Environnement

Action en mer de Greenpeace contre la pêche destructrice dans l’océan Indien

L’Esperenza rencontre l’Explorer II de Thai Union

Témoignages.re / 30 mai 2016

Au moment où se tenait à La Réunion la Commission thonière de l’océan Indien (CTOI), Greenpeace était en plein océan Indien pour combattre les pratiques destructrices d’un géant mondial de la pêche au thon, Thai Union. À 300 milles des côtes seychelloises, l’Explorer II agissait comme un DCP géant, à la limite de l’illégalité. Ces pratiques concourrent à faire craindre une disparition pure et simple du thon albacore dans les eaux de l’océan Indien, à cause de cette surpêche.



Pendant deux jours (mercredi 25 et jeudi 26), le bateau de Greenpeace l’Esperanza s’est opposé pacifiquement aux pratiques plus que douteuses d’un navire en lien avec la chaîne d’approvisionnement de Thai Union, la multinationale numéro un des produits de la mer dans le monde et propriétaire entre autres de Petit Navire.

Ce navire, l’Explorer II, est un navire support appartenant au groupe Albacora, un armateur espagnol, fournisseur de Thai Union. Sa présence a été signalée à Greenpeace par un lanceur d’alerte qui a directement appelé l’Esperanza.

Ancré à 300 miles nautiques des côtes seychelloises sur le mont sous-marin Coco de mer, l’Explorer II est l’incarnation même d’une industrie thonière hors de contrôle. Équipé de dizaines de projecteurs parsemant les flancs du navire, il projette des faisceaux lumineux dans l’océan durant la nuit.

Industrie thonière hors de contrôle

L’objectif : attirer et concentrer un maximum d’espèces marines, quelles qu’elles soient, pour ensuite permettre à d’autres navires d’y piocher sauvagement, sans distinction. L’Explorer II agit donc comme un DCP géant, à la limite de l’illégalité.

Les activistes de Greenpeace ont tenté d’accrocher des bannières sur les flancs du bateau pour faire passer leur message à Thai Union puis ont recouvert ses lampes d’une peinture noire opaque, afin qu’il ne fasse plus de dégâts.

Les stocks de thon dans l’océan Indien en jeu

Jeudi, la Commission thonière de l’océan Indien qui se tient en ce moment à la Réunion, et à laquelle assiste une délégation de Greenpeace, a interdit l’usage de lampes sur les navires supports.

Depuis cinq semaines, l’Esperanza est présent sur les zones de pêche du sud-ouest de l’océan Indien pour enquêter sur les pratiques de pêche les plus destructrices et s’y opposer. Chaque DCP, dispositif de concentration de poissons, est équipé d’une balise GPS pouvant être reliée à des bateaux, et à leurs clients, comme des marques françaises.

Une grande partie du thon en boite consommé en France provient de l’océan Indien. En novembre 2015, le comité scientifique de la Commission thonière de l’océan Indien a annoncé que le thon albacore de l’océan Indien était surpêché.


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