Environnement

Bejisa ne rivalise pas avec les "grands" cyclones qui ont affecté La Réunion par le passé

Bilan météorologique du passage du météore

Témoignages.re / 3 janvier 2014

En termes de vent et de précipitation, le cyclone Bejisa est resté dans la moyenne. C’est ce qui ressort de la lecture du dernier communiqué de Météo France qui fait un premier bilan du passage du météore.

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Bejisa n’était pas exceptionnel, de quoi s’interroger sur la capacité de la route en mer voulue par Didier Robert à résister aux éléments.

Quasiment un an jour pour jour après le passage du cyclone tropical DUMILE au large du littoral ouest de La Réunion (c’était le 3 janvier 2013), le département a donc été confronté à un nouvel épisode cyclonique. Cette fois, le météore est cependant passé nettement plus près de nos côtes, à quelque 50 km de la côte ouest, et l’oeil du cyclone BEJISA a frôlé La Réunion, transitant à seulement une dizaine de km au large de Saint-Gilles les Bains, dans l’après-midi du 2 janvier.

Cyclone à la fois plus puissant que ne l’était DUMILE et passant, en outre, à une distance nettement moindre (le centre de DUMILE avait transité à un peu plus de 100 km au plus près), BEJISA a, logiquement, eu un impact plus important que son prédécesseur, mais sans toutefois rivaliser avec les "grands" cyclones qui ont affecté La Réunion par le passé.

Si les valeurs de vent mesurées lors de l’épisode BEJISA ont généralement excédé celles observées lors de l’épisode GAMEDE (en février 2007), elles ne peuvent ainsi se comparer avec celles mesurées à l’occasion du passage du cyclone tropical DINA (qui lui était d’une autre catégorie -cyclone tropical intense, ce que n’était pas BEJISA) à proximité du département en janvier 2002 (sans remonter plus loin en arrière, à COLINA (1993), FIRINGA (1989), etc...).

Pour mémoire, lors de DINA, les rafales de vent avaient atteint ou dépassé les 180 km/h sur la majeure partie des zones côtières et excédé largement ce seuil dans les Hauts, avec par exemple une valeur de 220 km/h enregistrée à La Plaine des Cafres (contre 159 km/h pour BEJISA), ou de 191 km/h à La Petite France, sans parler de ce qui s’était passé dans le secteur de La Montagne/Saint- Denis, où les vents avaient selon toute vraisemblance dépassé les 250 km/h.

En terme de précipitations, l’on peut dire que les quantités de pluies relevées ces deux derniers jours en lien avec le passage de BEJISA, sont conformes à ce que l’on observe lors d’un épisode cyclonique classique, avec toutefois une durée un peu plus courte (environ 48h). L’on a atteint le mètre de précipitations à Cilaos (1005 mm précisément) et les pluies ont été abondantes dans tous les Hauts, avec, pour les valeurs les plus significatives : 959 mm à La Plaine des Chicots (Hauts du Nord), 945 mm à Salazie, 886 mm au Cratère Commerson (massif du volcan), 798 mm à La Plaine des Palmistes, et quelque 890 mm à La Nouvelle (cirque de Mafate).
Par le passé, certains cyclones mémorables avaient produit des lames d’eau autrement plus conséquentes, HYACINTHE en 1980, ou plus récemment GAMEDE en 2007, qui avait durablement affecté le département et à l’occasion duquel certains records mondiaux de précipitations avaient été battus (avec près de 4 m de précipitations -3929 mm exactement- en 72h, par exemple, au Cratère Commerson et 3264 mm à Hell Bourg - cirque de Salazie).

Les hauteurs maximales de houle mesurées à l’occasion de BEJISA ont été importantes (supérieures à 11 m), sans être exceptionnelles (équivalentes à celles mesurées en 2009 lors du passage du cyclone GAEL loin au large, ou lors de GAMEDE en 2007).


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