Environnement

Commission des thons de l’océan Indien : pêcheurs vigilants

20e session plénière de la CTOI à Saint-Denis

Témoignages.re / 23 mai 2016

La Fédération des pêcheurs artisans de l’océan Indien (FPAOI), constituée en octobre 2015, sera extrêmement vigilante sur les résolutions qui seront adoptées lors de la 20e session plénière de la Commission des thons de l’océan Indien, à La Réunion du 23 au 27 mai 2016, précise un communiqué diffusé hier. Son président, Keith André, demande à ce que les professionnels artisans de l’océan Indien se réapproprient la ressource halieutique de leur bassin maritime aux fins de son exploitation durable et sélective.

JPEG - 57.9 ko
« Que ceux qui ont participé à la surexploitation de l’espèce soient les contributeurs à la baisse de ses captures » (photo Greenpeace)

Depuis octobre 2015, après plus de 16 mois de préfiguration, les professionnels riverains (Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles et La Réunion) de la pêche se sont regroupés en constituant la Fédération des pêcheurs artisans de l’océan Indien (FPAOI).

Le président de la FPAOI, Monsieur Keith André, pêcheur professionnel artisan seychellois, rappelle que « nous sommes plus de 120 000 personnes dans notre bassin maritime à pratiquer, à vivre, à se nourrir de notre pêche artisanale, raisonnée, durable et sélective. Nous entrainons avec nous plus de 400 000 individus qui tirent leurs revenus de la collecte, de la transformation et de la valorisation des ressources halieutiques que nous produisons. Notre métier nous a permis de développer une connaissance fine et opérationnelle des enjeux des pêcheries côtières riveraines en océan Indien ».

La FPAOI porte en effet l’ambition de destins communs au bénéfice de la ressource halieutique et du soutien des pêcheurs artisans dans le bassin maritime de l’océan Indien. Elle porte le plaidoyer pour la défense et la durabilité du métier d’artisans pêcheurs en océan Indien, le partage d’expériences à l’échelle du bassin maritime, le portage de projets sur des thématiques communes et la création d’une base unique de données de connaissances partagées.

Le président de la FPAOI est à La Réunion pour participer à partir du lundi 23 mai, aux côtés de Jean-René Enilorac, président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de La Réunion et premier vice-président de la FPAOI, aux travaux de la 20e session plénière de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI).

S’en suivra, les 26 et 27 mai 2016, une réunion du Comité exécutif de la FPAOI, au Port, à son siège social, pour faire notamment le bilan sur les résolutions qui seront prises par les parties contractantes de la CTOI.

D’ores et déjà, Keith André réclame durant ses cinq prochains jours de session plénière une résolution juste et efficace au format « pollueur – payeur » pour la préservation du thon albacore. « Que ceux qui ont participé à la surexploitation de l’espèce soient les contributeurs à la baisse de ses captures » et Jean-René Enilorac de renchérir sur le fait que la CTOI doit aller « plus loin et plus fort » pour réduire le nombre de DCP dérivants des thoniers senneurs, « à moins de 150 par navire, comme le pratiquaient les français avant la résolution 15/01 qui a autorisé 550 de ces engins par bateau » et de limiter à un navire logistique (supply vessel) par compagnie de pêche.

Concomitamment, la FPAOI demande à ce que des mesures d’obligation de localisation par VMS (vessel monitoring system) et de déclaration des données de captures soient mises en œuvre pour les navires autorisés par la CTOI à pratiquer la pêche aux thons avec les filets maillants dérivants, qui restent une technique de pêche trop peu sélective.

Le premier vice-président de la FPAOI balaie devant sa porte en rappelant que demain, « les armements continentaux européens qui se sont réfugiés opportunément en océan Indien après l’effondrement des stocks en Atlantique et en Méditerranée se tourneront assurément vers des ressources nouvelles ou régénérées ailleurs ».

Les représentants de la FPAOI concluent en insistant sur le fait que, de par sa typologie, la flottille artisanale en océan Indien n’aura aucun autre échappatoire dans son bassin maritime ; c’est en océan Indien que se construira son destin ou que s’opèrera son déclin ».


Kanalreunion.com