Environnement

1.000 hectares dévastés

Incendie dans le massif du Maïdo

Témoignages.re / 28 octobre 2011

Alors qu’on le pensait en partie circonscrit, le feu a redoublé de violence hier après-midi 27 octobre 2011. Attisées par un vent violent qui s’est déclenché dans le courant de la journée, les flammes sont redevenues extrêmement virulentes. Des langues de feu se sont rapidement propagées vers le Sud en direction du Petit Bénare. Le rempart de Cilaos et la forêt des Makes sont maintenant directement menacés. À 18h30 hier, 1.000 hectares étaient touchés par les flammes et près de 500 avaient déjà brûlé. Selon les prévisions météo, les vents devraient encore fortement souffler dans les prochains jours et compliquer encore la tâche des pompiers.

« Dès que le vent s’est levé, la situation s’est très vite dégradée dans la partie Sud du sinistre », indique le colonel Boucheron, l’officier commandant du détachement des sapeurs pompiers présent sur place. « Nous travaillons d’arrache-pied au sol et par les moyens héliportés pour essayer de contenir le feu », déclare-t-il. « Tous les moyens sont concentrés sur cette zone Sud-Sud-Est », indique la préfecture. Les 4 hélicoptères bombardiers d’eau sont tous engagés sur le front Sud. Au total, 412 personnels (pompiers, ONF, sécurité civile, agents communaux…) luttent contre le sinistre.



L’objectif est de tout faire pour que les flammes n’atteignent pas la route forestière dans la partie haute du Tévelave. Car si tel était le cas, le feu se propagerait massivement dans la forêt des Makes. Dans le même temps, compte tenu de l’orientation du vent, le risque de propagation du sinistre dans le rempart de Cilaos est bien réel. 



« Nous luttons avec acharnement pour éviter cela. Car si le feu atteignait le rempart, le site étant inaccessible à pied, nous serions obligés d’envoyer sur place les hélicoptères bombardiers d’eau. Cela alors que nous avons besoin de ces moyens héliportés sur d’autres points virulents de l’incendie », explique le colonel Boucheron. 


La tâche des pompiers est compliquée par le fait qu’ils doivent s’adapter en permanence à « la configuration changeante du sinistre », souligne l’officier pompier. Les vents changent en effet souvent d’orientation et poussent les flammes dans toutes les directions. « Nous n’avons aucune certitude. Nous sommes obligés de recalibrer nos interventions en permanence. La situation est très complexe et il est maintenant évident que nous engageons un combat de longue haleine », ne cache pas le colonel Boucheron. Raison pour laquelle la députée-maire de Saint-Paul et son Conseil municipal ont voté une motion demandant à l’État « que soient déployés dès à présent des moyens plus conséquents à la hauteur des risques encourus ». 



Rappelons que, selon l’enquête menée par les gendarmes, l’origine criminelle du sinistre ne fait aucun doute. Ce sont des personnes « très au fait des techniques de lutte contre l’incendie » qui ont déclenché, ce mardi après-midi, les six départs quasi simultanés de feu (dont trois dans le massif du Maïdo), indiquent les enquêteurs. Les auteurs de ces faits sont activement recherchés. Ils risquent jusqu’à 15 ans de prison.



À noter également que le sinistre en cours arrive quasiment un an jour pour jour après le terrible incendie qui a ravagé le Maïdo. Le lundi 11 octobre 2010, deux foyers d’incendie, sans doute volontaires, avaient éclaté au Maïdo. Ce n’est que 11 jours plus tard, le samedi 22 octobre, que l’incendie a rendu les armes après une lutte acharnée contre les soldats du feu. À l’époque, 800 hectares avaient brûlé.



Avec Imaz Press Réunion


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