Environnement

Conférence de la dernière chance à Nagoya

L’évènement de l’Année internationale de la Biodiversité

Manuel Marchal / 19 octobre 2010

Plus de 15.000 participants représentants 193 pays sont attendus depuis hier à Nagoya, où se tient COP-10-CBD, la 10ème Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la Biodiversité. À moins de deux mois de la Conférence de Cancun sur le climat, c’est de l’avenir de notre environnement dont il est question. Réservoir de biodiversité reconnu par son inscription au Patrimoine mondial, La Réunion est concernée par ces débats.

Alors que les écosystèmes terrestres et marins de la planète subissent des pressions intenses du fait des activités humaines, des négociateurs du monde entier se réunissent à Nagoya, au Japon, pour élaborer et adopter une stratégie mondiale et des instruments visant à protéger la biodiversité. L’objectif est de placer « les valeurs de la biodiversité au centre de toutes les initiatives humaines et du développement », précisent les organisateurs.
La dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, accueillie par le Gouvernement du Japon, a commencé hier et se tiendra jusqu’au 29 octobre 2010. « Plus de 15.000 participants, représentant 193 Parties et leurs partenaires, soit le plus grand nombre de participants jamais enregistré pour une telle réunion, concluront les négociations sur un nouveau Plan stratégique de la biodiversité pour la période 2011-2020 », précise le secrétariat de la Convention. Un objectif est d’adopter une vision à 50 ans pout une stratégie de valorisation de la biodiversité.
« En inaugurant l’Année internationale de la biodiversité, le Secrétaire général des Nations Unies a affirmé, au début de l’année, que le maintien du statu quo n’était plus une option », a déclaré Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique. Le Ministre de l’environnement japonais et Président de la Conférence de Nagoya, Ryo Matsumoto, a déclaré que « nous sommes en train d’atteindre un seuil au-delà duquel la perte de biodiversité deviendra irréversible ».
C’est à partir du 27 octobre que les ministres de l’Environnement et des chefs d’États afflueront dans la préfecture japonaise pour le moment décisif, celui où doit être adopté l’accord final.
La Réunion est d’autant plus concernée par cette rencontre qu’elle est une île, et qu’à ce titre, elle est un réservoir de biodiversité. À deux mois de la Conférence de Cancun sur le changement climatique, celle de Nagoya doit déboucher sur des décisions qui seront liées à l’accord qui pourra être obtenu ou pas au Mexique. Car changement climatique et biodiversité sont intimement liés, c’est ce qu’avait d’ailleurs souligné en 2008 l’organisation de la conférence de l’UICN à La Réunion par la Région sur ces deux thèmes.

Manuel Marchal


Les temps forts de Nagoya


- Une Initiative entreprises et biodiversité sera examinée lors d’un dialogue de haut niveau entre les dirigeants d’entreprises et les ministres, en marge de Messe Nagoya. Plus de 500 entreprises provenant de 13 pays sont attendues.

- Le 26 octobre, une réunion ministérielle se tiendra, à l’initiative du Gouvernement japonais, pour préparer la Conférence de Cancún sur le climat ; elle portera sur des questions relatives à la gestion durable des forêts, aux changements climatiques et à la biodiversité.

- 200 maires du monde entier se rassembleront lors de « l’Initiative villes et biodiversité », pour adopter un plan d’action sur les villes et la biodiversité, ainsi qu’un Indice de biodiversité en milieu urbain.

- Un sommet sur les parlementaires et la biodiversité se tiendra en partenariat avec Globe International (Organisation mondiale des législateurs pour un environnement équilibré).

- Le 27 octobre : début de la réunion de niveau ministérielle.


Achim Steiner, directeur du PNUE

Nous détruisons les fondations de la vie

Lors de l’ouverture de la Conférence de Nagoya, le directeur du Programme des Nations Unies pour l’Environnement a déclaré ceci : « Ceci est la seule planète dans cette univers qui est connue pour avoir la vie. Ce fait devrait nourrir notre pensée. Mais détruisons les fondations de la vie durable sur cette planète, et maintenant nous nous réunissons dans de forum intergouvernemental pour comprendre ce que nous pouvons essayer de faire »


Entre 2.000 et 5.000 milliards perdus chaque année

Au cœur du raisonnement de la Conférence sur la biodiversité figure l’idée selon laquelle si les gouvernements comprennent le coût financier de la destruction de la nature, ils pourront adopter un nouveau modèle économique qui valorise la préservation et pénalise la dégradation.
Un projet soutenu par les Nations-Unies appelé TEEB a estimé ce coût entre 2.000 et 5.000 milliards par an, surtout dans les régions les plus pauvres du monde.



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Messages






  • Aujourd’hui Nagoya, demain Cancun, après-demain trop tard pour croire encore à l’unique chance de la vie que nous procure notre planète : TERRE.

    L’argent est encore et toujours considéré comme le nerf de la guerre, car "les mille milliards de mille sabords" dépensés chaque année par tout un chacun, comme par tous les gouvernants de tous les Etats, n’ont comme base que cette monnaie d’échange plutôt que la vie comme monnaie de chance.

    Faudrait-il changer l’appellation de notre planète en lui donnant le nom de : VIE, pour espérer la sauver avant que l’on ne "s’en-TERRE" ? Si notre petite île n’est pas extensible, notre planète aussi.

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