Environnement

À la pêche aux ressources

TAAF Kerguelen - Campagne scientifique Poker II

Témoignages.re / 28 juin 2010

Dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), une deuxième campagne d’estimation de la biomasse, Poker II, aura lieu en septembre 2010 autour de l’île de Kerguelen. Huit scientifiques vont ainsi évaluer les ressources halieutiques du plateau des Kerguelen et les potentiels d’exploitation. Dans cette zone, la pêche à la légine, poisson des mers australes, représente une valeur importante pour la pêcherie française et l’économie réunionnaise.

L’objectif final est d’estimer l’évolution à moyen terme de l’ensemble des ressources halieutiques présentes dans la Zone économique exclusive (ZEE) des Kerguelen. Il s’agira ensuite d’envisager les possibilités de fixer des quotas pluriannuels, et d’exploiter d’autres ressources halieutiques, comme le poisson des glaces et le colin austral. L’équipe scientifique sera composée de 8 personnes, 4 contrôleurs des pêches et 3 techniciens ou chercheurs halieutiques, chapeautés par un chef de mission du Muséum national d’Histoire naturelle. La mission doit permettre d’évaluer la dynamique des populations et l’état des stocks en comparaison avec la dernière campagne d’évaluation de 2006. Le coût de cette opération, pilotée par les TAAF, s’élève à 1,8 million d’euros, financé par la revente des produits capturés, une subvention du ministère chargé des Pêches et une contribution de différents partenaires. La légine australe, un des poissons les plus chers au monde, coûte entre 10 et 12 dollars le kilo à la débarque. Les tables asiatiques et américaines recherchent particulièrement « ce poisson à la chair blanche et fondante ». La France possède le premier quota au monde de légines (5.800 tonnes), deuxième pêcherie nationale en valeur. La pêche à la légine est aussi le deuxième secteur exportateur de La Réunion, avec 250 emplois directs générés et plus d’un millier d’emplois indirects. La réglementation des TAAF impose en effet aux armements français, tous basés à La Réunion, de débarquer leurs captures à La Réunion. En tout, six armements exploitent sept palangriers. La pêche australe dans les eaux françaises concerne trois espèces : la légine aux Kerguelen et Crozet, la langouste aux îles Saint-Paul et Amsterdam, et le thon dans les îles Éparses du Canal du Mozambique. Pour les TAAF, la pêche australe est un exemple de gestion durable des ressources halieutiques. Sont notamment impliquées des expertises scientifiques assurées par le Muséum d’histoire naturelle et des équipes franco-australiennes, une réglementation française imposant des quotas et des règles de protection de l’écosystème. La France se doit par ailleurs de montrer ses capacités à gérer durablement ses ressources de pêche australe auprès de la CCAMLR (Commission for conservation of antarctic marine living resources).

Marie Trouvé pour www.ipreunion.com


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