Environnement

Conséquence d’une volonté politique réunionnaise : proposer un modèle alternatif

6ème Congrès du WIOMSA

Manuel Marchal / 26 août 2009

284 délégués internationaux, 23 nationalités, 123 institutions dont 43 universités : ce sont les nombres annoncés lundi par le président de l’Université de La Réunion à l’occasion de l’ouverture du 6ème congrès de la Western Ocean Marine Science Association (WIOMSA). Le choix de La Réunion par les organisateurs est la conséquence d’une politique régionale qui permet d’expérimenter à La Réunion des outils qui peuvent contribuer à apporter une solution aux problèmes du monde.

Dans un peu plus de trois mois, les dirigeants du monde se rencontreront à Copenhague. L’objectif de ce Sommet international est de définir les règles qui vont succéder au Protocole de Kyoto. Depuis le premier Sommet de la Terre à Rio en 1992, puis celui de Johannesburg en 2002 en passant par justement celui de Kyoto, l’adaptation et l’anticipation des effets du changement climatique s’inscrivent désormais au cœur des préoccupations des dirigeants politiques des plus grands pays.
Cette préoccupation n’est pas nouvelle à La Réunion, c’est une ligne directrice depuis plus de 30 ans. Le "Plan immédiat de survie" est adopté par le Parti communiste réunionnais en 1975, soit à peine deux ans après qu’une conférence de l’ONU ait pour la première fois parlé du concept de développement durable.

L’énergie des océans

Dans le chapitre consacré aux énergies renouvelables, le "Plan immédiat de survie" propose d’identifier le potentiel des énergies marines. 23 ans après l’adoption de ce document, l’élection au Conseil régional d’une équipe conduite par Paul Vergès va ouvrir la phase de la réalisation d’expérimentations à grande échelle.
Ce programme est la conséquence du mot d’ordre d’autonomie énergétique pour 2025 lancé en 1999. À partir de là, une stratégie se met en œuvre et fait que notre île est aujourd’hui une région pilote dans la réflexion d’un modèle de rupture capable de créer les conditions d’un développement durable.
La mer est au centre de cette stratégie, puisque que c’est dans l’énergie venue des fonds marins que l’on recherche l’alternative au charbon pour la production d’électricité 24 heures sur 24 tous les jours de l’année.
Outre ce réservoir inépuisable d’énergie, l’océan est aussi pour La Réunion un levier du développement économique, à condition que ses ressources soient exploitées de manière durable et équitable.

GIEC, RUPMER, UICN, WIOMSA…

Un résultat de la mise en œuvre de cette politique régionale, c’est une reconnaissance internationale de La Réunion en tant que pôle d’excellence dans les domaines du développement durable. Cette reconnaissance s’est traduite par le choix de La Réunion en tant que lieu de rencontre de scientifiques qui travaillent sur les dossiers qui seront au cœur de la prochaine conférence de Copenhague.
En 2007, deux événements ayant eu lieu à La Réunion ont fait partie de l’agenda scientifique international : la réunion du GIEC et le séminaire RUPMER.
L’an dernier, l’UICN et la Région ont co-organisé une conférence sur la biodiversité et les changements climatique. C’était le premier événement de la présidence française de l’Union Européenne. Quelques mois plus tard, La Réunion était récompensée par le RegiostarsAward dans la catégorie Adaptation au changement climatique.
Cette année, le WIOMSA se tient durant six jours dans notre île.
À chaque fois, les participants à ces rencontres internationales peuvent constater que dans notre île, le développement durable se construit peu à peu grâce à des expérimentations concrètes qui font avancer une lutte partagée.

Manuel Marchal


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