises nouvelles ne suffisait pas, ce sont deux autres énergies renouvelables prometteuses qui voient leur développement stoppé à La Réunion. "Le Quotidien" d’hier annonce le refus d’inscrire dans le Grand emprunt le projet Seawatt, qui prévoyait de produire de l’électricité à partir de la houle. Quant à l’énergie thermique marine, qui pourrait remplacer le charbon comme production de base pour l’électricité, le "JIR" et "le Quotidien" indiquent que l’expérimentation pourrait être délocalisée aux Antilles, là où la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique est bien plus faible qu’à La Réunion.

Didier Robert, l’homme des énergies fossiles

La cerise sur le gâteau, c’est quand le directeur régional d’EDF annonce qu’il est indispensable de construire deux nouvelles turbines au fioul dans le Sud de l’île, le jour où la Région dit publiquement qu’elle réduit de 12% son budget consacré à la politique énergétique.
C’est ainsi que se dessine clairement la contre-offensive des intérêts extérieurs à La Réunion, et qui n’ont aucun intérêt à ce que les Réunionnais soient capables de produire eux-mêmes leur propre énergie.
Au lendemain du résultat de la conférence de Cancún, c’est un signal que l’UMP envoie au monde. Non content de prendre la main la politique énergétique du pays, le parti de Nicolas Sarkozy créé les conditions pour qu’une entreprise puisse avoir droit à deux pages d’un quotidien à grand tirage pour annoncer l’implantation de turbines à mazout dans une île qui vient d’être classée au Patrimoine mondial de l’humanité.
Tout cela se passe sans que la Région n’émette la moindre protestation. D’ailleurs à l’Assemblée, Didier Robert n’a pas voté contre le budget qui casse la filière photovoltaïque. Ce qui démontre bien que Didier Robert est l’homme des énergies fossiles, polluantes, chères et sans avenir. C’est qui permet à EDF de venir dire aux Réunionnais ce qui est bon pour eux.

Manuel Marchal 


Une collectivité au service des intérêts extérieurs

Toutes les avancées obtenues entre 1998 et 2010 par la Région étaient le résultat d’un long combat, notamment lorsqu’il a fallu lutter pour que la collectivité obtienne la compétence dans le domaine de l’énergie. Le transfert de cette responsabilité aux Réunionnais n’allait en effet pas dans le sens des intérêts de plusieurs sociétés extérieures au pays.
Les avancées s’inscrivaient dans une feuille de route dénommée PRERURE, et qui construisait une stratégie à partir de l’intérêt des Réunionnais. Les forces extérieures opposées à ce type de développement avaient fini par s’intégrer dans ce projet.
Toute cette stratégie a fait que La Réunion est devenue une référence dans le domaine des technologies du développement durable. Cette reconnaissance était internationale, comme l’avait souligné le Dr Rajendra Pachauri, président du GIEC, lors de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique. Pour le Dr Pachauri, le projet réunionnais était « formidable ».
Mais pour les intérêts extérieurs au pays, il ne faut pas que La Réunion se développe pour le peuple réunionnais. L’arrivée de l’UMP à la direction de la Région permet donc à tous ces intérêts extérieurs de prendre une terrible revanche. Désormais, la Région n’est plus pour eux un rempart, elle est au contraire la grande porte vers les profits sur le dos des Réunionnais.



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Messages






  • C’est le résultat de Mr Couteaux qui coupe et tranche les problèmes sur lesquels se sont penchés Mme Penchard, notre ministre de l’ O.M. et notre promu à la délégation de compétence.

    Faut-il attendre que mêmes les plus fortunés des Réunionnais fassent tous faillite, pour enfin comprendre que la France ne veut surtout pas que le réunionnais puisse réussir chez lui, pour lui peut-être mais malgré tout pour tous les réunionnais.
    Sans crier gare, on nous fit rater le train.

    La considération de n’être qu’un "porte-monnaie ambulant" doit-elle devenir celle d’une "bertelle vide déambulante", c’est cela que l’on veut pour le réunionnais.
    Drôle de vive la France !!!!

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